Un soutien stratégique vient renforcer la candidature de Raphaël Glucksmann en vue de la primaire de la gauche pour l’élection présidentielle de 2027. Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a annoncé jeudi 27 août son ralliement au candidat de Place publique, lors des journées d’été du Parti socialiste à Blois. Selon nos confrères de Franceinfo – Politique, cette décision intervient alors que le député des Landes a renoncé à se présenter lui-même à la primaire, prévue en octobre.
Ce qu'il faut retenir
- Boris Vallaud, figure majeure du Parti socialiste, apporte son soutien à Raphaël Glucksmann pour la primaire de la gauche en vue de la présidentielle 2027.
- Le chef des députés socialistes a renoncé à se présenter, estimant ne pas être « le mieux placé pour l’emporter ».
- La primaire, programmée en octobre 2026, oppose notamment Glucksmann à trois autres candidats socialistes : Philippe Brun, Jérôme Guedj et Ségolène Royal.
- Le candidat de Place publique bénéficie déjà du soutien d’autres personnalités de gauche, dont Carole Delga, Nicolas Mayer-Rossignol, Michaël Delafosse et l’écologiste Yannick Jadot.
Un ralliement qui consolide la candidature de Glucksmann
Boris Vallaud a justifié son choix dans une lettre publiée par le média socialiste Le Nouveau Populaire, dont l’AFP a eu l’exclusivité. « Je fais le choix de soutenir la candidature qui me paraît la plus sérieuse en ne me posant qu’une question : qui est le mieux placé et le mieux préparé pour mener ce combat présidentiel ? À cette question, je réponds par le nom de Raphaël Glucksmann », a-t-il expliqué. Cette annonce survient à quelques jours des journées d’été du PS à Blois, un événement clé pour mobiliser les militants avant la primaire.
Le député des Landes a indiqué avoir sérieusement envisagé une candidature au cours de l’été. Finalement, il a opté pour une « réponse de responsabilité », estimant que sa propre participation ne servirait pas au mieux les intérêts de la gauche. Son soutien apporte une crédibilité supplémentaire à Glucksmann, déjà perçu comme l’un des favoris pour incarner la dynamique sociale-démocrate face à la droite et à l’extrême droite.
Une primaire à six candidats, trois issus du Parti socialiste
Pour l’heure, six candidats se disputent l’investiture de la gauche et des écologistes. Côté socialistes, trois noms émergent : Philippe Brun, ancien député et maire de Suresnes, Jérôme Guedj, figure du PS et spécialiste des questions sociales, ainsi que Ségolène Royal, ancienne ministre et candidate à la présidentielle en 2007. De son côté, Raphaël Glucksmann, cofondateur du mouvement Place publique, mise sur une alliance entre socialistes et écologistes pour fédérer au-delà des clivages traditionnels.
Outre Glucksmann, le camp écologiste est représenté par Yannick Jadot, qui a déjà apporté son soutien au candidat de Place publique. Cette alliance entre socialistes et écologistes pourrait s’avérer décisive dans une primaire où l’unité de la gauche sera un enjeu majeur. Rappelons que lors des précédentes élections, les divisions avaient largement contribué à l’échec du camp progressiste.
Un contexte politique marqué par l’émergence de nouvelles forces
La primaire de 2027 s’inscrit dans un paysage politique en pleine recomposition. À gauche, les tensions entre réformistes et plus radicaux persistent, tandis que le centre et la droite tentent de capitaliser sur les insatisfactions économiques et sociales. La question de l’écologie, centrale dans le débat public, pourrait jouer un rôle clé dans le choix des électeurs. Glucksmann, qui a fait de la transition écologique un pilier de son programme, mise sur cette thématique pour séduire au-delà de l’électorat traditionnel du PS.
Par ailleurs, l’annonce de Vallaud intervient alors que la gauche doit faire face à une concurrence accrue. Du côté de la majorité présidentielle, les discussions sur une éventuelle candidature d’Édouard Philippe ou de Gabriel Attal alimentent les spéculations. À l’extrême droite, Marine Le Pen et Jordan Bardella restent des figures incontournables, tandis que la gauche radicale, avec Jean-Luc Mélenchon, continue de peser dans le débat.
Les prochaines étapes avant la primaire d’octobre
D’ici octobre, les candidats à la primaire devront finaliser leurs programmes et convaincre les militants. Les journées d’été du PS à Blois, qui se déroulent du 28 au 30 août, seront l’occasion de lancer officiellement la campagne. Glucksmann, déjà soutenu par une partie de la direction du PS, pourrait y bénéficier d’un effet d’entraînement, à condition de réussir à fédérer au-delà de son camp naturel.
Reste à savoir si cette primaire parviendra à éviter les erreurs du passé. En 2017, la division entre Benoît Hamon et Manuel Valls avait affaibli la gauche dès le premier tour. En 2022, la candidature de Yannick Jadot avait également divisé, sans empêcher la lourde défaite d’Anne Hidalgo. Cette fois, l’enjeu est de taille : éviter une nouvelle marginalisation de la gauche dans le duel final face à la droite ou à l’extrême droite.
La gauche française entre ainsi dans une phase décisive, où chaque ralliement compte. Après celui de Vallaud, d’autres soutiens pourraient encore émerger, modifiant les rapports de force. Mais une chose est certaine : la bataille pour l’investiture ne fait que commencer.
Outre Raphaël Glucksmann, trois autres socialistes sont candidats : Philippe Brun, Jérôme Guedj et Ségolène Royal. Yannick Jadot, écologiste, soutient Glucksmann.
La primaire est prévue en octobre 2026, selon le calendrier fixé par le Parti socialiste.