Le tribunal administratif de Caen a ordonné au ministre de la Justice de faire cesser « avec effet immédiat » les comportements de certains agents pénitentiaires jugés « contraires à la déontologie et à la loi ». Cette décision, rendue samedi 18 juillet 2026, fait suite à une plainte déposée par l’Observatoire international des prisons (OIP) ainsi que par plusieurs détenus incarcérés au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne. Selon Le Figaro, cette mesure vise à mettre un terme aux pratiques dénoncées par ces prisonniers, dont deux sont liés à la DZ Mafia, une organisation criminelle marseillaise.
Ce qu'il faut retenir
- Un cadre présumé de la DZ Mafia, Gabriel Ory (alias « Gaby »), ainsi qu’Hacène Larbi (surnommé « Le H »), figurent parmi les détenus plaignants.
- Le tribunal administratif de Caen a enjoint le ministre de la Justice de mettre fin « immédiatement » aux agissements contestés des agents pénitentiaires.
- L’OIP et les détenus ont saisi la justice après avoir dénoncé des comportements jugés illégaux au sein du QLCO de Condé-sur-Sarthe.
- La décision du tribunal intervient après des signalements répétés de prisonniers incarcérés pour des faits liés à la criminalité organisée.
- Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’administration pénitentiaire et les détenus issus de milieux criminels organisés.
Une victoire judiciaire pour les détenus plaignants
La décision du tribunal administratif de Caen marque une étape significative dans le bras de fer engagé par plusieurs détenus incarcérés pour des faits liés à la criminalité organisée. Le Figaro précise que la justice a donné raison aux requérants, dont l’OIP, en ordonnant à l’État de « faire immédiatement cesser » les agissements contestés des agents pénitentiaires. Ces comportements, qualifiés de « contraires à la déontologie et à la loi », avaient été signalés par les détenus eux-mêmes, qui dénoncent depuis plusieurs mois des pratiques abusives au sein du QLCO de Condé-sur-Sarthe.
Parmi les détenus à l’origine de cette action en justice, deux noms retiennent particulièrement l’attention : Gabriel Ory, alias « Gaby », présenté comme un cadre présumé de la DZ Mafia, et Hacène Larbi, surnommé « Le H ». Ce dernier s’était déjà illustré dans l’actualité judiciaire récente, son nom étant associé à des enquêtes en cours visant cette organisation criminelle marseillaise.
La DZ Mafia, une organisation criminelle sous les projecteurs
La DZ Mafia, organisation criminelle originaire de Marseille, est depuis plusieurs années dans le viseur des autorités judiciaires. Ses membres, souvent impliqués dans des trafics de stupéfiants et des règlements de comptes violents, sont régulièrement ciblés par des opérations policières et des mandats de dépôt criminel. Le Figaro rappelle que Gabriel Ory, l’un des principaux détenus plaignants, est visé par plusieurs mandats de dépôt dans le cadre d’enquêtes en cours. Son nom, comme celui d’Hacène Larbi, avait déjà été évoqué dans des affaires judiciaires médiatisées ces derniers mois.
Cette affaire survient alors que les tensions entre l’administration pénitentiaire et les détenus issus de milieux criminels organisés restent vives. Les quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), où sont incarcérés ces prisonniers, sont régulièrement pointés du doigt pour des conditions de détention controversées et des pratiques policières ou pénitentiaires jugées abusives.
Les réactions des avocats et les prochaines étapes
Un avocat, contacté par Le Figaro, a qualifié la décision du tribunal de Caen de « mesure forte ». « C’est une victoire pour les détenus qui ont osé dénoncer ces agissements, souvent dans un contexte où ils craignent des représailles », a-t-il déclaré. La procédure judiciaire devrait maintenant s’orienter vers une enquête interne pour faire la lumière sur les pratiques dénoncées, ainsi que vers des mesures disciplinaires à l’encontre des agents pénitentiaires mis en cause.
Pour l’OIP, cette décision confirme l’importance de la vigilance sur les conditions de détention, notamment dans les quartiers dédiés aux détenus les plus dangereux. L’association a souligné que cette affaire illustre les dysfonctionnements persistants au sein de certains établissements pénitentiaires, où les détenus issus de milieux criminels organisés se retrouvent parfois confrontés à des pratiques illégales de la part du personnel.
La suite de la procédure judiciaire sera suivie de près par l’OIP et les associations de défense des droits des détenus, qui espèrent que cette décision servira de précédent pour d’autres établissements confrontés à des dysfonctionnements similaires.
Gabriel Ory, alias « Gaby », est présenté par Le Figaro comme un cadre présumé de la DZ Mafia, une organisation criminelle marseillaise. Son nom est associé à plusieurs mandats de dépôt criminel dans le cadre d’enquêtes en cours. Il figure parmi les détenus plaignants à l’origine de l’action en justice ayant conduit à la décision du tribunal administratif de Caen.