Ce vendredi 5 juin 2026, la cour d’assises spéciale de Paris examine le volet concernant l’assassinat du pilote de course Laurent Pasquali, commandité par une officine criminelle liée à la loge maçonnique Athanor. Au cœur des débats, deux anciens amis, Sébastien L. et Dylan B., s’accusent mutuellement de l’exécution du pilote, révélant les tensions et les contradictions d’une affaire aussi complexe qu’opaque.

Ce qu'il faut retenir

  • Assassinat de Laurent Pasquali : le pilote de course a été tué le 29 novembre 2019, dans le cadre d’une mission attribuée à l’officine criminelle de la loge Athanor.
  • Deux accusés en opposition : Sébastien L. et Dylan B. se renvoient mutuellement la responsabilité de l’exécution, chacun niant les accusations de l’autre.
  • Rôle central de Sébastien L. : il assume avoir organisé l’opération mais nie avoir tiré, tout en reconnaissant sa présence sur les lieux avec Dylan B.
  • Version de Dylan B. : il clame son innocence et affirme n’avoir jamais été impliqué, malgré les accusations portées contre lui.
  • Contexte trouble : l’affaire Athanor, révélée en 2020 par l’arrestation de deux agents de la DGSE, met en lumière les dérives d’une cellule criminelle au sein d’une loge maçonnique.
  • Enjeu judiciaire : la famille de la victime attend toujours de connaître l’identité du tueur, tandis que les deux accusés restent campés sur leurs positions.

Une affaire révélée par l’arrestation de deux agents de la DGSE

L’affaire Athanor a été dévoilée en 2020 avec l’arrestation de deux agents de la DGSE devant le domicile de Marie-Hélène Dini à Créteil. Selon BFM - Faits Divers, cette officine criminelle, liée à la loge maçonnique Athanor, aurait commandité plusieurs missions, dont l’assassinat du pilote Laurent Pasquali. Ce dernier, connu dans le milieu automobile, a été tué le 29 novembre 2019 dans un parking de sa résidence. Son corps a ensuite été transporté en Haute-Loire avant d’être enterré dans un bois isolé.

Sébastien L. assume son rôle d’organisateur, mais nie avoir tiré

Dans le box des accusés, Sébastien L. est interrogé par les avocats de la défense, notamment ceux de Dylan B., son ancien ami. Il reconnaît avoir été présent sur les lieux du crime aux côtés de Dylan B., mais affirme que c’est ce dernier qui a tiré sur le pilote. Sébastien L. assume en revanche avoir organisé l’opération dans son ensemble. Il déclare avoir utilisé son propre véhicule pour transporter le corps et avoir enterré lui-même la victime, une tâche qu’il justifie par sa condition physique.

Interrogé sur sa motivation, il assure avoir agi « pour l’État » à l’époque, tout en reconnaissant avoir touché 5 000 euros pour ce contrat. Une somme qu’il affirme avoir partagée avec Dylan B. (2 500 euros) et une tierce personne (1 000 euros) ayant fourni le véhicule utilisé lors de l’opération.

Dylan B. clame son innocence et dénonce un montage

Face à lui, Dylan B. reste immobile et impassible, niant catégoriquement toute implication dans l’assassinat. Il assure n’avoir jamais été présent aux côtés de Sébastien L. ce soir-là et affirme ne pas avoir été informé des actions menées par son ancien ami. Interrogé par la présidente de la cour, il peine à fournir des détails sur ses déplacements, invoquant des problèmes de mémoire. « Je me retrouve à me défendre pour des trucs que j’ai pas commis. J’en peux plus, ça fait cinq ans », déclare-t-il en sanglotant, visiblement ému.

Les parents de Sébastien L. ont déclaré avoir vu Dylan B. avec son fils le soir présumé de l’enterrement du corps, une affirmation que ce dernier rejette catégoriquement. « Je n’ai jamais eu de problème avec eux. Je pense qu’ils essayent de défendre Sébastien. Ce sont des personnes très gentilles. Je ne trouve pas ça juste, mais je comprends », explique-t-il à la barre.

Des échanges tendus et des preuves accablantes

L’avocat de Dylan B., Me Victor Zagury, tente de démontrer l’absence de preuves reliant son client à l’assassinat. Il met en doute les déclarations de Sébastien L., soulignant que ce dernier a attendu plusieurs années avant de désigner Dylan B. comme responsable. « Vous espériez combien de réduction de peine en dénonçant Dylan ? », lance-t-il à Sébastien L., qui marque un temps d’arrêt avant de répondre. La diffusion d’un enregistrement audio entre Sébastien L. et sa compagne a également mis en lumière ses propos : « Ce que j’aimerais, c’est qu’ils lui mettent tout sur le dos (de Dylan, NDLR) ».

De son côté, l’avocat général, Nicolas d’Hervé, résume l’impasse actuelle : « Pour le moment, on sait seulement une chose : il y en a un de vous deux qui ment radicalement ». Une déclaration qui illustre l’impasse dans laquelle se trouve la cour, les deux accusés restant campés sur leurs versions.

Le témoignage de Dylan B. et ses contradictions

Interrogé à son tour, Dylan B. affirme ne pas comprendre pourquoi il est accusé, niant toute implication dans l’opération. Il évoque une amitié brisée et une incompréhension totale face aux accusations portées contre lui. « J’ai honte d’avoir été ami avec lui », déclare-t-il en pleurs, avant d’ajouter : « Il y a une partie de moi où je me dis qu’il est complètement taré. Est-ce qu’il s’est créé des portes de sortie en avance ? Je ne comprends pas. J’aurais jamais de réponse. »

La présidente de la cour tente de faire la lumière sur ses déplacements, mais Dylan B. peine à fournir des éléments concrets. « Si vous avez des relevés bancaires qui indiquent que vous étiez ailleurs qu’avec Sébastien L., il n’est jamais trop tard pour les verser au dossier », lui indique-t-elle. Une proposition que Dylan B. promet d’examiner, sans garantie de résultat.

Et maintenant ?

Les débats doivent se poursuivre dans les prochains jours, avec l’audition de nouveaux témoins et experts. La famille de Laurent Pasquali attend toujours de connaître l’identité du ou des assassins, tandis que la cour devra trancher entre les versions opposées de Sébastien L. et Dylan B. Une décision est attendue d’ici la fin du mois de juin 2026. D’ici là, les avocats des parties civiles et de la défense devraient multiplier les arguments pour tenter de faire basculer l’opinion des jurés.

Cette affaire, qui mêle loge maçonnique, services secrets et assassinat ciblé, laisse en suspens de nombreuses questions. Qui, au final, a tué Laurent Pasquali ? Quel rôle a joué la loge Athanor dans cette opération ? Et jusqu’où s’étendent les ramifications de cette cellule criminelle au sein des institutions ? Autant de réponses qui pourraient émerger dans les semaines à venir, mais qui, pour l’heure, restent dans l’ombre.

La loge Athanor est une officine maçonnique française qui, selon les investigations, abritait une cellule criminelle. Plusieurs de ses membres, dont des agents de la DGSE, ont été mis en cause dans des missions d’assassinat, dont celle visant le pilote Laurent Pasquali. L’affaire a été révélée en 2020 par l’arrestation de deux agents des services secrets devant le domicile d’une proche de la loge.

Les débats doivent se poursuivre dans les prochains jours à la cour d’assises spéciale de Paris. Les avocats des parties civiles et de la défense devraient présenter de nouveaux arguments, tandis que la famille de la victime attend toujours des réponses. Une décision est attendue d’ici la fin du mois de juin 2026.