Chaque jour en France, près de 200 femmes meurent d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral (AVC), selon Franceinfo - Politique. Ces chiffres, qui placent les maladies cardiovasculaires comme la deuxième cause de mortalité chez les femmes après les cancers, soulignent l’urgence d’une prise en charge adaptée à chaque étape de leur vie. C’est dans ce contexte qu’un ancien ministre de la Santé, député Les Républicains et cardiologue, Yannick Neuder, présente ce mardi 7 avril 2026 une proposition de loi visant à rendre systématique le dépistage de ces pathologies lors des bilans de prévention. Une mesure qui s’adresse particulièrement aux femmes, dont les facteurs de risque évoluent avec le temps et nécessitent un suivi médical renforcé.
Ce qu'il faut retenir
- Une proposition de loi portée par Yannick Neuder, cardiologue et député LR, prévoit d’intégrer le dépistage cardiovasculaire obligatoire dans les bilans de prévention féminins.
- Les maladies cardiovasculaires représentent la deuxième cause de mortalité chez les femmes en France, avec 400 décès quotidiens, dont la moitié concernent des femmes.
- Les femmes sont exposées à des facteurs de risque spécifiques : puberté (SOPK, endométriose), contraception (risques liés aux antécédents familiaux ou au tabagisme), grossesse (diabète gestationnel, pré-éclampsie), et ménopause (chute des œstrogènes).
- Les jeunes femmes sont de plus en plus touchées en raison de l’augmentation du tabagisme et de l’obésité.
Des risques cardiovasculaires qui s’aggravent avec l’âge et les étapes de la vie féminine
Les femmes ne sont pas épargnées par les maladies cardiovasculaires, bien au contraire. Selon Franceinfo - Politique, elles en sont victimes de plus en plus jeunes, notamment en raison de facteurs hormonaux et de modes de vie qui les exposent davantage que les hommes à certaines pathologies. « Les femmes présentent des facteurs de risque dès la puberté », rappelle la cardiologue Stéphane Manzo-Silberman, exerçant à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Ces risques, souvent méconnus, s’accumulent tout au long de la vie et justifient un suivi médical adapté à chaque période clé.
La puberté marque le début de cette vulnérabilité accrue. « Il y a le moment de la puberté, avec l’émergence des pathologies féminines comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou l’endométriose », explique la spécialiste. Ces affections, bien que bénignes dans la plupart des cas, augmentent significativement le risque d’événements cardiovasculaires à long terme. La contraception, autre étape charnière, ajoute une couche de complexité : certaines méthodes sont contre-indiquées en présence de facteurs de risque comme le tabagisme ou des antécédents familiaux. « Il faut bien choisir la contraception », insiste Stéphane Manzo-Silberman, soulignant l’importance d’un bilan personnalisé avant toute prescription.
La grossesse et la ménopause, des périodes à haut risque sous-estimées
La grossesse représente une période particulièrement critique pour le cœur des femmes. Certaines complications, comme le diabète gestationnel ou la pré-éclampsie, laissent des séquelles durables sur le système cardiovasculaire. « La grossesse est également un moment particulier avec ses complications », souligne la cardiologue. Ces antécédents doivent impérativement être pris en compte lors des bilans ultérieurs, car ils multiplient les risques de maladies cardiovasculaires dans les années qui suivent l’accouchement.
Avec la ménopause, l’organisme féminin subit un bouleversement hormonal majeur : la chute brutale des œstrogènes, hormones protectrices du cœur, expose les femmes à un risque accru. « Quand les œstrogènes protecteurs chutent brutalement », précise Stéphane Manzo-Silberman, « il faut surveiller les femmes de près ». Ce changement marque souvent le passage vers une vulnérabilité cardiovasculaire comparable à celle des hommes, voire supérieure dans certains cas. Pourtant, cette période est encore trop souvent négligée dans les stratégies de prévention.
Un tabagisme et une obésité en hausse chez les jeunes femmes
Autant dire que le tableau se complexifie avec l’évolution des modes de vie. Les jeunes femmes sont désormais de plus en plus concernées par les maladies cardiovasculaires, en raison notamment de l’augmentation du tabagisme et de l’obésité. Ces deux facteurs, combinés à une sédentarité croissante, accélèrent le développement de l’athérosclérose et augmentent la probabilité d’infarctus ou d’AVC avant 50 ans. « Les jeunes femmes sont de plus en plus concernées à cause du tabac et de l’obésité », confirme la source, qui rappelle que ces comportements s’ajoutent aux facteurs hormonaux déjà identifiés.
Cette tendance inquiétante s’inscrit dans un contexte plus large : les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité chez les femmes dans le monde, devant même certains cancers. En France, leur impact est d’autant plus marqué que leur détection tardive aggrave souvent le pronostic. D’où l’importance, selon Yannick Neuder, de systématiser le dépistage à des moments précis de la vie féminine, afin d’anticiper les risques et d’adapter les traitements.
Reste à voir si cette initiative parviendra à inverser la tendance, alors que les campagnes de prévention ciblent encore trop souvent les hommes, considérés à tort comme les principales victimes des maladies cardiovasculaires. Une prise de conscience s’impose, et vite.
Selon Franceinfo - Politique, les femmes sont exposées à des facteurs de risque liés à leur vie reproductive : syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), endométriose, choix de la contraception (surtout en cas de tabagisme ou d’antécédents familiaux), complications de la grossesse (diabète gestationnel, pré-éclampsie), et chute des œstrogènes à la ménopause. À cela s’ajoutent des facteurs comportementaux comme le tabagisme et l’obésité, en hausse chez les jeunes femmes.
