L’ancien commandant militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladić, s’est éteint mardi 2 septembre 2026 à l’âge de 84 ans. Selon Libération, sa mort survient après une condamnation définitive pour son rôle central dans les crimes de guerre et les actes de purification ethnique commis entre 1992 et 1995, notamment lors du massacre de Srebrenica. Ce responsable, figure controversée des conflits liés à l’éclatement de la Yougoslavie, aura passé près de trois décennies dans l’attente de son procès avant d’être jugé coupable par la justice internationale.

Côté justice, sa condamnation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre avait été prononcée en 2017 par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Le tribunal avait alors estimé que Mladić avait orchestré une campagne systématique de nettoyage ethnique visant à chasser les Bosniaques et les Croates de Bosnie-Herzégovine. Son rôle dans le siège de Sarajevo et l’exécution de plus de 8 000 musulmans bosniaques à Srebrenica en juillet 1995 avait particulièrement été souligné lors de son procès.

Ce qu'il faut retenir

  • Ratko Mladić, 84 ans, est décédé le 2 septembre 2026 après avoir purgé une peine de prison à La Haye.
  • Il a été définitivement condamné en 2017 pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
  • Son implication dans la purification ethnique entre 1992 et 1995 a été établie par la justice internationale.
  • Le massacre de Srebrenica, où plus de 8 000 musulmans bosniaques ont été tués, reste l’un des épisodes les plus sombres de son action.
  • Mladić était également accusé d’avoir dirigé le siège de Sarajevo (1992-1996), ayant causé la mort de près de 10 000 civils.
  • Il avait été arrêté en 2011 après seize ans de fuite, mettant fin à une traque internationale.

Un parcours marqué par la guerre et la fuite

Originaire de Bosnie, Ratko Mladić s’est illustré dès le début des guerres de Yougoslavie en 1991 comme un officier serbe de Bosnie déterminé à créer un État serbe indépendant en Bosnie-Herzégovine. Selon nos confrères de Libération, son ascension militaire s’est accompagnée d’une stratégie de terreur visant à éliminer ou expulser les populations non serbes des territoires sous contrôle. En 1992, il devient chef d’état-major de l’armée des Serbes de Bosnie, un rôle qui lui permettra d’organiser des opérations militaires d’une rare violence.

Malgré les mandats d’arrêt internationaux émis dès 1995, Mladić a vécu en liberté pendant seize ans, protégé par des réseaux de complicités locales. Ce n’est qu’en mai 2011 qu’il est finalement arrêté dans un village du nord de la Serbie, après une opération conjointe des services de renseignement serbes et du TPIY. Son procès, débuté en 2012, s’est conclu cinq ans plus tard par une condamnation à la prison à perpétuité, confirmée en appel en 2021.

Srebrenica et Sarajevo, symboles de l’horreur

Le nom de Ratko Mladić restera à jamais associé à deux événements majeurs des guerres yougoslaves : le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica. Pendant près de quatre ans, Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, a subi un blocus et des bombardements incessants, faisant plus de 10 000 morts parmi la population civile. Mladić, alors à la tête des forces serbes, avait pour objectif affiché d’affaiblir la résistance bosniaque en tuant ou en affamant les habitants.

Quant à Srebrenica, enclave musulmane bosniaque déclarée « zone protégée » par l’ONU en 1993, elle fut le théâtre en juillet 1995 d’un des pires crimes de guerre en Europe depuis 1945. Les forces serbes de Bosnie, sous le commandement de Mladić, ont pris la ville et exécuté sommairement plus de 8 000 hommes et adolescents musulmans. Ces massacres ont été qualifiés de génocide par le TPIY et la Cour internationale de Justice.

« Les actes commis à Srebrenica constituent une tache indélébile sur la conscience de l’humanité. Mladić a orchestré une machine de mort méthodique et impitoyable. »
— Extrait du verdict du TPIY, 2017

Et maintenant ?

Avec la disparition de Ratko Mladić, le débat sur la mémoire des guerres de Yougoslavie et la réconciliation régionale devrait resurgir. Les associations de victimes, notamment celles de Srebrenica, réclament depuis des années que la justice continue de poursuivre les responsables encore en fuite ou les complices présumés. En Bosnie-Herzégovine, où les tensions ethniques persistent, la question de la reconnaissance des crimes et de leur commémoration divise toujours les communautés.

Par ailleurs, le TPIY, qui a définitivement fermé ses portes en 2017, laisse derrière lui un héritage judiciaire contesté, certains estimant que la justice internationale n’a pas suffi à apaiser les mémoires. La Serbie, quant à elle, reste divisée sur la question de la reconnaissance des crimes, tandis que la Bosnie-Herzégovine tente de se reconstruire dans un contexte politique encore fragile.

Enfin, la question de l’héritage de Mladić divise : pour ses partisans, il reste un « héros national » défendant les Serbes de Bosnie ; pour ses détracteurs, il symbolise la barbarie d’un conflit qui a déchiré l’Europe. Sa mort ne clôt pas le chapitre des mémoires, mais elle rappelle une fois de plus l’urgence de préserver la vérité historique.

Selon le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Mladić a été condamné pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Ces chefs d’accusation incluent notamment la purification ethnique, le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica en 1995.