Le procès des meurtriers présumés d’Alicia Faye, une jeune Bordelaise de 25 ans tuée en mars 2021 à Cayenne, s’est ouvert hier, lundi 1er juin, devant la cour d’assises de Guyane. Deux des trois accusés – dont le principal, en fuite depuis des mois – sont absents des débats, selon BFM – Faits Divers.

Ce qu'il faut retenir

  • Alicia Faye a été abattue d’une balle dans la tête le 13 mars 2021, moins de 24 heures après son arrivée à Cayenne, alors qu’elle transportait 25 000 euros destinés à un fournisseur local.
  • Le procès, qui doit durer cinq jours, se tient en l’absence de deux accusés libérés pour vice de procédure et désormais en fuite : Dane Langhorne et Flaviano Makkai, considéré comme le chef du réseau.
  • Le troisième accusé, présent dans le box des accusés, comparaît pour complicité de meurtre en récidive après une condamnation à 10 ans de prison dans l’enquête sur le trafic de stupéfiants.

Dès l’ouverture des débats hier matin, la cour a examiné les éléments de l’enquête. Les jurés ont découvert les premières photographies du corps de la victime, retrouvé étendu sur le ventre le long d’une piste, près d’un mouchoir et d’un sandwich entamé. L’autopsie a confirmé qu’Alicia Faye avait été atteinte d’une balle tirée à l’arrière du crâne, ressortie par le front. Trois accusés sont renvoyés pour meurtre, complicité de meurtre et vol aggravé, selon les chefs d’accusation retenus par le parquet.

Parmi les accusés absents, Dane Langhorne, dernier témoin à avoir vu Alicia Faye en vie, a été remis en liberté le 16 octobre 2024 par la Cour de cassation pour vice de procédure. Depuis, il n’a pas respecté les obligations de son contrôle judiciaire et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Flaviano Makkai, identifié par la justice comme le chef présumé du réseau, a également été libéré pour vice de procédure en octobre 2024 avant de s’enfuir. Il n’a été interpellé qu’à l’automne 2025 dans l’Hexagone, avant d’être renvoyé vers la Guyane pour y être jugé.

Seul accusé présent dans le box, un homme aux tatouages visibles sur le visage et aux longues dreadlocks répond de complicité de meurtre en récidive. Condamné à 10 ans de prison dans la procédure liée au trafic de stupéfiants, il n’a jamais varié dans ses déclarations depuis l’instruction. Son avocat, Me Alexandre Thiriez, a souligné devant la cour la « maigreur des éléments à charge » et l’absence de preuve établissant un lien direct entre son client et le meurtre d’Alicia Faye. La troisième accusée, compagne de Dane Langhorne, comparaît libre.

Le procès s’annonce technique, marqué par des incohérences relevées dès les premières auditions. La mère de Dane Langhorne, entendue comme témoin, a été critiquée par la présidente de la cour pour ses contradictions entre ses déclarations aux enquêteurs et ses réponses en audience. Une situation qui illustre, selon les observateurs, la complexité de ce dossier mêlant trafic de drogue, vols et homicide.

Du côté de la famille d’Alicia Faye, l’avocat Me Beulque a rappelé hier que « la famille n’a ni volonté de vengeance, ni de haine, mais une volonté de vérité ». Il a également estimé que « 80 % des personnes mentent » dans ce dossier, une déclaration qui a marqué le début des débats. BFM – Faits Divers indique que les prochaines journées d’audience devraient être consacrées à l’audition des enquêteurs et des experts, ainsi qu’à celle des témoins clés.

Et maintenant ?

Ce procès, prévu pour durer cinq jours, pourrait permettre d’éclaircir les circonstances exactes du meurtre d’Alicia Faye et le rôle joué par chacun des accusés dans ce trafic de cocaïne reliant la Gironde à la Guyane. Si les deux fugitifs ne sont pas arrêtés d’ici la fin des débats, le tribunal pourrait statuer en leur absence, bien que leur présence soit requise pour une condamnation définitive. Les verdicts sont attendus d’ici la fin de la semaine.

Ce drame rappelle l’ampleur des trafics de stupéfiants entre l’Hexagone et les territoires ultramarins, un phénomène en forte augmentation ces dernières années. Les autorités locales et nationales tentent depuis plusieurs années de renforcer les contrôles, mais les réseaux s’adaptent, comme en témoigne l’absence prolongée de certains accusés.

Les deux hommes ont bénéficié d’une libération pour vice de procédure en octobre 2024, selon BFM – Faits Divers. Cette décision de la Cour de cassation a été contestée par le parquet, qui a finalement obtenu l’arrestation de Flaviano Makkai à l’automne 2025 après sa fuite.