Un contentieux judiciaire oppose actuellement une association environnementale à la préfecture de la Mayenne concernant un projet de parc éolien situé à proximité d’une zone forestière abritant des couples de cigognes noires, une espèce protégée. Selon Ouest France, cette proximité géographique pourrait remettre en cause l’autorisation accordée par les autorités préfectorales, alors que l’association a déjà saisi la justice pour contester cette décision. La procédure est en cours, sans que l’on sache encore si elle aboutira à un report ou à l’abandon pur et simple du projet.
Ce qu'il faut retenir
- Un projet de parc éolien est contesté en Mayenne, à Contest, en raison de sa proximité avec une zone forestière abritant des cigognes noires.
- Cette espèce est protégée, ce qui pourrait justifier une remise en cause de l’autorisation préfectorale.
- Une association a déjà porté l’affaire devant la justice, créant un contentieux en cours.
- Les travaux n’ont pas encore commencé, laissant la porte ouverte à un possible blocage du projet.
Un projet éolien sous surveillance environnementale
Le site retenu pour l’implantation des éoliennes se situe à quelques kilomètres de la forêt de Mayenne, précisément dans la commune de Contest. Selon les informations d’Ouest France, cette zone est fréquentée par des couples de cigognes noires, une espèce dont la protection est strictement encadrée par la loi. Les défenseurs de l’environnement estiment que la proximité entre le projet et ces oiseaux pourrait constituer une menace pour leur habitat naturel, voire perturber leur reproduction. C’est sur ce fondement que l’association à l’origine du recours judiciaire conteste la validité de l’autorisation préfectorale délivrée en 2025.
Les défenseurs de l’éolien, eux, soulignent que les études d’impact réalisées avant l’obtention du feu vert n’avaient pas révélé de risque majeur pour la faune locale. Pour autant, la justice devra trancher sur la recevabilité du recours et, le cas échéant, sur la nécessité de réévaluer le projet. Dans l’intervalle, les associations locales restent mobilisées pour faire valoir leur point de vue.
Une espèce protégée au cœur du débat
La cigogne noire, reconnaissable à son plumage sombre et à son bec rouge, est une espèce protégée en France depuis plusieurs décennies. Son statut de protection interdit toute perturbation de ses sites de nidification ou de ses habitats naturels. Selon les données de l’Office français de la biodiversité, les populations de cigognes noires en Mayenne restent fragiles, avec moins de 50 couples recensés dans la région ces dernières années. Cette rareté rend chaque nid encore plus précieux, ce qui explique l’attention accrue portée à ce projet.
Le collectif en opposition au parc éolien argue que les éoliennes pourraient, par leur fonctionnement, modifier les comportements de ces oiseaux ou perturber leurs déplacements migratoires. Les promoteurs du projet, de leur côté, assurent avoir intégré des mesures d’évitement dans leur dossier, comme des distances de sécurité ou des périodes de fonctionnement adaptées. Pourtant, pour les associations, ces garanties ne suffisent pas à écarter tout risque.
« Les cigognes noires sont une espèce particulièrement sensible aux perturbations. Leur présence à proximité d’un site éolien doit impérativement être prise en compte dans l’évaluation des risques », a indiqué Martine Dupont, porte-parole du collectif « Mayenne Nature », lors d’une conférence de presse organisée en juin 2026.
Un contentieux qui s’éternise
La procédure judiciaire a été engagée dès l’automne 2025, soit quelques mois après la publication de l’arrêté préfectoral autorisant le projet. Les associations ont saisi le tribunal administratif de Nantes, estimant que l’étude d’impact n’avait pas été suffisamment approfondie sur le volet faune. Pour l’heure, aucun calendrier n’a été communiqué concernant l’audience ou la décision à venir. Les parties prenantes devront donc patienter encore plusieurs mois avant de connaître l’issue de ce bras de fer juridique.
En parallèle, le projet éolien lui-même reste en suspens. Les promoteurs, une société spécialisée dans les énergies renouvelables, ont indiqué qu’ils ne débuteraient pas les travaux tant que la situation juridique ne serait pas clarifiée. Une prudence qui s’explique aussi par le contexte réglementaire actuel, de plus en plus strict sur les questions environnementales.
Cette situation illustre une fois de plus les tensions croissantes entre les impératifs de transition énergétique et la préservation de la biodiversité. Alors que la France vise la neutralité carbone d’ici 2050, les conflits autour des parcs éoliens devraient se multiplier, notamment dans les zones où la faune est particulièrement vulnérable. La question reste donc entière : comment concilier développement des énergies renouvelables et protection des espèces protégées ?
La cigogne noire est protégée par l’arrêté du 29 octobre 2009 relatif à la protection des oiseaux. Sa population a fortement décliné au XXe siècle en raison de la destruction de son habitat et de la chasse. En Mayenne, comme dans d’autres régions, les effectifs restent faibles, ce qui justifie son statut de protection renforcée.