Avec moins d’une semaine avant le second tour de la présidentielle péruvienne, programmé ce dimanche 7 juin, la campagne s’intensifie autour d’un enjeu inattendu : le statut du Machu Picchu. Selon RFI, le site archéologique emblématique du pays pourrait perdre son titre de « merveille du monde », ce qui en fait un sujet central dans les derniers jours de la bataille électorale opposant la droite autoritaire de Keiko Fujimori à la gauche rurale de Roberto Sanchez.

Ce qu'il faut retenir

  • Second tour de la présidentielle péruvienne prévu le dimanche 7 juin 2026 entre Keiko Fujimori (droite autoritaire) et Roberto Sanchez (gauche rurale).
  • Le Machu Picchu, site archéologique emblématique, pourrait perdre son statut de « merveille du monde ».
  • La question du statut du Machu Picchu s’impose comme un thème de campagne dans les derniers jours avant le vote.
  • Keiko Fujimori et Roberto Sanchez, candidats en lice, n’ont pas encore détaillé publiquement leur position sur ce sujet.

Un enjeu symbolique et politique dans la dernière ligne droite

Alors que le Pérou s’apprête à trancher entre deux visions politiques radicalement opposées, le Machu Picchu s’invite comme un symbole. Selon RFI, la perte potentielle de son titre de « merveille du monde » — décerné par la New7Wonders Foundation en 2007 — cristallise les débats sur la gestion du patrimoine culturel et environnemental du pays. Autant dire que la question dépasse le simple cadre touristique pour toucher à des enjeux de souveraineté et de développement national.

Keiko Fujimori, candidate du parti Force populaire, incarne une ligne dure sur les questions économiques et sécuritaires, tandis que Roberto Sanchez, soutenu par les mouvements ruraux et indigènes, défend une approche plus protectrice des ressources naturelles. Le Machu Picchu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, devient ainsi un miroir des divergences entre les deux camps.

Pourquoi le Machu Picchu pourrait-il perdre son statut ?

Plusieurs facteurs expliquent cette menace sur le statut de « merveille du monde ». D’abord, la dégradation des infrastructures d’accueil et la surfréquentation touristique ont été pointées du doigt par des experts internationaux. Ensuite, des questions persistent sur la gestion des déchets et la préservation des sites archéologiques environnants. Enfin, les autorités péruviennes ont été critiquées pour leur manque de transparence dans la gestion de ce patrimoine.

Selon des rapports relayés par RFI, la New7Wonders Foundation pourrait réévaluer le statut du Machu Picchu si les conditions de conservation ne s’améliorent pas d’ici la fin de l’année. Une décision qui, si elle était prise, aurait un retentissement mondial et pèserait lourdement sur l’image du Pérou.

Les candidats face à un dossier sensible

Ni Keiko Fujimori ni Roberto Sanchez n’ont encore détaillé publiquement leur programme concernant la protection du Machu Picchu. Pourtant, le sujet est suffisamment explosif pour que les deux camps s’en emparent. La droite, souvent perçue comme plus libérale sur les questions économiques, pourrait privilégier une approche marchande du site, tandis que la gauche y verrait un patrimoine à préserver coûte que coûte.

Interrogé par RFI, un analyste politique péruvien souligne que « le Machu Picchu est devenu un symbole politique bien au-delà de son importance touristique. Les candidats savent qu’ils ne peuvent plus l’ignorer. » Pourtant, aucune mesure concrète n’a été annoncée pour l’instant, alors que le vote est prévu dans moins d’une semaine.

Et maintenant ?

Le second tour de l’élection présidentielle péruvienne aura lieu ce dimanche 7 juin 2026. D’ici là, les candidats pourraient multiplier les annonces sur la protection du Machu Picchu, sachant que leur position sur ce dossier pourrait influencer une partie de l’électorat rural et urbain sensible à la préservation du patrimoine. La décision de la New7Wonders Foundation, si elle est prise dans les prochains mois, pourrait aussi rebattre les cartes et devenir un enjeu diplomatique pour le Pérou.

Reste à voir si les futurs dirigeants du pays sauront transformer cette menace en opportunité pour moderniser la gestion du site le plus visité d’Amérique latine.

Le Machu Picchu est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983. Ce classement reconnaît sa valeur universelle exceptionnelle, tant sur le plan culturel qu’historique. En parallèle, il bénéficie du titre de « merveille du monde moderne », décerné par la New7Wonders Foundation en 2007 après un vote international.