La République démocratique du Congo (RDC), le Burundi et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont réaffirmé, jeudi 4 juin 2026 à Kinshasa, leur volonté commune d’accélérer les retours volontaires des réfugiés congolais présents au Burundi et des Burundais installés en RDC. Cette annonce intervient à l’issue de la deuxième réunion de la Commission tripartite, qui s’est tenue sur trois jours dans la capitale congolaise.
Ce qu'il faut retenir
- Une réunion tripartite entre la RDC, le Burundi et le HCR s’est tenue à Kinshasa du 2 au 4 juin 2026.
- Les trois parties ont réaffirmé leur engagement en faveur des retours volontaires des réfugiés.
- Les déplacements massifs sont notamment liés à l’offensive du groupe armé AFC/M23 en décembre 2025 à Uvira, dans l’est de la RDC.
- Cette rencontre marque une étape concrète dans la gestion des flux de réfugiés entre les deux pays.
Selon RFI, cette session de travail a permis de faire le point sur les avancées enregistrées depuis la première réunion de la Commission tripartite, tout en identifiant les obstacles persistants aux retours sécurisés et durables. « L’objectif reste inchangé : faciliter le retour volontaire, dans la dignité et la sécurité, des réfugiés qui souhaitent rentrer chez eux », a indiqué un responsable du HCR présent à Kinshasa.
Une mobilisation conjointe face à une crise humanitaire persistante
Les déplacements massifs de populations entre la RDC et le Burundi trouvent leur origine dans les tensions sécuritaires récurrentes dans l’est de la RDC. En décembre 2025, l’offensive des rebelles du groupe AFC/M23 contre la ville d’Uvira a provoqué un afflux de civils cherchant refuge au Burundi voisin. Côté burundais, des milliers de ressortissants avaient également fui vers la RDC lors des crises politiques et sociales des années précédentes.
« Cette réunion est une preuve de la nécessité de coordonner nos efforts pour répondre à une crise humanitaire qui dépasse les frontières nationales », a souligné un représentant du gouvernement congolais. « Nous devons agir ensemble pour garantir que les retours se fassent dans des conditions décentes et sans pression. »
Les retours volontaires, une priorité malgré les défis
Les trois parties ont rappelé que les retours doivent s’effectuer sur une base strictement volontaire, conformément aux principes du droit international. « Aucun retour ne sera imposé, et chaque cas sera examiné individuellement pour s’assurer que les conditions de sécurité et de réintégration sont réunies », a précisé un diplomate burundais. Le HCR a rappelé son rôle de supervision pour garantir que ces retours respectent les normes internationales.
Parmi les points discutés figure la question des infrastructures locales, souvent endommagées par les conflits, ainsi que la réintégration économique des rapatriés. « Il ne suffit pas de les faire revenir, il faut aussi leur offrir des perspectives », a ajouté le représentant du HCR.
Un calendrier et des mécanismes de suivi définis
La Commission tripartite a acté la mise en place d’un calendrier précis pour les prochaines étapes. Une troisième réunion est d’ores et déjà prévue pour septembre 2026, afin d’évaluer les progrès réalisés. Un mécanisme de suivi mensuel, impliquant les trois parties, a également été adopté pour faciliter la coordination sur le terrain.
Les autorités locales des provinces concernées, notamment le Sud-Kivu en RDC et les provinces frontalières du Burundi, seront associées à ce processus pour assurer une mise en œuvre efficace. « La collaboration entre les acteurs nationaux et internationaux est essentielle pour éviter que cette crise ne s’éternise », a conclu un membre de la délégation congolaise.
Cette réunion tripartite illustre ainsi la complexité de la gestion des crises migratoires en Afrique centrale, où les frontières poreuses et les conflits récurrents rendent les solutions durables particulièrement difficiles à mettre en œuvre. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si cette dynamique de coopération portera ses fruits.
Selon les termes de l’accord tripartite, les retours doivent être strictement volontaires et s’appuyer sur une évaluation individuelle des conditions de sécurité dans les zones de retour. Le HCR supervise ces procédures pour garantir le respect des droits des réfugiés.