Près de 9 000 entreprises ont déjà sollicité un « prêt flash carburant » depuis son lancement en avril, a indiqué ce vendredi 29 mai Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, la banque publique d’investissement qui gère ce dispositif. Selon ses déclarations à France Info, 15 millions d’euros ont déjà été versés aux entreprises, tandis que 60 millions supplémentaires sont en cours d’instruction. Ce mécanisme, créé dans un contexte de tensions au Moyen-Orient, vise à atténuer l’impact de la hausse des prix du carburant sur les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME).
Ce qu'il faut retenir
- 9 000 demandes déposées depuis avril, principalement par des transporteurs et des taxis, secteurs les plus exposés aux fluctuations du prix des carburants.
- Un montant total de 15 millions d’euros déjà décaissés, avec 60 millions d’euros supplémentaires en cours d’examen.
- Des prêts allant de 5 000 à 50 000 euros, au taux fixe de 3,8 %, sans garantie exigée et avec un différé de remboursement d’un an.
- Seules les entreprises dont les dépenses en carburant représentent au moins 5 % de leur chiffre d’affaires peuvent en bénéficier.
- Une durée de remboursement fixée à 36 mois, incluant une période de franchise d’amortissement de 12 mois.
Un dispositif conçu pour soulager les secteurs les plus touchés
Le « prêt flash carburant » a été mis en place début avril dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, où la guerre a perturbé les approvisionnements en énergie et alimenté la volatilité des prix à la pompe. Selon les chiffres communiqués par Bpifrance, la grande majorité des entreprises ayant déposé une demande relèvent des secteurs des transports, de l’agriculture ou de la pêche. Les transporteurs et les taxis – surnommés « les rouleurs » – constituent le groupe le plus représenté, leur activité étant directement dépendante des coûts de carburant.
Pour Nicolas Dufourcq, ce dispositif répond à une « urgence économique » pour ces entreprises, dont certaines peinent à absorber la hausse des coûts sans soutien financier. « Nous avons constaté que les dépenses en carburant pèsent de plus en plus lourd dans leur budget », a-t-il expliqué lors de son intervention sur France Info. Bpifrance précise que les dossiers sont instruits « sous 48 heures » afin d’accélérer le déblocage des fonds.
Des conditions strictes pour éviter les abus
Bien que ce prêt soit accordé sans garantie, il n’est pas accessible à toutes les entreprises. Pour en bénéficier, les sociétés doivent respecter plusieurs critères. D’abord, elles doivent avoir été créées depuis plus d’un an, afin d’écarter les structures trop récentes. Ensuite, leur activité doit être éligible : transports, agriculture, pêche ou encore BTP, secteurs pour lesquels les dépenses en carburant sont significatives.
Enfin, Bpifrance exige un accès aux relevés bancaires des derniers mois, une mesure destinée à vérifier que les demandes ne relèvent pas d’un effet d’aubaine. « Nous voulons nous assurer que l’argent est bien utilisé pour financer des besoins réels en carburant », a précisé Nicolas Dufourcq. Le montant du prêt est plafonné à 50 000 euros, avec un taux d’intérêt fixé à 3,8 %, soit un niveau inférieur aux taux pratiqués sur le marché pour des prêts non garantis.
Un élargissement envisagé vers d’autres secteurs
Initialement réservé aux transports, à l’agriculture et à la pêche, le dispositif pourrait bientôt s’ouvrir à un nouveau secteur : le BTP. C’est ce qu’a annoncé Roland Lescure, ministre de l’Économie, dans une déclaration rapportée par Le Figaro. Cette extension répondrait aux sollicitations des entreprises du bâtiment, dont les chantiers dépendent fortement des déplacements de matériel et de personnel.
Pour les professionnels concernés, cette annonce est perçue comme une avancée, même si le montant total des prêts reste limité. « 50 000 euros, c’est un ballon d’oxygène, mais cela ne couvre pas tous les besoins », tempère un transporteur basé en Île-de-France, qui a bénéficié du dispositif. Bpifrance n’a pas encore précisé si d’autres secteurs pourraient être inclus à l’avenir, ni à quelle échéance cette éventuelle extension serait effective.
« Nous avons constaté que les dépenses en carburant pèsent de plus en plus lourd dans leur budget. »
— Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance
Dans un contexte où les prix du carburant restent volatils, ce prêt flash représente une bouffée d’oxygène pour des milliers de petites structures. Reste à savoir si ce mécanisme suffira à stabiliser leur situation financière à moyen terme, ou si d’autres mesures d’urgence seront nécessaires.