Le Parti socialiste (PS) se trouve sous la pression des Écologistes, qui exigent une réponse claire sur sa participation à la primaire de la gauche, selon BFM - Politique. À moins d’un mois du conseil fédéral des Verts, programmé ce week-end, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a réitéré ses appels au PS pour qu’il prenne enfin position sur ce processus démocratique, alors que les divisions persistent au sein de la gauche.
Ce qu'il faut retenir
- Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, presse le PS de trancher sur sa participation à la primaire de la gauche d’ici au 9 juillet, date limite fixée par Olivier Faure pour un vote des militants socialistes.
- Le PS, favorable à l’idée d’une primaire, est divisé : une partie de son camp rejette le projet, tandis que Raphaël Glucksmann, proche du parti, s’y oppose également.
- Les Écologistes menacent de ne pas participer à une « aventure solo » du PS et pourraient présenter une candidature autonome si la primaire n’aboutit pas.
- Une motion interne aux Verts, exigeant une décision sur la candidature écologiste avant le 30 octobre 2026, pourrait être soumise au vote ce week-end.
Une primaire en suspens, un PS sous tension
La primaire de la gauche, initialement conçue comme un processus pour désigner un candidat commun hors La France insoumise (LFI), accumule les retards. Marine Tondelier, figure centrale du projet, a rappelé que « tout ce que les Écologistes pouvaient faire pour la primaire, nous l’aurons fait », lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 5 juin. Pourtant, l’incertitude persiste quant à la participation du PS, dont le premier secrétaire, Olivier Faure, a proposé un compromis : une désignation interne d’un candidat social-démocrate, qui participerait ensuite à une primaire élargie.
Ce scénario, déjà rejeté par Raphaël Glucksmann, l’un des principaux favoris à gauche selon les sondages, ne suffit pas à rassurer les partisans d’une union large. « Il faut maintenant que les militants socialistes tranchent et que le Parti socialiste prenne ses responsabilités », a insisté Marine Tondelier, soulignant que le PS avait « six mois » pour se décider, selon ses propres termes.
Les divisions au sein du PS et des Écologistes
Au sein même du PS, les avis divergent. Si Olivier Faure défend l’idée d’une primaire, une frange importante du parti, ainsi que Place Publique – dont Glucksmann est une figure majeure –, y voient une manœuvre dilatoire. « On risque de se retrouver contraint à l’agenda du PS », a dénoncé Clovis Daguerre, membre de l’opposition interne aux Verts, pointant du doigt une stratégie d’étouffement du débat. Sandrine Rousseau, députée écologiste et opposante à Marine Tondelier, a pour sa part critiqué le manque de réactivité du PS : « Ça fait six mois qu’on attend le PS, qui prend son temps pour nous acheter au plus bas prix avec un accord législatif. »
De leur côté, les Écologistes préparent tous les scénarios. « Mon travail c’est d’être libre, et de préparer toutes les options », a déclaré Marine Tondelier. Elle n’exclut pas une candidature autonome, tout en laissant entendre que d’autres pourraient émerger : « Si des gens ne veulent pas de candidature écologiste ou que ce ne soit pas moi, il faudra qu’ils puissent s’exprimer. »
Une motion interne aux Verts pour forcer la décision
Le conseil fédéral des Écologistes, qui se réunit ce week-end, pourrait être le théâtre d’un vote crucial. Une motion, déposée par l’opposition interne, propose que si la primaire n’est pas organisée avant le 30 octobre 2026, ou si elle ne réunit pas un périmètre suffisamment large, les militants ou le conseil fédéral devront trancher sur la présentation d’une candidature écologiste à l’élection présidentielle. Pour être adoptée, cette motion devra recueillir 60 % des voix, un seuil élevé qui laisse planer un doute sur son adoption.
Une motion de report a également été déposée, visant à différer le débat au conseil fédéral suivant, prévu le 11 juillet, soit après le vote prévu chez les socialistes. « Une stratégie d’étouffement du débat », selon Sandrine Rousseau, qui illustre les tensions internes au parti. Les partisans d’une motion d’adoption, en revanche, estiment que le temps presse et que toute hésitation pourrait compromettre l’unité de la gauche.
« S’ils souhaitent construire une aventure solo ou une union des centres plutôt qu’une union de la gauche et des écologistes, ce sera leur choix. Mais ça sera sans nous. »
— Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes
Reste à savoir si les différentes sensibilités parviendront à un compromis, ou si les Écologistes et le PS iront chacun de leur côté aux prochaines échéances électorales. Une chose est sûre : l’urgence, désormais, est à la clarification.
La primaire de la gauche a été proposée comme un processus démocratique pour désigner un candidat unique, hors La France insoumise (LFI), afin de maximiser les chances de la gauche aux prochaines élections présidentielles. Ce projet est porté notamment par les Écologistes et une partie du Parti socialiste, bien que des divisions persistent sur sa mise en œuvre.
Les principaux obstacles sont les divisions internes au Parti socialiste, où une frange refuse le principe même d’une primaire, ainsi que l’opposition de figures comme Raphaël Glucksmann. Les Écologistes, de leur côté, menacent de ne pas participer si le PS ne prend pas de décision claire d’ici début juillet.