Depuis plusieurs années, le Paris Saint-Germain a souvent pointé du doigt des décisions arbitrales jugées défavorables, notamment en Ligue des champions. Pourtant, depuis l'arrivée de Luis Enrique en 2023, les reproches se sont faits plus rares. Une situation qui interroge, alors que la presse allemande a récemment pointé deux décisions contestées en faveur du club parisien lors de la demi-finale retour face au Bayern Munich. Selon RMC Sport, cette évolution pourrait s'expliquer par une combinaison de facteurs, dont la gestion de l'image du club sur et en dehors du terrain.

Ce qu'il faut retenir

  • Le PSG a subi pendant des années des décisions arbitrales controversées en Ligue des champions, comme lors de la « remontada » contre le Barça en 2017 ou la main de Presnel Kimpembe en 2019 contre Manchester United.
  • Depuis deux saisons, les critiques à l'encontre des arbitres se sont raréfiées, au point que la presse allemande évoque désormais un arbitrage favorable au club parisien.
  • Deux décisions contestées ont été signalées lors du match Bayern Munich-PSG (1-1) du 6 mai 2026 : un deuxième carton non distribué à Nuno Mendes et un penalty non sifflé pour une main de Joao Neves.
  • L'arrivée de Luis Enrique en 2023 a marqué un tournant : l'entraîneur et les joueurs évitent désormais toute contestation directe des décisions arbitrales.
  • L'image du PSG, désormais perçue comme celle d'une équipe respectueuse et performante, pourrait jouer en sa faveur selon certains observateurs.

La « remontada » du 8 mars 2017 contre le FC Barcelone reste gravée dans les mémoires comme l'un des épisodes les plus controversés de l'histoire du club. Avec un score de 4-0 à l'aller au Parc des Princes, le PSG semblait promis à sa première qualification en finale de Ligue des champions. Pourtant, le Barça a renversé la tendance en marquant cinq buts en 30 minutes au retour, dont un sur une main de Sergi Roberto non sanctionnée et une faute de Karim Benzema sur Gianluigi Donnarumla dans la surface. Depuis, le club parisien a régulièrement pointé du doigt des décisions arbitrales qu'il jugeait défavorables.

Cependant, depuis trois saisons, les critiques se sont faites plus discrètes. « Depuis deux ans, on a l'impression qu'il n'y a pas un fait de jeu contraire », a déclaré Daniel Riolo, éditorialiste de l'After Foot, lors de l'émission Apolline Matin sur RMC. Cette évolution coïncide avec l'arrivée de Luis Enrique à la tête de l'équipe en 2023. L'entraîneur espagnol a imposé une discipline stricte : ni lui ni ses joueurs ne contestent les décisions arbitrales en match, à l'exception notable du capitaine Marquinhos. Une attitude qui tranche avec le passé, marqué par des joueurs comme Marco Verratti, souvent sanctionnés pour contestation.

Cette nouvelle posture a pu donner l'impression que le PSG bénéficiait d'un arbitrage plus clément. Un sentiment renforcé par les résultats sportifs et le style de jeu adopté par le club. « Dans le foot, il y a toujours eu des périodes de dominance », analyse Daniel Riolo. « C'est un peu irrationnel, mais c'est comme si l'univers du football, et donc les arbitres, se soumettaient psychologiquement à l'équipe qui gagne et qui est sympa. » Le PSG, longtemps critiqué pour son image liée à l'argent qatari, est désormais perçu comme une équipe sympathique et performante.

« Pendant les années noires du PSG – où ça se terminait chaque année par une sorte d'humiliation –, le club a mangé son pain noir avec les décisions arbitrales. Maintenant, ça va mieux. »
— Daniel Riolo, éditorialiste de l'After Foot, sur RMC Sport

Cette perception a été mise en lumière lors de la demi-finale retour de Ligue des champions contre le Bayern Munich, disputée le 6 mai 2026 (1-1). La presse allemande a vivement réagi à deux décisions non prises par l'arbitre : un deuxième carton non distribué à Nuno Mendes à la 29e minute, alors que le joueur portugais avait commis un tacle dangereux, et un penalty non sifflé pour une main de Joao Neves à la 32e minute. Ces choix ont été qualifiés de « très discutables » par les observateurs germaniques, relançant le débat sur l'influence de l'image d'un club sur les décisions arbitrales.

Pour expliquer ce changement, plusieurs facteurs entrent en jeu. D'abord, la gestion de l'image du club par Luis Enrique. Depuis son arrivée, le coach espagnol impose une discipline de fer : pas de contestation, pas de récriminations publiques. Les joueurs, eux aussi, ont adopté cette attitude, évitant les provocations inutiles. « Effectivement depuis deux ans, on a l'impression qu'il n'y a pas un fait de jeu contraire. À chaque fois qu'une décision est prise, elle va dans le sens du PSG », confirme Daniel Riolo.

Ensuite, les performances sportives du club jouent un rôle clé. Le PSG, désormais perçu comme une « machine de guerre » par la presse internationale, affiche un jeu collectif unanimement salué. Cette domination sur le terrain peut influencer la perception des arbitres, comme le suggère Riolo : « Cette équipe dégage de la sympathie alors qu'elle était détestée pendant des années. Le PSG était détesté à cause du Qatar, de l'argent... Les gens disaient : ‘Vous croyez que vous allez gagner comme ça, simplement en étalant les millions ?’ »

Enfin, le contexte historique du club pèse dans la balance. Pendant des années, le PSG a terminé ses parcours européens par des humiliations, souvent liées à des décisions arbitrales controversées. Cette accumulation de mauvaises expériences a pu créer un effet psychologique inverse : l'arbitrage serait désormais plus clément envers le club, comme une forme de réparation symbolique.

Cette tendance soulève cependant des questions sur l'équité sportive. Si l'image d'un club peut influencer les décisions arbitrales, cela remet en cause l'intégrité même de la compétition. « C'est un peu délicat à comprendre », reconnaît Daniel Riolo, « mais c'est comme s'il y avait une soumission psychologique de l'univers du football et donc des arbitres face à l'équipe qui gagne et qui est sympa. »

Et maintenant ?

La finale de Ligue des champions 2026, programmée le 30 mai à Budapest, pourrait apporter des éléments de réponse. Si le PSG parvient à remporter le titre, les critiques sur l'arbitrage s'estomperont peut-être d'elles-mêmes. À l'inverse, une nouvelle controverse pourrait relancer le débat sur l'influence de l'image d'un club sur les décisions arbitrales. Pour l'heure, le club parisien continue de jouer la carte de la discipline, espérant que son attitude irréprochable sur le terrain suffira à convaincre.

Quoi qu'il en soit, cette situation interroge sur l'évolution du football moderne. Dans un sport où chaque détail compte, l'image d'un club peut-elle devenir un atout aussi déterminant que les performances sportives ? La réponse se jouera probablement lors des prochaines éditions de la Ligue des champions, où le PSG tentera de confirmer son nouveau statut de favori.

Lors de ce match (1-1), la presse allemande a critiqué deux décisions non prises par l'arbitre : un deuxième carton non distribué à Nuno Mendes à la 29e minute pour un tacle dangereux, et un penalty non sifflé pour une main de Joao Neves à la 32e minute.

Selon RMC Sport, le PSG subit moins de critiques depuis deux saisons, soit depuis l'arrivée de Luis Enrique en 2023. L'entraîneur et ses joueurs évitent désormais toute contestation directe des décisions arbitrales.