Le tribunal judiciaire de Paris a rendu son verdict dans l’affaire opposant le parti Renaissance au Rassemblement National. Selon Libération, les juges ont débouté, ce 9 août 2026, le mouvement présidentiel d’Emmanuel Macron de sa plainte contre le RN, lui reprochant d’utiliser le mot « Renaissance » dans sa première affiche de campagne pour la présidentielle.
La décision, rendue publique ce matin, intervient après une assignation déposée mi-juillet par le parti Renaissance. Celui-ci accusait le RN de parasitisme et de créer une confusion avec son propre nom, « Renaissance », utilisé depuis la refondation du mouvement macroniste en 2022. Les magistrats ont estimé que l’usage du terme par le parti d’extrême droite ne portait pas atteinte aux intérêts du parti présidentiel.
Ce qu'il faut retenir
- Le tribunal judiciaire de Paris a débouté le parti Renaissance de sa plainte contre le Rassemblement National ce 9 août 2026.
- L’assignation avait été déposée mi-juillet 2026 par Renaissance, qui reprochait au RN d’exploiter son nom dans sa première affiche de campagne.
- Les juges ont écarté les accusations de parasitisme et estimé qu’il n’y avait aucune confusion possible entre les deux formations politiques.
- Le parti Renaissance, héritier du mouvement présidentiel d’Emmanuel Macron, avait été fondé en 2022 sous ce nom.
Une plainte motivée par la crainte d’une récupération politique
Dans sa procédure, le parti Renaissance invoquait un risque de confusion dans l’esprit des électeurs entre les deux formations. Selon les avocats du mouvement macroniste, l’utilisation du mot « Renaissance » par le RN dans son affiche de lancement de campagne, en juin 2026, visait à capter une partie de l’héritage symbolique et politique du parti présidentiel. « Nous avons agi pour protéger l’identité de notre mouvement et éviter toute ambiguïté auprès des citoyens », avait alors déclaré un porte-parole de Renaissance, cité par Libération.
Cependant, les juges n’ont pas retenu cet argument. Dans leur décision, ils soulignent que le contexte politique et l’histoire des deux formations permettent de distinguer clairement leurs positions respectives. « Le terme ‘Renaissance’ est suffisamment générique pour ne pas être monopolisé par un seul parti », a indiqué une source judiciaire proche du dossier à Libération.
Le RN maintient son usage du mot malgré la polémique
Côté Rassemblement National, la direction a toujours assumé l’emploi du mot « Renaissance » dans sa communication. Jordan Bardella, président du RN, avait même réaffirmé en juin dernier que ce choix était « une référence à la volonté de redressement national, et non une récupération politique ». La première affiche de campagne du parti, diffusée début juillet, mettait en avant ce slogan sous la forme : « La France en Renaissance ».
Cette stratégie s’inscrit dans une volonté affichée de marquer une rupture avec les partis traditionnels, tout en puisant dans des termes à connotation positive. « Le mot ‘Renaissance’ parle aux Français, il évoque l’espoir et le renouveau », avait expliqué un cadre du RN à l’époque. La décision de justice ne remet donc pas en cause cette ligne éditoriale.
Cette décision intervient dans un contexte déjà tendu entre les deux formations, le RN et Renaissance s’affrontant régulièrement sur le terrain des idées et des symboles politiques. Elle rappelle aussi que les questions de propriété intellectuelle et de concurrence politique restent des sujets sensibles à l’approche des scrutins majeurs.
Le parti Renaissance accusait le Rassemblement National de parasitisme et de créer une confusion entre les deux formations politiques. Ses avocats estimaient que l’usage du mot « Renaissance » par le RN dans sa campagne pouvait induire en erreur les électeurs, en laissant penser à un lien avec le mouvement présidentiel. Ils invoquaient également la protection de l’identité symbolique du parti.