Avec l'arrivée des beaux jours, les Français doivent composer avec une exposition aux ultraviolets (UV) de plus en plus présente, y compris en milieu urbain. Selon Franceinfo - Culture, une étude publiée en avril 2026 par le bureau de style Nelly Rodi en collaboration avec la marque Aigle révèle une mutation des comportements : la protection solaire ne se limite plus à la crème, mais intègre désormais le vêtement comme un allié indispensable. Cette approche globale, baptisée « sun protection layering », combine plusieurs niveaux de défense contre les rayons UVA et UVB, reflétant une prise de conscience croissante des risques liés au soleil.
Ce qu'il faut retenir
- Une protection solaire désormais intégrée aux vêtements : des marques comme Aigle, Uniqlo ou Décathlon proposent des collections certifiées UPF 50+, bloquant jusqu'à 98 % des UV.
- Une nouvelle génération de consommateurs : les jeunes générations en Europe adoptent une perception plus préventive du bronzage, inspiré par les standards asiatiques.
- L'émergence du « carewear » : une tendance lifestyle où le vêtement allie esthétique, confort et protection solaire intégrée, répondant aux obsessions de bien-être et de durabilité.
- Des technologies innovantes : tissus Cooltouch, Dry-Fast ou filtres solaires brevetés transforment l'expérience vestimentaire sous le soleil.
- Une offre diversifiée : des marques comme RoDa Smart Swimwear ou Gaiabela misent sur des matériaux recyclés et des designs adaptés aux peaux sensibles.
Le vêtement, nouveau pilier de la protection solaire
Longtemps cantonnée à l'application de crèmes, la lutte contre les UV s'enrichit aujourd'hui d'une dimension vestimentaire. Selon l'étude « Quand la protection solaire passe aussi par le vêtement », réalisée par Nelly Rodi et Aigle, les Français adoptent progressivement des réflexes plus complets. « Le vêtement est l'un des outils dont nous disposons pour nous protéger, aux côtés de la crème solaire et des comportements adaptés. Sa grande force : on l'enfile et on n'y pense plus – et lorsqu'il est bien conçu, il offre une protection durable », explique Léa Pateras-Pescara, docteure en pharmacie, citée dans le rapport.
Cette évolution s'inscrit dans un contexte où la chaleur est de plus en plus vécue comme une contrainte, même si le soleil reste associé au bien-être et à la liberté. Pourtant, une majorité de Français connaît les risques liés aux UV, sans pour autant adopter des protections systématiques. L'étude souligne ainsi un paradoxe : si les risques sont identifiés, les comportements restent irréguliers et contextuels. Le vêtement, lui, offre une solution passive et durable, intégrée à la routine quotidienne.
L'Europe s'inspire des standards asiatiques
Si les vêtements anti-UV sont depuis des décennies un accessoire lifestyle en Asie, cette tendance commence à s'imposer en Occident. Les jeunes générations, en particulier, voient désormais dans la peau préservée un marqueur de soin et de conscience environnementale. « Après un siècle au cours duquel le bronzage symbolisait vitalité et réussite, la peau protégée devient progressivement un symbole de prévention », analyse l'étude. Ce changement de paradigme se traduit par l'émergence du « carewear », une innovation textile qui fusionne esthétique, fonctionnalité et protection solaire.
Les marques l'ont bien compris : elles misent sur des designs modernes et des technologies discrètes pour convaincre. Par exemple, la collection SolarPack d'Aigle, lancée en avril 2026, propose 23 pièces certifiées UPF 50+, avec des matières réfléchissantes ou absorbantes pour bloquer les UV. Ses vêtements intègrent aussi des technologies comme Cooltouch, qui donne une sensation de fraîcheur au contact de la peau, ou Dry-Fast, pour un séchage rapide. « La veste SolarPack se plie et se déplie façon origami pour disparaître dans sa capuche, déperlante et respirante, adaptée aussi bien à l'outdoor qu'à l'urbain », précise la marque.
Des solutions pour tous les usages et tous les budgets
L'offre s'étoffe pour répondre aux besoins variés des consommateurs. Chez Uniqlo, les vêtements à protection UV (vestes, leggings, pantalons) bloquent plus de 90 % des rayons grâce à des fibres réfléchissantes ou absorbantes. La marque japonaise mise sur des matières innovantes pour allier protection et légèreté, avec des indices UPF allant jusqu'à 40+ selon les normes européennes. « Les UV sont absorbés ou réfléchis par les fibres, créant une barrière efficace entre la peau et le soleil », explique Uniqlo sur son site.
Décathlon propose quant à lui des t-shirts certifiés UPF 50+, conçus pour rester performants même mouillés. Leur tissu en polyester et élasthanne, au tissage ultra-serré, filtre 98 % des UVB et 95 % des UVA. « Ces vêtements sont idéaux pour les activités en extérieur, où la protection doit être constante », indique la marque. De son côté, Ker Sun mise sur des chemises et casquettes certifiées UPF 50+, testées selon les normes européennes et sans filtres chimiques. Leur protection est mécanique, intégrée directement au textile pour une efficacité durable.
L'écoresponsabilité au cœur des innovations
Plusieurs marques intègrent désormais des critères de durabilité dans leurs collections anti-UV. C'est le cas de RoDa Smart Swimwear, fondée par Irina Rubinshtein, une entrepreneuse et mère de quatre enfants. Ses maillots de bain, confectionnés en Lituanie, allient protection UV brevetée, matériaux recyclés (comme Econyl) et designs artistiques. « Nos collections sont conçues pour bronzer tout en protégeant la peau et les océans », souligne la marque. En collaboration avec des artistes françaises comme Tiffany Cooper ou Lola Mathé, RoDa Smart Swimwear propose des pièces limitées, mêlant performance et engagement environnemental.
Gaiabela, une marque française basée à Thonon-les-Bains, est née d'un besoin personnel : sa fondatrice, Kelly, a créé des maillots anti-UV pour son enfant souffrant d'eczéma atopique, rendant certaines crèmes solaires inutilisables. Ses modèles, certifiés UPF 50+ et Oeko-Tex, sont fabriqués en Italie à partir de tissus recyclés. « L'objectif est de proposer des vêtements confortables et protecteurs, sans compromis sur la santé de la peau », explique la créatrice. Enfin, Vilebrequin mise sur des t-shirts anti-UV au design élégant, inspirés des imprimés iconiques de la maison, comme ses célèbres tortues. Manches longues ou courtes, ces pièces s'adaptent aussi bien à la plage qu'à la ville.
Une chose est sûre : l'été 2026 pourrait bien marquer un tournant dans nos habitudes. Entre bien-être, durabilité et prévention, le vêtement s'affirme comme un allié clé face au soleil. À condition, bien sûr, de ne pas oublier la crème solaire…
L'UPF (Ultraviolet Protection Factor) mesure l'efficacité d'un tissu à bloquer les rayons UVA et UVB. Plus l'indice est élevé, meilleure est la protection. Par exemple, un vêtement UPF 50+ bloque 98 % des UV, contre 93 % pour un UPF 40+. Cet indice est crucial car il permet de comparer objectivement les protections offertes par les différents textiles, contrairement aux crèmes solaires où le SPF dépend de la quantité appliquée et du renouvellement.
Oui, plusieurs marques proposent des collections spécialement conçues pour les enfants. Par exemple, Gaiabela a été créée pour répondre aux besoins d'un enfant souffrant d'eczéma, tandis que RoDa Smart Swimwear propose des maillots de bain adaptés aux plus jeunes. Ces vêtements sont souvent certifiés UPF 50+ et conçus avec des matières douces pour les peaux sensibles. Cependant, il est toujours recommandé de compléter avec une crème solaire pour les zones non couvertes.