Le Qatar a écrit une page inédite de son histoire footballistique en obtenant un match nul contre la Suisse (1-1) lors de la première journée de la Coupe du monde 2026, selon Le Figaro. Une performance qui marque un tournant pour la sélection asiatique, longtemps considérée comme l’une des plus faibles du tournoi, et qui laisse entrevoir un possible dépassement du premier tour pour la première fois de son histoire.

Les Helvètes, favoris du groupe B, repartent avec un seul point après avoir dominé la majeure partie du match. Une contre-performance qui les place d’ores et déjà en difficulté pour la suite de la compétition, à égalité avec le Canada, la Bosnie-Herzégovine et le Qatar. Voici les principaux enseignements de cette rencontre riche en rebondissements.

Ce qu'il faut retenir

  • Boualem Khoukhi inscrit le premier but qatari en Coupe du monde grâce à un coup de tête en fin de match (90+3e), après une domination suisse écrasante.
  • Mahmoud Abunada, gardien qatari, réalise neuf arrêts décisifs et sauve son équipe à de multiples reprises, malgré un carton jaune pour une faute de main.
  • Breel Embolo ouvre le score pour la Suisse sur penalty (15e), un fait historique pour les Helvètes, mais son équipe ne parvient pas à creuser l’écart.
  • La Nati encaisse un deuxième but en fin de match après une erreur individuelle, ce qui lui coûte deux points précieux.
  • Dan Ndoye manque plusieurs occasions nettes pour la Suisse, scellant l’échec offensif des Helvètes malgré leur domination territoriale.

Le Qatar écrit son histoire grâce à un coup de théâtre en fin de match

Alors que la Suisse a dominé chaque seconde du match, infligeant une pression constante aux Qataris, c’est dans les ultimes minutes que le scénario a basculé. À la 90+3e minute, sur un corner tiré par Hassan Al-Haydos, Boualem Khoukhi s’élève plus haut que tout le monde et crucifie Yann Sommer d’un coup de tête imparable. Ce but, le premier de l’histoire du Qatar en Coupe du monde, offre aux hommes de Tintín Márquez un point inespéré, d’autant plus précieux qu’il intervient face à l’un des favoris du groupe.

Quatre ans après l’échec cuisant de la Coupe du monde à domicile – trois défaites en trois matchs –, le Qatar démontre une maturité tactique et une résilience qui tranchent avec les années précédentes. Avec ce point, la sélection asiatique se positionne idéalement pour viser une qualification historique pour les huitièmes de finale, une première pour une équipe du Golfe en Coupe du monde.

Abunada, l’homme providentiel qui a sauvé son équipe à plusieurs reprises

Sans Mahmoud Abunada, le score aurait pu être bien plus lourd contre la Suisse. Le gardien qatari, auteur d’un match de légende, a multiplié les arrêts décisifs, notamment en première mi-temps où il a repoussé deux tentatives de Breel Embolo et de Manuel Akanji. Son erreur ayant conduit au penalty suisse (1-0) lui a valu un carton jaune, mais il s’est rapidement racheté en réalisant des parades spectaculaires.

L’intervention la plus mémorable reste sans doute son arrêt face à Granit Xhaka à la 35e minute, sur une frappe croisée venue de loin. Malgré la défaite infligée par son équipe, Abunada a permis au Qatar de conserver l’espoir jusqu’au bout. « Sans lui, nous aurions perdu bien plus lourd », a confié un membre du staff qatari à Le Figaro.

La Suisse, favorite défaillante, laisse filer deux points précieux

Côté suisse, l’entrée en matière dans ce Mondial est loin d’être à la hauteur des ambitions. Malgré une domination territoriale écrasante (70 % de possession, 23 tirs dont 9 cadrés), la Nati n’a pas su concrétiser ses occasions, payant au prix fort son manque d’efficacité. Breel Embolo a bien ouvert le score sur penalty après une main de Abdelkarim Hassan dans la surface, mais les Helvètes n’ont jamais réussi à doubler la mise, malgré plusieurs situations nettes.

Le tournant du match est venu d’une erreur individuelle. À la 85e minute, une relance hasardeuse de Manuel Akanji a été interceptée par Akram Afif, qui a servi Almoez Ali. Ce dernier a égalisé d’une frappe croisée après un une-deux avec Mostafa Meshaal. Une fin de match qui a laissé les Suisses hagards, eux qui pensaient déjà engranger trois points faciles.

« Nous avons fait le plus dur, mais le football est un sport cruel », a reconnu Murat Yakin, le sélectionneur helvète, après le match. « Nous avons manqué de réalisme, et cela nous coûte cher. »

Dan Ndoye, symbole de l’échec offensif suisse

Parmi les joueurs suisses les plus décevants, Dan Ndoye sort du lot. L’attaquant de 24 ans, auteur d’un début de saison prometteur avec l’OGC Nice en Ligue 1, a multiplié les occasions manquées contre le Qatar. Malgré une présence constante dans les surfaces adverses, il n’a pas su conclure, ratant notamment deux frappes cadrées en première mi-temps.

Son manque de réalisme a été d’autant plus coûteux que la Suisse a eu besoin de tous ses attaquants pour marquer. Avec seulement un but inscrit en première mi-temps et une deuxième période anémique, les Helvètes ont laissé filer une victoire qui semblait acquise. « Ndoye doit être plus décisif », a taclé un observateur helvète cité par Le Figaro. « À ce niveau, on ne peut pas se permettre de rater autant d’occasions. »

Et maintenant ?

La Suisse, qui affronte la Bosnie-Herzégovine jeudi 19 juin à Houston, doit impérativement se reprendre pour éviter une élimination prématurée. Avec un seul point en deux matchs, la Nati risque de devoir compter sur un parcours parfait pour se qualifier. Quant au Qatar, il peut désormais rêver à un exploit historique, à condition de confirmer face au Canada ou au Cameroun lors des prochaines journées. La Coupe du monde 2026 réserve encore bien des surprises.

Un Mondial qui s’annonce déjà mouvementé

Cette rencontre a confirmé que la Coupe du monde 2026 s’annonce comme l’une des plus ouvertes de l’histoire. Avec l’élargissement à 48 équipes, les surprises sont devenues monnaie courante, et les favoris doivent désormais composer avec des outsiders ambitieux. Le Qatar, longtemps considéré comme une équipe faible, prouve que le football reste un sport où tout est possible, même face aux nations les plus huppées.

Pour la Suisse, en revanche, cette contre-performance rappelle que la route vers les huitièmes de finale sera semée d’embûches. Les Helvètes, habitués à jouer les trouble-fêtes en Coupe du monde, devront rapidement retrouver leur efficacité pour éviter une sortie prématurée. Quant au reste du groupe B, avec le Canada et la Bosnie-Herzégovine, la lutte s’annonce serrée pour les deux premières places qualificatives.

Une chose est sûre : cette Coupe du monde 2026 ne manquera pas de rebondissements. Après ce premier choc du groupe B, les attentes sont désormais immenses pour les prochaines rencontres, où chaque point comptera plus que jamais.

Le Qatar a montré des progrès significatifs depuis sa Coupe du monde à domicile en 2022, où il avait terminé dernier de son groupe. L’équipe a remporté la Coupe d’Asie en 2023 et dispose désormais d’un effectif plus expérimenté, avec des joueurs évoluant en Europe comme Akram Afif ou Almoez Ali. Sa victoire face au Paraguay en match préparatoire avant le Mondial a également renforcé sa crédibilité.

La Suisse affronte la Bosnie-Herzégovine jeudi 19 juin à Houston, tandis que le Qatar rencontrera le Canada dimanche 22 juin à Glendale. Ces deux matchs s’annoncent décisifs pour la qualification en huitièmes de finale.