Le procès de Joey Mawson, pilote australien accusé d’avoir violé une ancienne infirmière de Michael Schumacher dans la demeure familiale du champion à Gland, en Suisse, s’est ouvert ce mardi 3 juin 2026 à Nyon. Selon RMC Sport, l’accusé, qui a reconnu une relation sexuelle avec la plaignante, conteste toute contrainte et assure que cette dernière était consentante. Ce dossier, initialement prévu en fin d’année 2025, avait été reporté faute de nouvelles de l’accusé.
Ce qu'il faut retenir
- L’accusé, Joey Mawson, est poursuivi pour deux viols présumés commis en 2019 dans la maison de Michael Schumacher à Gland, en Suisse.
- Il reconnaît une relation sexuelle mais nie toute contrainte, affirmant que la plaignante était consentante malgré son état d’ébriété.
- La plaignante, ancienne infirmière de Michael Schumacher, assure avoir été inconsciente lors des faits et cite deux témoins confirmant son malaise lié à l’alcool.
- Le procureur a requis une peine de 4 ans de prison et une interdiction de territoire de 10 ans contre l’accusé, mais sans qualification de viol en raison d’un vice juridique.
- La défense conteste les accusations et avance que la plaignante aurait elle-même invité l’accusé dans sa chambre avant les faits.
- Le tribunal de Nyon devrait rendre son verdict d’ici le vendredi 6 juin 2026.
Un procès reporté à deux reprises avant son ouverture
Ce procès, initialement annoncé pour la fin de l’année 2025, avait été ajourné en raison de l’absence de nouvelles concernant l’accusé, Joey Mawson. Selon RMC Sport, l’homme de 30 ans, pilote australien de F3 reconverti dans les compétitions locales, a finalement été présent à l’audience d’ouverture ce mardi à Nyon. L’accusé, ami de Mick Schumacher, le fils de l’ancien champion de F1, avait l’habitude de séjourner dans la maison familiale pendant les compétitions en Europe afin d’éviter les longs trajets vers l’Océanie.
Les faits remontent à une soirée en 2019 dans la résidence de Gland. La plaignante, alors infirmière de Michael Schumacher depuis son accident de ski en 2013, aurait été retrouvée inconsciente par deux témoins en raison d’une consommation excessive d’alcool. Après l’avoir raccompagnée dans sa chambre, Joey Mawson serait revenu plus tard pour abuser d’elle alors qu’elle gisait, habillée et incapable de réagir, selon les éléments présentés par le procureur.
Des messages compromettants et une défense en bloc
Le procureur présente un dossier « accablant » et souligne que l’accusé aurait confirmé ces actes à demi-mots dans une série de messages échangés sur les réseaux sociaux. Ces éléments, ainsi que le récit des témoins, constituent les principales preuves retenues par l’accusation. « Ce n’est pas parce qu’une femme s’amuse, boit des verres, s’ouvre à l’autre qu’elle se donne à un homme qui peut en faire ce qu’il veut et assouvir ses fantasmes », a réagi l’avocat de la plaignante, cité par 24 Heures et relayé par RMC Sport.
Côté défense, Joey Mawson et son équipe rejettent en bloc les accusations. Ils affirment que la plaignante n’a pas quitté la soirée en état d’ébriété, mais aurait au contraire flirté avec l’accusé avant de l’inviter dans sa chambre, où elle se serait jetée sur lui. Une stratégie de défense qualifiée de « sèchement critiquée » par l’avocat de la victime présumée, qui dénonce une tentative de discrédit systématique.
Un vice juridique limite la qualification des faits
Malgré les éléments présentés, le procureur n’a pas retenu la notion de viol en raison d’un vice juridique. Comme l’explique RMC Sport, les faits présumés se sont déroulés sous l’ancien Code pénal suisse, qui exigeait une forme de contrainte pour qualifier un viol. Dans ce cas précis, la justice helvétique se concentre donc sur un acte sexuel commis sur une personne « incapable de discernement ou de résistance », une notion qui diffère de la qualification actuelle de viol.
Cette subtilité juridique a conduit le procureur à requérir une peine de 4 ans de prison et une interdiction de territoire de 10 ans pour l’accusé, sans pour autant retenir l’accusation de viol. Une décision qui illustre la complexité des procédures judiciaires dans les affaires de mœurs, où la preuve du consentement ou de son absence peut s’avérer déterminante.
Une procédure parallèle contre la famille Schumacher
Indépendamment de ce procès, l’ex-infirmière de Michael Schumacher est engagée dans une procédure aux Prud’hommes contre la famille Schumacher. Elle conteste son licenciement après plusieurs années de soins prodigués à l’ancien champion, victime d’un grave accident de ski en 2013. Bien que la famille Schumacher ne soit aucunement impliquée dans ce procès pour viol, l’accusé a confirmé avoir alerté Mick Schumacher des accusations portées contre lui dès 2021. Cette affaire privée, distincte des faits jugés à Nyon, vise à contester la rupture de son contrat de travail.
La plaignante espère obtenir gain de cause dans ces deux procédures, mais son avocat a précisé qu’elles sont menées de manière indépendante. « Elle attend une reconnaissance de ses droits, que ce soit dans l’affaire pénale ou dans sa procédure aux Prud’hommes », a-t-il souligné.
Ce procès, qui se déroule dans un contexte de forte médiatisation, rappelle les enjeux liés aux affaires de violences sexuelles, où la preuve du consentement ou de son absence reste au cœur des débats judiciaires. Les prochains jours seront déterminants pour les parties en présence, et pour la plaignante en particulier, qui attend une reconnaissance de ses droits après des années de silence.
Le procureur n’a pas retenu la qualification de viol en raison d’un vice juridique lié à l’ancien Code pénal suisse en vigueur au moment des faits. Celui-ci exigeait une forme de contrainte pour qualifier un viol, une notion plus restrictive que celle en vigueur aujourd’hui. Les faits présumés sont donc jugés sous l’angle d’un acte sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance.
Joey Mawson est un ami de Mick Schumacher, le fils de l’ancien champion de F1 Michael Schumacher. Il était régulièrement invité à séjourner dans la maison familiale à Gland pendant les compétitions en Europe, afin d’éviter des allers-retours entre l’Australie et la Suisse.