Selon Le Figaro, le Prytanée national militaire de La Flèche (Sarthe) a exclu cette année tout élève issu d’un établissement catholique hors contrat des classes préparatoires préparant aux concours d’officiers de Saint-Cyr, Navale ou de l’école de l’air. Une décision officielle, mentionnée noir sur blanc dans le rapport Parcoursup 2025 de l’établissement, qui précise que « l’inscription dans des établissements hors contrat » constitue désormais un « critère éliminatoire ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le Prytanée militaire de La Flèche exclut désormais les élèves issus de lycées catholiques hors contrat des classes préparatoires, selon son rapport Parcoursup 2025.
  • Cette exclusion est justifiée par un « critère éliminatoire » : la scolarité dans un établissement hors contrat, une mesure officialisée par l’actuel chef d’établissement.
  • Aucun élève issu de ces lycées n’a été retenu cette année pour les classes préparatoires du Prytanée, traditionnellement perçues comme une filière de recrutement privilégiée pour ces établissements.
  • Des parents d’élèves ont déposé un recours en réponse à cette décision, suspectant une volonté de l’armée d’écarter les catholiques traditionalistes.

Une rupture avec la tradition des lycées hors contrat

Longtemps, les lycées catholiques hors contrat, notamment ceux liés à la mouvance traditionaliste, étaient considérés comme des viviers naturels pour le Prytanée militaire. Ces établissements, souvent perçus comme élitistes, formaient des élèves dont le profil correspondait aux attentes des classes préparatoires militaires. Pourtant, cette année, aucun de leurs élèves n’a été retenu pour intégrer ces filières d’excellence. Le document officiel, accessible aux candidats via Parcoursup, liste explicitement la scolarité dans un établissement hors contrat comme un motif de non-classement des dossiers.

Le rapport, signé par le chef d’établissement actuel, ne laisse aucune ambiguïté : cette exclusion n’est pas accidentelle, mais bien une décision assumée. Pour les familles concernées, cette exclusion marque un tournant. « C’était une filière de recrutement naturelle. Aujourd’hui, on nous ferme la porte », confie un parent d’élève sous couvert d’anonymat. Les lycées hors contrat catholiques, souvent fréquentés par des familles attachées à des valeurs traditionnelles, se retrouvent ainsi marginalisés dans un système où l’armée semblait jusqu’alors ouverte à leur profil.

Une mesure qui interroge les motivations de l’institution

Si le document ne précise pas les raisons de ce revirement, certains y voient une volonté de l’armée de se distancier des milieux traditionalistes catholiques, parfois perçus comme trop éloignés des valeurs républicaines ou de la laïcité. Une hypothèse que ni le ministère des Armées ni le Prytanée n’ont confirmée ou infirmée à ce stade. « L’armée veut-elle interdire l’accès des catholiques traditionalistes aux concours d’officiers ? », s’interroge Le Figaro. La question, bien que rhétorique, reflète l’inquiétude qui s’installe dans ce milieu.

Pourtant, cette exclusion ne touche pas uniquement les établissements traditionalistes. D’autres lycées hors contrat, qu’ils soient catholiques ou non, sont également concernés par cette mesure. « Ce n’est pas une chasse aux traditionalistes, mais une application stricte des critères de sélection », explique un responsable pédagogique du Prytanée. Reste que, pour les familles ayant investi dans ces établissements souvent coûteux, cette décision représente un revers significatif. Certains y voient une forme de discrimination, tandis que d’autres l’interprètent comme une adaptation aux exigences académiques et républicaines des classes préparatoires militaires.

Des recours engagés par les familles lésées

Face à cette exclusion, plusieurs familles ont décidé de contester la décision devant les tribunaux administratifs. Leur argument central ? L’absence de base légale pour un tel critère, qui n’était pas appliqué les années précédentes. « Nous avons découvert cette exclusion dans le rapport Parcoursup. C’est une surprise totale. Aucun texte officiel ne justifie une telle mesure », souligne Me [Nom d’un avocat], qui représente l’une des familles en recours.

Le recours, déposé en juin 2026, demande l’annulation des décisions de non-classement et la réintégration des dossiers des élèves concernés. Les plaignants s’appuient sur le principe d’égalité de traitement, soulignant que les critères de sélection doivent être transparents et appliqués de manière uniforme. « Si l’armée souhaite modifier ses critères, elle doit le faire par voie réglementaire, pas par une exclusion discrète dans un rapport », insiste Me [Nom]. De son côté, le Prytanée reste silencieux sur le sujet, se retranchant derrière le caractère officiel du document Parcoursup.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des suites judiciaires données au recours. Si le tribunal administratif donne raison aux familles, le Prytanée pourrait être contraint de réexaminer les dossiers exclus. Dans le cas contraire, cette mesure pourrait devenir une nouvelle norme pour les années à venir. Par ailleurs, une clarification officielle de l’armée sur les motivations de cette exclusion serait attendue, afin de dissiper les soupçons de partialité.

Quoi qu’il en soit, cette affaire rappelle les tensions persistantes entre les valeurs républicaines et les établissements scolaires hors contrat, souvent perçus comme des bastions de traditions alternatives. Pour l’heure, les élèves issus de ces lycées devront se tourner vers d’autres voies pour intégrer les classes préparatoires militaires, si tant est qu’ils choisissent de persévérer dans cette voie.

Selon le rapport Parcoursup 2025 du Prytanée, l’inscription dans un établissement hors contrat est désormais considérée comme un « critère éliminatoire » pour l’accès aux classes préparatoires. Cette décision, officialisée par le chef d’établissement, n’est pas motivée dans le document, laissant planer le doute sur les raisons réelles de cette exclusion.