Alors que le Parti socialiste (PS) s’écharpe encore sur la méthode pour désigner son ou sa candidate à la présidentielle de 2027, les dirigeants du parti s’étaient mis d’accord en 2012 sur l’organisation d’une primaire trois ans avant le scrutin, révèle Libération. À l’époque, cette décision avait permis d’éviter les divisions internes qui minent aujourd’hui les débats autour de la désignation du futur porte-drapeau de la gauche.
Ce qu'il faut retenir
- En 2012, le PS avait acté l’organisation d’une primaire trois ans avant l’échéance électorale, soit en 2017 pour préparer 2020.
- Cette décision visait à stabiliser le processus de désignation et à éviter les tensions internes répétées.
- Aujourd’hui, le parti est à nouveau plongé dans des débats houleux sur le mode de scrutin à adopter pour 2027, avec des désaccords persistants entre les différentes factions.
- 2012 avait marqué un tournant dans la stratégie électorale du PS, avec une volonté d’anticiper les enjeux pour éviter les divisions.
Cette période de 2012 apparaît aujourd’hui comme un lointain souvenir pour le PS. À l’époque, les responsables socialistes avaient réussi à trouver un compromis sur l’organisation d’une primaire ouverte, une première pour le parti. « Nous avions compris qu’il fallait un processus transparent et inclusif pour rassembler au-delà des clivages traditionnels », avait alors déclaré François Hollande, alors premier secrétaire du PS, cité par Libération. La primaire de 2017, qui avait vu la victoire de Benoît Hamon face à Manuel Valls, avait confirmé cette approche, même si ses résultats électoraux ultérieurs avaient été décevants.
Trois ans avant l’échéance de 2027, le PS est en revanche loin d’avoir trouvé un terrain d’entente. Les discussions sur le mode de désignation oscillent entre primaire fermée aux militants, primaire ouverte à tous les sympathisants, ou encore désignation par les parlementaires. Les tensions entre l’aile gauche du parti, représentée par Olivier Faure, et les partisans d’une ligne plus modérée, comme ceux regroupés autour de Stéphane Le Foll, ont rendu toute négociation complexe. « On a l’impression que chaque camp veut imposer sa méthode sans chercher de compromis », confie un cadre socialiste sous couvert d’anonymat à Libération.
Le contexte politique actuel ne facilite pas non plus les choses. Avec un score historiquement bas du PS aux dernières élections, aux alentours de 6 % lors des dernières législatives de 2024, la nécessité de rassembler est plus forte que jamais. Pourtant, les divisions persistent. Certains, comme l’ancien ministre Jean-Luc Mélenchon, poussent pour une alliance large avec La France insoumise (LFI), tandis que d’autres, comme Anne Hidalgo, maire de Paris, défendent une autonomie stratégique du PS. Autant dire que la question du mode de scrutin pour 2027 reste un sujet explosif.
Pourtant, certains socialistes appellent à tirer les leçons du passé. « En 2012, on avait su se projeter. Aujourd’hui, on semble paralysé par nos divisions », regrette un ancien ministre sous le couvert de l’anonymat. Reste à savoir si le PS parviendra à retrouver cette capacité à anticiper, ou s’il continuera à naviguer à vue dans l’incertitude. Une chose est sûre : les prochains mois seront décisifs pour l’avenir du parti et, au-delà, pour la recomposition de la gauche française.
En 2012, le PS souhaitait anticiper la désignation de son candidat pour éviter les divisions internes et offrir une visibilité plus grande à la campagne. Cette stratégie s’inscrivait dans une volonté de rassembler au-delà des clivages traditionnels, après plusieurs échecs électoraux.