La baisse récente de l’inflation en France et en Europe constitue une « bonne nouvelle pour le budget des ménages » et devrait permettre aux banques centrales d’envisager un assouplissement de leur politique monétaire, a indiqué Claudia Panseri, responsable de la stratégie d’investissement chez UBS France, lors de l’émission Good Morning Market, diffusée sur BFM Business le mercredi 1er juillet 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Ralentissement de l’inflation : l’indice des prix à la consommation a reculé en juin 2026, marquant une pause dans la tendance haussière observée depuis plusieurs trimestres.
  • Impact budgétaire : cette décélération devrait réduire la pression sur le pouvoir d’achat des ménages et alléger la charge de la dette publique.
  • Réactions des marchés : les analystes s’attendent à ce que la Banque centrale européenne (BCE) puisse envisager un relâchement de sa politique restrictive, notamment après la hausse de taux de juin.
  • Contexte régional : l’Europe profite également de la baisse des cours du pétrole, qui reste inférieure à son pic de 2024.
  • Perspectives asiatiques : les marchés actions asiatiques affichent une dynamique positive, portée par les valeurs technologiques et les résultats solides de Micron.
  • ETF de défense : les fonds indiciels liés au secteur de la défense enregistrent un mois record en juin, dans un contexte géopolitique tendu.

Une inflation en repli, un répit pour les ménages et les États

Le ralentissement de l’inflation, confirmé par les dernières données disponibles, marque un tournant après des mois de tensions sur les prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Selon Claudia Panseri, « cette tendance est une bouffée d’oxygène pour les budgets des Français, dont le pouvoir d’achat a été érodé par la hausse des prix depuis 2022 ». Les économistes s’accordent à dire que cette décélération devrait se poursuivre dans les prochains mois, à condition que les tensions géopolitiques ne s’aggravent pas, notamment au Moyen-Orient ou en Europe de l’Est.

Côté finances publiques, la baisse de l’inflation allège mécaniquement la charge de la dette, indexée sur les taux d’intérêt. « Un point de pourcentage de moins sur l’inflation représente des milliards d’euros d’économies pour l’État », a rappelé Jean-François Robin, directeur de la recherche chez Natixis CIB. Cette manne pourrait être réinvestie dans des dépenses sociales ou des investissements publics, un scénario qui dépendra des arbitrages politiques.

Les marchés financiers entre optimisme et prudence

Les analystes réunis lors de l’émission ont souligné que la baisse de l’inflation pourrait inciter la BCE à adopter un ton plus accommodant lors de sa prochaine réunion, prévue le 24 juillet. « Christine Lagarde a déjà indiqué que la phase de restriction monétaire touchait à sa fin, mais la décélération de l’inflation donne une marge de manœuvre supplémentaire », a expliqué Frank Benzimra, responsable de la stratégie Actions en Asie chez Société Générale CIB. Pour l’heure, les marchés restent attentifs aux signaux envoyés par la banque centrale, alors que les tensions inflationnistes persistent dans certains secteurs, comme l’immobilier ou les services.

Côté actions, les ETF de défense, qui avaient connu une année record en 2025, continuent de surperformer en juin 2026. « Le contexte géopolitique, avec la guerre en Ukraine et les tensions en mer de Chine, maintient une demande structurelle pour ces valeurs », a précisé Marie-Sophie Pastant, responsable de la gestion indicielle et ETF chez BNP Paribas Asset Management. Les investisseurs misent sur ce secteur pour son caractère défensif et ses perspectives de croissance.

L’Asie en tête, l’Europe en quête de catalyseurs

Les marchés asiatiques affichent une santé remarquable en ce début d’été. « Les performances récentes sont portées par un rebond des valeurs technologiques et des résultats solides des entreprises industrielles », a analysé Frank Benzimra. La Corée du Sud, notamment, bénéficie d’un plan d’investissement massif dans les semi-conducteurs et les énergies vertes, attirant les capitaux étrangers. « Les investisseurs recherchent des opportunités de croissance à long terme, et l’Asie reste le principal moteur », a-t-il ajouté.

En Europe, la situation est plus contrastée. Le CAC 40, qui a terminé juin à 8 370 points, peine à retrouver ses niveaux records de 2024. « L’absence de catalyseurs majeurs et la prudence des ménages freinent une reprise durable », a souligné Matthieu Ceronne, fondateur de Galileo Invest. Les analystes tablent sur une reprise progressive, conditionnée par une amélioration du marché du travail et une stabilisation des taux d’intérêt.

Micron et les géants de la tech sous les projecteurs

Les résultats de Micron, géant américain des semi-conducteurs, publiés le 25 juin, ont été salués par les marchés. « L’entreprise a dépassé les attentes des analystes, avec une croissance de 12 % de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre », a commenté Vincent Juvyns, responsable de stratégie d’investissement chez ING. Cette performance a dopé les valeurs technologiques, dont le Nasdaq, après quatre séances consécutives dans le rouge. « C’est un soulagement pour le secteur, qui avait été pénalisé par des craintes de récession aux États-Unis », a-t-il ajouté.

En France, les valeurs de moyenne capitalisation ont également brillé. « Des entreprises comme 2CRSi ou La Française de l’Énergie ont vu leur cours exploser, portées par des annonces stratégiques ou des résultats dépassant les attentes », a détaillé Alain du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance. L’offre publique d’achat sur Pierre & Vacances, un acteur du tourisme, a également suscité l’intérêt des investisseurs, bien que son impact reste à évaluer.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour confirmer la tendance à la baisse de l’inflation. La publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis, prévue le 5 juillet, et le symposium de Sintra (Portugal), où se réuniront les dirigeants de la BCE et de la Fed, pourraient fournir des indices sur l’évolution des politiques monétaires. Côté entreprises, les résultats du deuxième trimestre de grandes sociétés comme LVMH ou TotalEnergies, attendus fin juillet, seront scrutés pour évaluer la résilience de l’économie européenne. Enfin, la publication des minutes de la réunion de la BCE du 24 juillet, prévue début août, devrait éclairer les intentions de la banque centrale quant à la baisse des taux.

En Asie, les investisseurs resteront attentifs à l’impact des tensions au Moyen-Orient sur les chaînes d’approvisionnement, tandis qu’en Europe, la question de la reprise de la consommation des ménages restera au cœur des débats. « L’équilibre reste précaire, mais les signaux sont globalement positifs », a résumé Romain Aumond, macroéconomiste chez Natixis Investment Managers.

La prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE) est prévue le 24 juillet 2026. Les analystes s’attendent à ce que la BCE maintienne une posture prudente, mais plusieurs scénarios sont envisagés : une baisse des taux de 25 points de base, un statu quo, ou une communication plus dovish pour préparer le terrain à un assouplissement monétaire en septembre. La décision dépendra des prochaines données sur l’inflation et la croissance en zone euro.

Oui, les ETF de défense conservent un attrait pour les investisseurs, car la demande structurelle reste forte. Les tensions en Ukraine et en mer de Chine, ainsi que les plans d’investissement massifs dans les armées européennes et asiatiques, soutiennent les perspectives de croissance du secteur. De plus, les entreprises du secteur bénéficient de marges stables et de contrats publics sécurisés, ce qui en fait des valeurs refuges en période d’incertitude.