Le député socialiste de l’Eure, Philippe Brun, a rappelé ce jeudi 4 juin 2026 que Raphaël Glucksmann devra obligatoirement obtenir l’investiture du Parti socialiste via un vote des militants s’il souhaite se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Cette exigence s’inscrit dans le cadre de la proposition formulée par Olivier Faure, premier secrétaire du PS, visant à organiser une double primaire au sein de la gauche.
Ce qu'il faut retenir
- Raphaël Glucksmann devra obtenir l’investiture du PS par un vote des militants pour être candidat en 2027, selon Philippe Brun.
- Olivier Faure propose une double primaire en deux temps : d’abord au sein du PS élargi, puis entre le vainqueur et le reste de la gauche (hors LFI).
- Un accord programmatique et législatif doit être trouvé avec les écologistes, les communistes et Place Publique avant toute désignation.
- Le vote militant est prévu pour le 9 juillet 2026, date clé pour l’organisation interne du PS.
- L’entourage de Glucksmann a déjà exprimé son opposition à cette primaire, malgré les statuts du parti.
Interrogé sur le plateau de Franceinfo, Philippe Brun a confirmé que la proposition d’Olivier Faure, bien que complexe, présente un avantage majeur : « Il faut voter les militants socialistes sur un candidat », a-t-il déclaré. Ce vote interne, prévu pour juillet, s’impose comme une condition sine qua non pour Glucksmann, mais aussi pour d’autres figures socialistes comme François Hollande ou Bernard Cazeneuve.
Une double primaire pour rassembler la gauche, mais pas sans conditions
La proposition d’Olivier Faure repose sur un mécanisme en deux étapes : une première primaire réservée aux membres du PS et à ses alliés proches (écologistes, communistes, Place Publique), suivie d’une seconde primaire ouverte au reste de la gauche, à l’exclusion de La France Insoumise. Philippe Brun y voit une opportunité, à condition que les discussions programmatiques précèdent toute désignation. « Il ne faudrait pas que, par exemple, Marine Tondelier gagne la primaire et que l’on se retrouve à soutenir la sortie du nucléaire », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de « garde-fous » sur des sujets sensibles comme l’immigration.
Pour le député de l’Eure, l’enjeu n’est pas seulement électoral, mais aussi idéologique. « Ce programme, ça ne va pas être celui du NFP revisité, il faut faire quelque chose de neuf, qui parle vraiment au concret des gens », a-t-il insisté. Une mise en garde adressée à l’ensemble des acteurs politiques, alors que les tensions persistent au sein de la coalition de gauche.
Glucksmann face à l’obligation du vote militant
L’entourage de Raphaël Glucksmann a déjà fait savoir qu’il refusait catégoriquement cette primaire, jugée inutile. « Si ça fait un an qu’on dit non à une primaire, ce n’est pas maintenant qu’on va dire oui à deux primaires », a réagi un proche du député européen, selon Franceinfo. Pourtant, Philippe Brun rappelle que le vote des militants est une obligation statutaire pour le PS : « On a un parti très démocratique, on vote sur tout au sein du Parti socialiste ; on vote nos budgets, on vote l’ensemble de nos investitures ».
Cette exigence s’applique à Glucksmann comme à tout autre candidat souhaitant représenter le parti. « Quoi qu’il arrive, il devra se soumettre à un vote des militants socialistes s’il souhaite être candidat », a martelé Brun. Une position qui pourrait compliquer les ambitions du député européen, dont la candidature divise au sein du PS.
Un calendrier serré avant l’été
Les négociations entre les partis de gauche doivent s’accélérer dans les prochaines semaines. Philippe Brun a indiqué qu’un « vote militant » serait organisé le 9 juillet 2026, date butoir pour trancher la question de l’investiture socialiste. « Il faut que les apparatchiks des partis se mettent autour de la table et arrivent avec une solution avant l’été », a-t-il plaidé, alors que les écologistes réclament une primaire comme condition sine qua non pour participer aux discussions.
Pour Brun, la priorité reste la construction d’un accord programmatique solide, au-delà des clivages traditionnels. « Nous y sommes favorables [à un rassemblement], mais il faut d’abord un accord programmatique et un accord de répartition de circonscriptions législatives », a-t-il précisé. Une position qui reflète les divisions persistantes au sein de la gauche, entre ceux qui prônent une union sans conditions et ceux qui exigent des garanties idéologiques.
En l’état actuel des discussions, une chose est sûre : l’organisation d’une primaire à gauche, qu’elle soit unique ou double, ne fait pas consensus. Et si le calendrier semble impitoyable, les désaccords programmatiques pourraient bien retarder toute décision jusqu’à l’automne.
La proposition d’Olivier Faure vise à organiser une première primaire au sein du PS élargi (avec les écologistes, communistes et Place Publique), suivie d’une seconde primaire ouverte au reste de la gauche, à l’exclusion de La France Insoumise. L’objectif est de rassembler un maximum de forces avant l’élection présidentielle de 2027.
Les principaux obstacles sont les désaccords programmatiques (nucléaire, immigration, répartition des circonscriptions) et l’opposition de figures comme Raphaël Glucksmann à une primaire qu’il juge inutile. Les écologistes, eux, conditionnent leur participation à l’organisation d’une primaire.