Un bureau national du Parti socialiste (PS) s’est réuni fin juillet 2025 pour acter les modalités de sa primaire en vue de l’élection présidentielle de 2027, dont le coût de participation. Selon BFM - Politique, les adhérents devront débourser 15 euros pour voter, un tarif qui s’élève à 10 euros pour les chômeurs et les étudiants. Cette proposition, qui doit encore être validée lors d’un conseil national prévu le 25 août prochain, suscite de vives critiques au sein du parti, notamment de la part du député de l’Eure Philippe Brun.

Ce qu'il faut retenir

  • Un conseil national du PS a acté fin juillet 2025 un coût de vote de 15 euros pour la primaire présidentielle de 2027, réduit à 10 euros pour les chômeurs et étudiants.
  • Cette mesure doit être officiellement approuvée lors d’un conseil national le 25 août 2025.
  • Le député socialiste Philippe Brun dénonce cette proposition, qu’il juge « délirante » et « déconnectée » des réalités socio-économiques.
  • Ségolène Royal avait déjà critiqué ce tarif, estimant que le pouvoir d’achat avait baissé depuis les primaires précédentes.
  • Philippe Brun propose une alternative à 5 euros ou la création d’une « caisse populaire » pour financer les adhésions des électeurs modestes.

Une primaire au tarif contesté dès son annonce

Alors que les modalités de la primaire socialiste se précisent, le coût du vote s’impose comme un sujet de discorde. Selon BFM - Politique, le bureau national du PS a arrêté, lors de sa réunion de fin juillet, un tarif de participation fixé à 15 euros pour les votants classiques, tandis que les chômeurs et étudiants bénéficieraient d’un tarif réduit à 10 euros. Une décision qui doit encore franchir l’étape du conseil national du 25 août, où elle sera soumise à validation.

Cette annonce intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat des Français reste une préoccupation majeure, surtout après une décennie marquée par les politiques économiques du président Emmanuel Macron. Le tarif proposé contraste ainsi avec celui des primaires socialistes passées : en 2006, le vote coûtait 2 euros, et il était maintenu à 2 euros en 2016. Autant dire que la hausse est significative.

Philippe Brun contre-attaque : « Qui va payer quinze euros pour participer à la primaire ? »

Parmi les détracteurs de cette mesure, le député de l’Eure Philippe Brun, également candidat à la primaire, s’est exprimé avec virulence sur France Info. « Je ne sais pas ce qui leur est passé par la tête », a-t-il lancé le 5 août 2025, dénonçant une idée qu’il juge « totalement déconnectée » des réalités. « C’est délirant, qui va payer quinze euros pour participer à la primaire ? » a-t-il interrogé, avant d’ajouter : « Pour ceux qui prennent leur café à Saint-Germain-des-Prés, ça fait deux cafés. Pour la plupart des Français, c’est beaucoup trop cher. »

Face à cette proposition, Philippe Brun défend une alternative à 5 euros, tout en proposant la mise en place d’une « caisse populaire » pour financer les adhésions des électeurs les plus modestes. Son objectif : éviter que la primaire ne devienne « un entre-soi réservé à ceux qui veulent de l’entre-soi », selon ses termes. « La gauche a été inventée pour défendre les ouvriers et les employés, pas pour défendre les bobos et la gauche de salon dans les arrondissements aisés de la capitale », a-t-il souligné.

« Nous financerons les adhésions des ouvriers, des employés, des gens qui veulent participer à ces primaires à l’aide d’un réseau militant, afin que cette élection ne soit pas confisquée par ceux qui veulent de l’entre-soi. »
— Philippe Brun, député de l’Eure et candidat à la primaire socialiste

Ségolène Royal et d’autres figures socialistes montent au créneau

Philippe Brun n’est pas le seul à s’opposer à ce tarif. Ségolène Royal, également candidate à la primaire, avait déjà critiqué cette mesure dans un message publié sur X le 2 août 2025. « C’est trop cher », avait-elle écrit, rappelant que le pouvoir d’achat avait reculé depuis les précédentes primaires. « Comment justifier de passer de deux euros en 2006 à quinze euros en 2025, alors que le pouvoir d’achat a baissé ? » avait-elle questionné, sans obtenir de réponse officielle du PS.

Cette polémique s’inscrit dans un débat plus large sur l’ouverture des primaires socialistes. En 2025, le PS a acté le principe d’une primaire fermée, réservée à ses adhérents, en dépit des propositions de figures comme Olivier Faure, qui avait suggéré d’ouvrir le vote à deux euros pour les sympathisants. Une idée rejetée par un vote interne. Pour Philippe Brun, l’enjeu est clair : incarner une gauche « nouvelle, populaire », qui s’adresse aux classes populaires plutôt qu’aux élites économiques.

Le député, qui se présente comme « le plus jeune candidat de cette primaire à 34 ans », a rappelé vouloir défendre les classes populaires, évoquant le prix du carburant, celui du logement ou encore la dégradation des services publics. Son discours s’inscrit en réaction à une décennie de macronisme, qu’il accuse d’avoir creusé les inégalités en France.

Quelles conséquences pour le Parti socialiste ?

Cette controverse survient à un moment charnière pour le PS, alors que le parti cherche à se reconstruire après une série de défaites électorales et une crise interne. La primaire, prévue pour l’automne 2026, doit désigner le candidat qui portera les couleurs du parti face à l’extrême droite et à la majorité présidentielle en 2027. Or, la question du coût du vote risque de braquer une partie de l’électorat traditionnel, déjà en difficulté pour mobiliser ses troupes.

D’autant que le tarif de 15 euros pourrait être perçu comme un frein supplémentaire à la participation, dans un contexte où l’abstention atteint des niveaux records. Certains observateurs s’interrogent déjà sur l’impact d’une telle mesure sur la légitimité du futur candidat socialiste, surtout si celui-ci doit son investiture à une base militante réduite et aisée.

Et maintenant ?

Le conseil national du PS, prévu le 25 août 2025, devra trancher sur le maintien ou non du tarif de 15 euros. Si la proposition est adoptée, le parti devra rapidement clarifier les modalités de financement de sa « caisse populaire », afin d’éviter une exclusion de fait des électeurs les plus modestes. La primaire, qui devrait se tenir à l’automne 2026, s’annonce donc sous haute tension, avec un enjeu double : désigner un candidat crédible tout en évitant une fracture interne supplémentaire.

Quoi qu’il en soit, cette affaire illustre les difficultés du PS à concilier ses valeurs historiques de justice sociale avec les réalités économiques actuelles. Entre le risque de s’aliéner une partie de son électorat et la nécessité de financer ses campagnes, le parti devra trouver un équilibre délicat dans les mois à venir.

Selon BFM - Politique, cette décision a été actée lors d’un bureau national du PS fin juillet 2025. L’objectif affiché est de limiter la participation à une base militante engagée, mais cette mesure suscite des critiques en raison de son coût élevé pour les électeurs modestes.

Le député Philippe Brun propose de réduire le coût à 5 euros ou de mettre en place une « caisse populaire » pour financer les adhésions des électeurs les plus modestes. Ségolène Royal, autre candidate, a également critiqué ce tarif, le jugeant trop élevé au regard du pouvoir d’achat actuel.