Le député européen et probable candidat à l’élection présidentielle de 2027, Raphaël Glucksmann, affirme avoir été la cible d’une opération de déstabilisation menée par la Russie. Selon Le Monde, cette attaque a pris la forme d’une vidéo truquée diffusée via un faux média reproduisant à l’identique le site d’information « Blast », où l’homme politique est régulièrement critiqué pour ses positions pro-ukrainiennes. Glucksmann a dénoncé cette manœuvre lors d’une prise de parole publique, soulignant son caractère malveillant et organisé.
Ce qu'il faut retenir
- Raphaël Glucksmann accuse la Russie d’avoir orchestré une opération de déstabilisation le visant personnellement.
- Une vidéo truquée a été diffusée via un faux média imitant à la perfection le site « Blast ».
- Lépine Salamé, compagne de Glucksmann, et Edwy Plenel, cofondateur de Blast, seraient également ciblés par cette manipulation.
- L’objectif présumé serait de nuire à la crédibilité du député européen et à son engagement en faveur de l’Ukraine.
Une vidéo truquée diffusée via un faux Blast
D’après les explications de Raphaël Glucksmann, l’opération de désinformation s’est appuyée sur un faux site d’information reprenant l’identité visuelle et les codes graphiques du média « Blast ». Une vidéo entièrement fabriquée y a été publiée, présentant des éléments de langage tronqués ou inventés pour discréditer le député européen. Celui-ci a précisé que cette vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux, avait été conçue pour « semer le doute » sur son intégrité et ses positions politiques.
Glucksmann a également indiqué que cette tentative de déstabilisation ne se limitait pas à sa personne, puisque sa compagne, la journaliste Léa Salamé, et Edwy Plenel, figure historique de la presse française et cofondateur de Blast, étaient également visés par ce montage. « C’est une opération de désinformation à grande échelle, conçue pour nuire à plusieurs personnalités », a-t-il expliqué lors de son intervention.
Les réactions des cibles présumées
Contactés par Le Monde, ni Léa Salamé ni Edwy Plenel n’ont immédiatement réagi publiquement à ces accusations. Du côté de Blast, le média n’a pas encore publié de démenti officiel concernant l’utilisation de son nom dans cette manipulation. Cependant, ce n’est pas la première fois que des médias français se retrouvent instrumentalisés dans des campagnes de désinformation attribuées à des acteurs russes. En 2024, plusieurs titres avaient été imités dans des opérations similaires visant à influencer l’opinion publique en Europe.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la Russie et l’Occident, notamment depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Moscou est régulièrement accusé par les services de renseignement occidentaux d’orchestrer des campagnes de désinformation pour affaiblir ses adversaires géopolitiques, en utilisant des faux médias, des bots et des deepfakes.
Pour l’heure, Glucksmann a appelé à la vigilance face à ces méthodes, rappelant que « la démocratie est la première cible des opérations de déstabilisation ». Les prochains jours diront si cette tentative aura eu l’effet escompté par ses commanditaires.