La société française Quobly, spécialisée dans les ordinateurs quantiques sur silicium, a annoncé ce mercredi 3 juin 2026 une levée de fonds en série A de 115 millions d'euros, selon BFM Business. Cet investissement, l'un des plus importants jamais réalisés dans le secteur du quantique en Europe, vise à accélérer la commercialisation de ses machines, une technologie disruptive pour l'informatique de demain.

Ce qu'il faut retenir

  • Quobly annonce une levée de fonds de 115 millions d'euros en série A, l'une des plus importantes en Europe dans le quantique.
  • Cette opération, menée par la cofondatrice et directrice générale Maud Vinet, permettra de commercialiser des ordinateurs quantiques sur silicium.
  • La technologie développée par Quobly se distingue par l'utilisation du silicium, un matériau plus accessible et moins coûteux que les supraconducteurs traditionnels.
  • Cette levée de fonds intervient dans un contexte de forte concurrence internationale dans le domaine du quantique.
  • Maud Vinet, invitée de l'émission Good Morning Business sur BFM Business, a détaillé les ambitions de l'entreprise lors de cette annonce.

Une levée de fonds historique pour Quobly

Quobly, startup française fondée en 2023, vient de réaliser l'une des plus importantes levées de fonds en série A jamais enregistrées en Europe dans le secteur des technologies quantiques. Les 115 millions d'euros levés permettront à l'entreprise de passer à l'étape suivante de son développement : la commercialisation de ses ordinateurs quantiques sur silicium. Cette technologie, basée sur un matériau abondant et moins coûteux que les supraconducteurs utilisés par la plupart de ses concurrents, pourrait bien révolutionner l'industrie.

Maud Vinet, cofondatrice et directrice générale de Quobly, s'est exprimée sur cette levée de fonds lors de son passage dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Elle a souligné que ces fonds serviraient notamment à renforcer les équipes de recherche et développement, à finaliser les prototypes et à préparer l'industrialisation des machines. « Ce tour de table nous donne les moyens de concrétiser notre vision : rendre le quantique accessible et performant pour un large éventail d'applications industrielles », a-t-elle déclaré.

Le silicium, une alternative prometteuse au quantique traditionnel

Contrairement aux ordinateurs quantiques développés par des acteurs comme IBM ou Google, qui utilisent des supraconducteurs refroidis à des températures proches du zéro absolu, Quobly mise sur une approche différente : l'exploitation des propriétés quantiques du silicium. Ce matériau, largement utilisé dans l'industrie microélectronique, présente plusieurs avantages. Il est moins coûteux, plus facile à produire à grande échelle, et compatible avec les infrastructures existantes.

Cette technologie pourrait ainsi démocratiser l'accès au calcul quantique, un domaine actuellement réservé à une poignée d'acteurs capables d'investir des milliards dans des infrastructures cryogéniques. « Le silicium est un atout majeur pour notre approche, car il nous permet de réduire les coûts et d'accélérer le temps de mise sur le marché », a expliqué Maud Vinet. La levée de fonds de 115 millions d'euros devrait ainsi permettre à Quobly de tester ses premières machines auprès de partenaires industriels dès 2027.

Un secteur en pleine effervescence, mais encore immature

Le marché du quantique connaît une croissance exponentielle depuis quelques années, avec des investissements publics et privés en forte hausse. L'Union européenne, par exemple, a lancé en 2023 un ambitieux programme de 1 milliard d'euros pour soutenir les acteurs du secteur. Cependant, malgré ces avancées, l'informatique quantique reste un domaine encore très expérimental, où les applications commerciales se font encore attendre.

Quobly se positionne donc sur un créneau porteur, mais risqué. La startup devra prouver que sa technologie sur silicium est viable à grande échelle et capable de rivaliser avec les solutions développées par des géants comme IBM, Google ou les chinois de Baidu. Maud Vinet a d'ailleurs rappelé lors de son intervention que la concurrence internationale était féroce : « Nous évoluons dans un écosystème où les acteurs chinois et américains investissent massivement. Notre atout, c'est notre approche pragmatique et notre capacité à industrialiser rapidement nos solutions. »

Des applications industrielles déjà en vue

Si les ordinateurs quantiques sont souvent associés à des usages futuristes comme la cryptographie ou la simulation moléculaire, Quobly cible en priorité des applications industrielles plus concrètes. Parmi elles, l'optimisation des chaînes logistiques, la modélisation de matériaux innovants ou encore la résolution de problèmes complexes en chimie et en biologie.

« Notre objectif n'est pas de remplacer les supercalculateurs classiques, mais de proposer des solutions complémentaires pour des problèmes que ces machines ne peuvent pas résoudre aujourd'hui », a précisé Maud Vinet. La startup collabore déjà avec plusieurs acteurs du secteur de la chimie et de la pharmacie pour tester ses premiers prototypes.

Cette levée de fonds devrait également permettre à Quobly de renforcer ses effectifs. La société, qui emploie déjà une centaine de personnes, prévoit d'embaucher plusieurs dizaines d'ingénieurs et de chercheurs d'ici à 2027, principalement en France et en Europe.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Quobly consistera à finaliser ses prototypes et à les tester auprès de partenaires industriels d'ici à la fin de l'année 2026. Si ces tests s'avèrent concluants, la startup pourrait lancer une première gamme commerciale dès 2027. Parallèlement, l'entreprise devra affronter une concurrence accrue, notamment de la part des acteurs chinois, qui ont déjà annoncé des investissements massifs dans le quantique sur silicium. Enfin, le succès de cette levée de fonds dépendra aussi de la capacité de Quobly à convaincre les investisseurs de la viabilité à long terme de sa technologie, alors que le secteur reste encore très volatile.

Dans un secteur où les promesses sont souvent plus nombreuses que les réalisations concrètes, Quobly devra donc prouver en un temps record que ses ordinateurs quantiques sur silicium ne sont pas qu'une idée de laboratoire, mais une solution industrielle d'avenir. Une course contre la montre qui s'annonce tout aussi passionnante que risquée.

Contrairement à la plupart de ses concurrents, qui utilisent des supraconducteurs refroidis à des températures proches du zéro absolu, Quobly mise sur une technologie basée sur le silicium. Ce matériau, largement utilisé dans l'industrie microélectronique, est moins coûteux, plus facile à produire à grande échelle et compatible avec les infrastructures existantes. Cette approche pourrait ainsi démocratiser l'accès au calcul quantique.