Selon Le Monde, le prix de la viande de mouton atteint des niveaux inédits au Maroc à quelques semaines de la fête de l'Aïd al-Adha. Des journaux locaux et des élus locaux dénoncent une politique gouvernementale insuffisante, accusant les autorités d’avoir privilégié les importations sans pour autant stabiliser les tarifs.
Ce qu'il faut retenir
- Le prix de la viande de mouton n’a jamais été aussi élevé au Maroc, selon la presse locale et les responsables politiques.
- Le gouvernement marocain est critiqué pour avoir subventionné les importations sans réussir à faire baisser les prix.
- L’Aïd al-Adha, prévue en juin 2026, devrait accentuer la demande, aggravant la tension sur les prix.
- Les autorités justifient leur action par des contraintes logistiques et une inflation générale sur les produits agricoles.
Une flambée des prix sans précédent
Le prix moyen du mouton au Maroc a connu une hausse de près de 40 % en un an, selon les estimations relayées par plusieurs titres de la presse locale. À Casablanca, le kilo de viande ovine se négocie désormais entre 120 et 150 dirhams (11 à 14 euros), contre 80 à 100 dirhams l’année précédente. « Jamais le mouton n’a été aussi cher », a souligné un élu municipal de Rabat, cité par Le Monde. Cette situation intervient à un moment où la demande devrait exploser avec l’arrivée de l’Aïd al-Adha, prévue cette année vers la mi-juin.
Des importations subventionnées, mais des prix toujours élevés
Pour tenter de répondre à la demande, le gouvernement marocain a massivement importé des têtes de bétail, notamment depuis l’Australie et la Nouvelle-Zélande, dans le cadre de programmes de subventions. Pourtant, ces mesures n’ont pas permis de contenir la hausse des prix. « Les subventions ont été versées aux importateurs, mais elles n’ont pas été répercutées sur les prix finaux », a expliqué un économiste de l’Université Mohammed V de Rabat. Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore réagi officiellement à ces critiques.
Les réactions des professionnels et des consommateurs
Les bouchers et les éleveurs locaux dénoncent une concurrence déloyale face aux importations massives, qui menacent leur activité. « On ne peut pas rivaliser avec des prix subventionnés à l’étranger », a déclaré un représentant du Syndicat national des bouchers. Du côté des consommateurs, la grogne grandit, notamment dans les milieux populaires où le mouton représente un poste de dépense essentiel lors des fêtes. « À ce prix-là, beaucoup de familles devront se contenter de moins », a confié une habitante de Marrakech sous couvert d’anonymat.
Cette situation met en lumière les tensions persistantes entre importations subventionnées et protection du marché local, un débat qui dépasse le simple cadre de la filière ovine. Alors que les fêtes religieuses approchent, la pression sur les ménages risque de s’accentuer, relançant les interrogations sur la gestion des subventions agricoles dans le pays.
Les subventions accordées aux importateurs n’ont pas été répercutées sur les prix finaux. Les marges des intermédiaires, les coûts logistiques et une inflation générale sur les produits agricoles expliquent en partie cette hausse, selon les économistes interrogés par Le Monde.