Depuis la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran le 17 juin 2026, le marché des carburants en France connaît une baisse progressive des prix, selon BFM Business. Michel-Édouard Leclerc, président des centres E. Leclerc, a confirmé ce lundi 6 juillet sur BFMTV/RMC que les tarifs ont reculé de l’ordre de 30 centimes par rapport au pic atteint pendant le conflit au printemps dernier. « Ça a perdu 30 centimes par rapport au point haut du conflit, il y a des bateaux qui passent Ormuz », a-t-il observé, tout en soulignant que cette détente reste insuffisante pour les consommateurs.
Ce qu'il faut retenir
- Les prix des carburants ont baissé d’environ 30 centimes depuis le pic du conflit au printemps, selon Michel-Édouard Leclerc.
- Certaines stations E. Leclerc affichent désormais du gazole à moins de 1,80 euro le litre.
- TotalEnergies ne maintient plus son plafond de prix (1,99 €/l pour l’essence, 2,25 €/l pour le diesel) dans 2 300 stations sur les 3 300 du réseau.
- Un écart de 12 centimes s’est creusé entre les prix d’E. Leclerc et ceux de TotalEnergies, poussant les clients à privilégier les enseignes les moins chères.
- Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial, a repris progressivement après la levée du blocus iranien.
Une baisse des prix encore jugée trop lente par les enseignes
Michel-Édouard Leclerc a salué cette tendance tout en pointant du doigt la lenteur de la baisse des tarifs. « Au gazole, on a des stations qui sont en train de passer en dessous des 1,80 euro », s’est-il félicité. Cependant, il a nuancé son propos en rappelant que « ça ne descend pas assez vite » et que les prix pourraient remonter en cas de reprise des tensions au Moyen-Orient. « On est à la merci du moindre coup de gueule dans le détroit d’Ormuz et comme ils n’ont pas l’air très rationnels ni raisonnables, je préfère ne pas m’avancer », a-t-il ajouté. Ce détroit, par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel en temps normal, avait été bloqué durant le conflit printanier.
Côté TotalEnergies, la baisse des cours du pétrole a rendu caduc le système de plafonnement des prix mis en place pendant la crise. Patrick Pouyanné, PDG du groupe, a indiqué le 23 juin 2026 que ce plafonnement, qui concernait initialement 1 200 stations en zone rurale, ne se justifiait plus dans la majorité du réseau. Aujourd’hui, 2 300 stations affichent des prix compris entre 1,80 € et 1,90 € le litre pour l’essence, rendant inutile le maintien d’un plafond à 1,99 €. « Donc, notre intervention n’est plus légitime à ce niveau-là », a résumé le dirigeant.
Leclerec met en avant son avantage prix face à TotalEnergies
Michel-Édouard Leclerc a profité de cette dynamique pour critiquer la stratégie passée de TotalEnergies. « On lui a mis 12 centimes d’écart. Les gens se précipitent et viennent chercher à un euro près le carburant le moins cher. Total, il a fait le boulot pendant un mois. Il peut, il avait cagnotté pendant trois ans, je suis content de lui renvoyer », a-t-il lancé. Selon lui, cette situation était « bien le moins qu’il pouvait faire » après des années de profits réalisés sur le dos des automobilistes. Pendant le conflit, TotalEnergies avait maintenu son plafond de prix dans certaines stations, une mesure qui n’est désormais plus justifiée selon Patrick Pouyanné.
Cette concurrence accrue entre les enseignes profite directement aux consommateurs. Les écarts de prix, autrefois marginaux, se creusent désormais de manière significative, incitant les clients à comparer les tarifs avant de faire le plein. « Les gens se précipitent et viennent chercher à un euro près le carburant le moins cher », a confirmé Michel-Édouard Leclerc, soulignant l’impact immédiat sur les choix des automobilistes.
Un contexte géopolitique toujours instable
Malgré la signature de l’accord du 17 juin, le risque de nouvelles perturbations dans le détroit d’Ormuz reste présent. Ce corridor maritime, emprunté par des tankers transportant des millions de barils de pétrole chaque jour, est au cœur des tensions régionales. L’Iran, qui contrôle une partie de cette zone, avait bloqué le trafic au printemps, provoquant une flambée des prix en Europe. La reprise progressive du passage des navires, observée depuis un mois, ne garantit pas une stabilité durable. « Ils n’ont pas l’air très rationnels ni raisonnables », a souligné Michel-Édouard Leclerc, évoquant le risque d’un nouveau blocage en cas d’escalade diplomatique.
Cette incertitude pèse sur les anticipations des distributeurs. Si la baisse actuelle des prix est réelle, elle pourrait être remise en cause à tout moment. Les enseignes comme E. Leclerc ou TotalEnergies doivent donc adapter leurs stratégies en fonction de l’évolution du marché, sans pouvoir se projeter sur le long terme.
Pour l’heure, les automobilistes bénéficient d’une légère détente, mais la prudence reste de mise. La reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, bien que encourageante, ne suffit pas à garantir une stabilité durable des prix. Les prochaines semaines diront si les promesses de baisse se concrétisent ou si les consommateurs devront une fois de plus composer avec des tarifs élevés.
La baisse s’explique principalement par la levée du blocus dans le détroit d’Ormuz après l’accord signé entre les États-Unis et l’Iran le 17 juin 2026. Ce corridor maritime, stratégique pour l’approvisionnement en pétrole, avait été bloqué au printemps, provoquant une hausse des prix. Sa réouverture progressive a permis une détente progressive des tarifs en France, selon Michel-Édouard Leclerc.
Non. Selon Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, le plafonnement des prix (1,99 €/l pour l’essence, 2,25 €/l pour le diesel) ne concerne plus que 1 000 stations sur les 3 300 du réseau. Dans 2 300 stations, les prix affichés oscillent désormais entre 1,80 € et 1,90 € le litre, rendant ce dispositif inutile.