Un rapport récent met en lumière une augmentation préoccupante des actes racistes subis par le personnel médical au sein du National Health Service (NHS), le système de santé public britannique. Selon Courrier International, une enquête menée en 2025 auprès des membres de la Society of Radiographers révèle que 9,26 % du personnel a déclaré avoir été victime de discrimination au travail cette année-là. Ce chiffre marque une progression par rapport aux 8,38 % enregistrés en 2022 et aux 7,91 % de 2021.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 9,26 % du personnel de l’imagerie médicale britannique a subi des discriminations, contre 8,38 % en 2022 et 7,91 % en 2021, selon la Society of Radiographers.
  • Certains professionnels déclarent se sentir contraints d’accepter des remarques racistes comme une « fatalité » de leur métier.
  • Les patients sont à l’origine de comportements discriminatoires, allant d’insultes à des refus de soins basés sur l’origine ethnique.
  • Les médias britanniques, dont Sky News et The Telegraph, ont relayé ces témoignages, qualifiant la situation de « hausse choquante ».
  • L’enquête souligne un climat de travail où certains soignants intériorisent les discriminations comme inévitables.

Des témoignages accablants au cœur du NHS

Les exemples de comportements racistes rapportés par les professionnels de santé sont nombreux et variés. Selon l’enquête citée par Courrier International, des patients n’hésitent pas à qualifier le personnel médical de « sales étrangers ». D’autres vont jusqu’à traiter des collègues de « singes », illustrant l’ampleur des discriminations verbales. Un cas particulièrement frappant concerne un couple avec une femme enceinte, dont le mari a refusé qu’elle soit examinée par un échographiste en invoquant qu’il ne voulait pas que « quelqu’un ayant une quelconque origine ethnique touche sa femme ».

Ces situations, bien que minoritaires en apparence, reflètent une réalité que certains soignants décrivent comme un « quotidien » difficile à supporter. Les témoignages recueillis par la Society of Radiographers montrent que ces actes, souvent banalisés, pèsent sur le moral et la santé mentale des victimes. « Certains membres du personnel se sentent contraints d’‘accepter’ les remarques racistes comme un aspect inévitable de leur métier », a souligné The Independent, qualifiant cette tendance de « dérangeante ».

Le NHS sous le feu des projecteurs médiatiques

La publication de cette enquête a suscité une vive réaction dans la presse britannique. Sky News s’est fait l’écho de cette « hausse choquante du racisme » au sein du NHS, un service public pourtant chéri par la population. The Telegraph, de son côté, a mis en avant les chiffres alarmants de l’enquête, soulignant leur progression sur trois ans. Ces révélations ont poussé plusieurs médias à interroger les responsables du NHS sur les mesures prises pour endiguer ce phénomène.

Pourtant, malgré l’ampleur des témoignages, peu de données exhaustives existent sur l’étendue réelle du problème. La Society of Radiographers, qui représente les professionnels de l’imagerie médicale, a choisi de publier ces résultats pour alerter l’opinion publique et les autorités sanitaires. « Il est essentiel que ces chiffres soient pris au sérieux », a déclaré un porte-parole de l’organisation, soulignant que « le racisme n’a pas sa place dans un système de santé qui se veut inclusif et universel ».

Un phénomène qui dépasse le cadre professionnel

Les discriminations raciales au sein du NHS ne se limitent pas aux relations entre patients et soignants. Elles s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions sociales au Royaume-Uni, où les minorités ethniques continuent de subir des inégalités systémiques. Selon des rapports antérieurs, les professionnels de santé issus de minorités sont plus susceptibles d’occuper des postes précaires ou moins bien rémunérés que leurs collègues blancs, malgré des qualifications équivalentes.

Cette enquête s’ajoute à d’autres signalements récents, comme ceux de la British Medical Association, qui a documenté des cas de harcèlement racial parmi les médecins. Les syndicats du secteur appellent désormais à une réponse coordonnée, incluant des formations obligatoires sur les biais inconscients et des mécanismes de signalement renforcés. « On ne peut plus ignorer ces problèmes sous prétexte qu’ils relèvent de l’anecdotique », a rappelé un représentant syndical.

Et maintenant ?

Face à la pression médiatique et à l’indignation croissante, le NHS devrait annoncer d’ici la fin de l’année des mesures concrètes pour lutter contre le racisme. Parmi les pistes envisagées : la création d’une cellule dédiée au signalement des discriminations, des campagnes de sensibilisation ciblées, et des audits réguliers dans les hôpitaux. Reste à voir si ces initiatives seront suffisantes pour inverser la tendance ou si le problème, comme le craignent certains observateurs, restera un angle mort des politiques publiques.

Pour l’heure, les associations de défense des droits humains appellent à une mobilisation collective. « Le changement doit venir de l’intérieur du NHS, mais aussi de la société dans son ensemble », a déclaré une militante antiraciste. Dans l’attente, les professionnels de santé, eux, continuent de travailler dans un environnement où l’insulte raciale peut parfois sembler plus facile à tolérer qu’à combattre.

Les discriminations vont des insultes verbales (« sales étrangers », « singe ») à des refus de soins motivés par l’origine ethnique du professionnel, en passant par des comportements d’exclusion ou de harcèlement au travail.