D’après Franceinfo – Politique, Hervé Morin, ancien ministre centriste de la Défense et actuel président de la région Normandie, a réitéré ce samedi 29 août 2026 son appel à l’organisation d’une primaire ouverte pour désigner un candidat unique de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2027. L’objectif affiché ? « Avoir un candidat fixé avant Noël », a-t-il déclaré sur les ondes de franceinfo, estimant que « trois mois pour faire une primaire, c’est largement suffisant ».

Ce qu'il faut retenir

  • Un calendrier serré : Hervé Morin insiste sur la nécessité d’un candidat désigné avant Noël 2026, avec une primaire organisée en trois mois.
  • Un appel lancé dès le 26 août : L’initiative, portée par quelque 300 maires, vise à rassembler les forces de la droite et du centre sous une seule bannière.
  • Une pétition nationale : Lancée mardi 25 août, elle a déjà recueilli près de 1 500 signatures au matin du 29 août, selon Morin.
  • Cinq candidats déclarés : Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (LR), David Lisnard (AMF) et Xavier Bertrand (LR) sont déjà en lice.
  • Des réticences persistantes : Certains comme Xavier Bertrand ou Édouard Philippe se montrent moins enthousiastes, contrairement à Bruno Retailleau, David Lisnard ou Gabriel Attal.

Une primaire pour clarifier l’offre politique

Hervé Morin justifie cette initiative par la nécessité de « clarifier les projets et les profils » avant l’élection présidentielle. « Ce sera un moment pour les Français d’appréhender réellement à la fois les projets, mais aussi les hommes et les femmes qui sont candidats », a-t-il souligné. Pour lui, cette primaire ouverte permettrait aux électeurs de mieux cerner les alternatives proposées par la droite et le centre, alors que plusieurs personnalités ont déjà annoncé leur candidature pour 2027.

L’ancien ministre centriste met en garde : « Ceux qui refusent la primaire porteront une immense responsabilité ». Une phrase qui vise particulièrement les figures politiques qui, à l’image de Xavier Bertrand ou Édouard Philippe, ont exprimé des réserves quant à la pertinence d’une telle démarche. À l’inverse, des figures comme Bruno Retailleau, président des Républicains, David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, ou encore Gabriel Attal, ex-Premier ministre, se sont dites prêtes à participer si la primaire est organisée.

Une mobilisation en cours, mais des divisions persistantes

Pour appuyer son appel, Hervé Morin a lancé une pétition nationale « afin de faire appel au bon sens des Français qui se reconnaissent dans les valeurs de la droite et du centre ». Au 29 août au matin, celle-ci avait recueilli près de 1 500 signatures, un chiffre encore modeste mais que le président normand présente comme un premier signe d’adhésion. « On a aussi lancé une pétition nationale puisque l’on fait appel au bon sens des Français », a-t-il rappelé. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de rassembler au-delà des clivages partisans traditionnels, en s’appuyant sur un socle commun de valeurs.

Pourtant, malgré ces efforts, les divisions au sein de la droite et du centre restent palpables. Si certains, comme Gabriel Attal ou David Lisnard, semblent prêts à s’engager dans une primaire, d’autres, à l’image d’Édouard Philippe, privilégient une stratégie personnelle. Le maire du Havre, bien que membre d’Horizons, n’a pas encore officiellement confirmé sa participation, tout comme Xavier Bertrand, qui avait pourtant évoqué l’idée d’une candidature autonome en 2022.

« Ceux qui refusent la primaire porteront une immense responsabilité. »
— Hervé Morin, sur franceinfo, le 29 août 2026

Qui sont les cinq candidats déclarés ?

Côté droite et centre, cinq personnalités ont déjà officialisé leur candidature ou leur intention de se présenter en 2027. Parmi elles, Édouard Philippe, ancien Premier ministre et figure d’Horizons, qui a longtemps été pressenti comme un favori avant de voir son rival, Gabriel Attal, lui damer le pion au sein de la majorité présidentielle. Ce dernier, ancien ministre de l’Éducation nationale puis de l’Intérieur, incarne une ligne plus libérale et modernisatrice au sein de Renaissance, le parti d’Emmanuel Macron.

Du côté des Républicains, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat et figure historique du parti, mise sur une ligne conservatrice et libérale, tandis que Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, pourrait représenter une sensibilité plus sociale et territoriale. Enfin, David Lisnard, maire de Cannes et président de l’AMF, apporte une dimension locale et pragmatique, tout en défendant une ligne droitière assumée.

Un enjeu stratégique pour 2027

Cette primaire, si elle voit le jour, pourrait redessiner le paysage politique français avant l’élection présidentielle. Pour Hervé Morin, elle représente une opportunité de « rassembler » des forces disparates autour d’un projet commun, alors que les sondages montrent une fragmentation croissante de l’électorat de droite et du centre. « L’essentiel, c’est d’avoir un candidat qui soit fixé pour avant Noël », a-t-il insisté, rappelant que le temps presse alors que l’échéance de 2027 se rapproche.

Pour autant, la réussite de cette initiative dépendra de l’adhésion des principaux intéressés. Si certains y voient une chance de clarifier l’offre politique, d’autres pourraient y percevoir une menace pour leurs ambitions personnelles. Dans tous les cas, l’appel de Morin relance le débat sur la capacité de la droite et du centre à s’unir face à une gauche en pleine recomposition et à un centre présidentiel fragilisé.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à mesurer l’écho de l’appel de Hervé Morin auprès des élus locaux et des militants. Si la pétition devait atteindre plusieurs dizaines de milliers de signatures d’ici la fin de l’année, cela pourrait forcer les réticents à reconsidérer leur position. Une première réunion des signataires est d’ailleurs envisagée pour septembre 2026. Reste à voir si cette dynamique suffira à convaincre les cinq candidats déclarés de s’engager dans une primaire, ou si leurs stratégies individuelles prendront le pas sur l’intérêt collectif.

Pour la droite et le centre, l’enjeu est double : éviter une nouvelle dispersion des voix au premier tour de la présidentielle, tout en présentant un visage uni face à des adversaires politiques mieux organisés. L’organisation d’une primaire pourrait ainsi devenir un test de cohésion pour ces familles politiques, alors que les divisions du passé ont souvent pesé lourd dans leurs défaites électorales.

Selon Hervé Morin, les critères exacts n’ont pas encore été précisés. Il s’agirait d’une primaire « ouverte » aux électeurs se reconnaissant dans les valeurs de la droite et du centre, probablement sur la base d’une déclaration sur l’honneur. La pétition lancée en soutien à l’initiative pourrait servir de premier filtre pour évaluer l’adhésion des citoyens.

Hervé Morin a fixé comme objectif une désignation du candidat avant Noël 2026. Cela laisserait trois mois, entre janvier et mars 2027, pour organiser le scrutin et mener la campagne. Une échéance serrée, mais que le président de région juge « largement suffisante » pour une primaire.