Le procureur de la cour d’appel de Rouen a demandé, ce mercredi 3 juin 2026, des peines plus lourdes que celles prononcées en première instance à l’encontre de quatre militants écologistes jugés pour avoir endommagé en 2023 une centrale à béton属ant à Lafarge, selon Reporterre.
Lors des débats qui se sont tenus à Auxerre, dans l’Yonne, l’avocat général avait ouvert la séance en dénonçant ce qu’il qualifiait de « l’extrême lâcheté » des accusés, une formulation qui a marqué le ton de l’audience. La défense, de son côté, a plaidé pour une relaxe générale, invoquant notamment une procédure qu’elle juge « bancale », marquée par une enquête confiée à la section antiterroriste.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre militants ont comparu devant la cour d’appel de Rouen pour des dégradations commises en 2023 contre une centrale à béton de Lafarge.
- Le procureur a requis des peines plus sévères que celles prononcées en première instance.
- La défense a demandé une relaxe générale, critiquant une procédure jugée défaillante.
- L’enquête a été menée par la section antiterroriste, ce qui est contesté par la défense.
Une procédure sous le feu des critiques
Dès l’ouverture des débats, l’avocat général a vivement dénoncé les actes des quatre militants, les qualifiant de « lâches » lors d’une harangue devant la cour. Cette position tranchait avec celle de la défense, qui a immédiatement pointé du doigt les méthodes de l’enquête. Reporterre rapporte que les avocats des accusés ont critiqué le recours à l’antiterrorisme pour un dossier qui, selon eux, relève davantage de la lutte environnementale que de la menace sécuritaire.
Cette approche, jugée disproportionnée par les défenseurs, a conduit à des échanges tendus au tribunal. Les militants, dont l’identité n’a pas été révélée, risquent désormais des peines plus lourdes que celles initialement prononcées en première instance, où les condamnations étaient déjà significatives.
La défense plaide pour une relaxe générale
Devant la cour d’appel, les avocats des quatre militants ont défendu une ligne claire : la relaxe pure et simple. Leur argumentaire repose sur deux piliers. D’abord, ils contestent la légitimité de la procédure, soulignant que l’enquête antiterroriste n’était pas adaptée à leur action, qualifiée de « sabotage ciblé » contre un site industriel polluant.
Ensuite, ils ont rappelé que les dégradations commises visaient à alerter sur l’impact environnemental des activités de Lafarge, un géant du ciment souvent pointé du doigt pour ses émissions de CO₂. «
Nous avons agi pour protéger des vies humaines et des écosystèmes, pas pour menacer la société», a déclaré l’un des accusés, cité par Reporterre.
La position de Lafarge et le contexte industriel
Le groupe Lafarge, dont la centrale d’Auxerre a été la cible des militants en 2023, n’a pas pris part directement aux débats de ce procès en appel. Cependant, son nom reste associé à une série de contentieux environnementaux en France. En 2022, le groupe avait déjà été condamné pour pollution dans plusieurs de ses sites, et des associations écologistes réclament régulièrement des sanctions plus strictes contre ses activités.
Côté industriel, Lafarge met en avant ses engagements en faveur de la transition écologique, notamment via des projets de ciment « bas carbone ». Reste que pour les militants, ces annonces ne suffisent pas à compenser l’empreinte environnementale globale du groupe, l’un des plus gros émetteurs de CO₂ en Europe.
Ce jugement interviendra dans un contexte où les tensions entre justice, écologie et industries lourdes s’intensifient en France. Les prochaines décisions judiciaires sur ce type de dossiers pourraient influencer durablement les stratégies de contestation environnementale dans le pays.