Le procès de Martin Ney, principal suspect dans l’affaire du meurtre de Jonathan Coulom en 2004, a repris ce lundi 1er juin devant la cour d’assises de Nantes. Un témoin clé, ancien codétenu de l’accusé, a déclaré avoir recueilli ses « confidences » lors de leur incarcération en Allemagne. Selon BFM - Faits Divers, ce témoignage relance les débats sur la culpabilité de Martin Ney, déjà condamné en 2012 pour trois meurtres d’enfants en Allemagne.
Ce qu'il faut retenir
- Jonathan Coulom, 10 ans, a disparu en pleine nuit lors d’une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique) en avril 2004.
- Son corps a été retrouvé plus d’un mois plus tard dans un étang situé à une trentaine de kilomètres.
- Martin Ney, déjà condamné en Allemagne pour trois meurtres, est jugé pour ce meurtre en France.
- Un ancien codétenu affirme que Ney lui a avoué s’être rendu en France, avoir agressé et tué un garçon, et avoir été vu près du lieu de la disparition par un homme accompagné d’un chien de race allemande.
- L’accusé nie en bloc ces déclarations et qualifie ces propos d’« inventés de toute pièce ».
- Le verdict est attendu pour le 4 juin 2026.
Un témoin clé se présente à la barre
Le procès, ouvert le 19 mai 2026, a marqué une étape importante ce lundi avec l’audition d’un ancien codétenu de Martin Ney. Cet homme, incarcéré en Allemagne et entendu par visioconférence, a affirmé avoir reçu les confidences de l’accusé lors de leur détention commune. Selon ses déclarations rapportées par BFM - Faits Divers, Ney lui aurait avoué s’être rendu en France au volant d’un véhicule de location, y avoir commis un meurtre et un acte de violence sexuelle sur un enfant. Des propos que l’accusé qualifie, pour sa part, de « pur fruit du hasard » et de « fruit de l’imagination » de son interlocuteur.
Ce témoignage n’est pas anodin : il a relancé en 2017 l’enquête sur la disparition de Jonathan Coulom, disparu en avril 2004 lors d’une sortie scolaire. Les 163 tomes de procédures accumulés dans ce dossier ne contiennent cependant, à ce stade, ni preuve matérielle ni trace ADN permettant d’incriminer formellement Martin Ney. Autant dire que la crédibilité des déclarations du témoin reste au cœur des débats.
Des détails troublants, mais contestés
L’ancien codétenu a également évoqué un autre élément troublant : selon lui, Martin Ney lui aurait confié avoir été aperçu près du lieu de la disparition de Jonathan par un « vieil homme » accompagné d’un chien de « race allemande ». Une précision qui prend un relief particulier au regard d’un témoignage rendu des années plus tôt par un agriculteur de la région. Cet homme avait en effet déclaré avoir croisé, un soir d’avril 2004, un individu au volant d’une berline immatriculée en Allemagne, accompagné de son berger allemand. Or, les enquêteurs n’avaient pas connaissance de ce détail à l’époque. Il a été vérifié et confirmé à la suite du témoignage de l’ex-codétenu.
Interrogé sur ce point par la présidente de la cour, Martin Ney a répondu en désignant le hasard comme seule explication possible. L’accusé a par ailleurs rappelé que son ancien codétenu avait été condamné en 2020 pour dénonciations calomnieuses à l’encontre de plusieurs personnes. « J’ai menti, je l’ai concédé, je l’ai reconnu », a-t-il déclaré à l’écran, confirmant ainsi les antécédents judiciaires de ce témoin.
Un procès au lourd passif judiciaire
Martin Ney, aujourd’hui âgé de 58 ans, purge déjà une peine de perpétuité en Allemagne pour le meurtre de trois garçons commis dans les années 1990. Son procès en France, qui se tient près de 22 ans après les faits, soulève des questions sur la possibilité d’une nouvelle condamnation pour un crime commis dans l’Hexagone. Les éléments à charge reposent principalement sur des témoignages indirects, des aveux rapportés et des coïncidences troublantes, mais aucune preuve tangible n’a encore été apportée à l’appui des accusations.
Les circonstances de la disparition de Jonathan Coulom, en pleine nuit, alors qu’il participait à une classe de mer, rappellent en effet les méthodes employées par Martin Ney dans ses affaires allemandes. Pour autant, les enquêteurs n’ont jamais pu établir de lien formel entre les deux affaires, faute d’éléments matériels. Le procès s’annonce donc comme un exercice d’équilibriste pour les jurés, entre l’accumulation de détails troublants et l’absence de preuves concrètes.
« Monsieur Ney m’a fait des confidences, rien ne venait de la télévision. »
— Déclaration du témoin clé à la cour d’assises de Nantes, selon BFM - Faits Divers
Les prochaines étapes : un verdict attendu sous 72 heures
Les débats doivent se poursuivre jusqu’à mercredi 4 juin, date à laquelle la cour d’assises de Nantes rendra son verdict. Les jurés auront à trancher une question cruciale : les déclarations du témoin clé, bien que troublantes, suffisent-elles à établir la culpabilité de Martin Ney au-delà de tout doute raisonnable ? La défense mise sur le doute, rappelant les antécédents judiciaires du témoin et l’absence de preuves matérielles.
Si l’accusé est reconnu coupable, il pourrait écoper d’une nouvelle condamnation à perpétuité, cette fois en France. Dans le cas contraire, cette affaire restera l’une des plus énigmatiques de l’histoire judiciaire française, symbolisant les limites de l’instruction et les défis posés par les affaires non élucidées.
Le procès de Martin Ney rappelle également l’importance des témoignages indirects dans les enquêtes judiciaires, surtout lorsque les preuves matérielles font défaut. Une situation qui n’est pas sans évoquer d’autres affaires anciennes, où la persistance des familles et des enquêteurs finit par faire émerger des éléments nouveaux, des décennies après les faits.
La France juge Martin Ney pour le meurtre de Jonathan Coulom, un crime commis sur son sol en 2004. Même si l’accusé purge déjà une peine de perpétuité en Allemagne pour d’autres meurtres, la justice française peut engager des poursuites pour des faits commis sur son territoire, selon le principe de la compétence universelle partielle.