Selon RFI, le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU dresse un bilan sévère de son service aérien humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) pour l'année 2025. L'UNHAS, qui assure les vols humanitaires sous mandat de l'ONU, n'a pu transporter que la moitié des passagers initialement prévus, en raison de restrictions aériennes imposées dans certaines zones du pays.

Comme le rapporte RFI, treize destinations sont devenues inaccessibles en 2025, dont la ville de Goma, située dans l'est du pays. Ces zones d'exclusion, mises en place pour des raisons de sécurité, ont profondément perturbé la logistique humanitaire dans une région déjà fragilisée par des conflits récurrents et une crise humanitaire persistante.

Ce qu'il faut retenir

  • 50 % des vols humanitaires initialement prévus par l'UNHAS n'ont pas pu être assurés en 2025 en RDC.
  • Treize destinations ont été rendues inaccessibles, dont Goma, une plaque tournante pour l'aide humanitaire.
  • Le PAM, à travers son service UNHAS, dépend largement du transport aérien pour acheminer vivres et personnel dans des zones enclavées.
  • Les zones d'exclusion sont imposées pour des motifs sécuritaires, mais leur impact sur les opérations humanitaires reste majeur.
  • La RDC fait face à une crise humanitaire prolongée, avec des millions de personnes dépendant de l'aide internationale.

Un service aérien humanitaire sous tension

L'UNHAS, acronyme d'United Nations Humanitarian Air Service, joue un rôle clé dans l'acheminement rapide de vivres, de médicaments et de personnel dans les zones difficiles d'accès en RDC. Or, en 2025, les restrictions de survol ont réduit de moitié ses capacités opérationnelles. « Sans accès aérien, des milliers de personnes risquent de ne pas recevoir l'aide dont elles ont besoin », a déclaré un porte-parole du PAM à RFI.

Les zones d'exclusion, souvent liées à la présence de groupes armés ou à des tensions locales, obligent les organisations humanitaires à privilégier des routes terrestres, plus longues et plus risquées. À Goma, par exemple, des milliers de déplacés dépendent chaque jour de l'aide alimentaire pour survivre. L'impossibilité de survoler la région aggrave une situation déjà précaire.

Les conséquences pour la population et les ONG

Les restrictions aériennes ont un impact direct sur la distribution de l'aide. Selon les estimations du PAM, plus de 2,5 millions de personnes ont été privées d'une partie de l'aide humanitaire en 2025 en raison de ces blocages. Les organisations sur place doivent désormais adapter leurs stratégies, en recourant davantage à des convois terrestres ou à des hélicoptères, dont les capacités sont limitées et les coûts bien plus élevés.

« Nous avons dû annuler ou reporter des dizaines de missions, ce qui retarde l'accès à l'aide pour des communautés déjà en situation d'urgence », a expliqué un responsable de Médecins Sans Frontières (MSF) contacté par RFI. Ces reports concernent notamment l'acheminement de médicaments dans des zones reculées où les épidémies font des ravages.

Et maintenant ?

Pour 2026, le PAM et ses partenaires appellent à une levée partielle des restrictions, au moins pour les vols humanitaires, afin de rétablir une partie de la logistique aérienne. Une réunion est prévue en mai avec les autorités congolaises et les groupes armés pour négocier des corridors sécurisés. Reste à voir si ces discussions aboutiront à une amélioration tangible dans les prochains mois.

Un défi logistique et politique

La situation en RDC illustre les tensions entre impératifs sécuritaires et besoins humanitaires. Si les zones d'exclusion visent à protéger les civils et les travailleurs humanitaires, leur extension peut paradoxalement aggraver les souffrances des populations civiles. « La sécurité ne doit pas devenir un prétexte pour priver des gens d'aide vitale », a souligné un analyste spécialiste de la région.

Par ailleurs, la communauté internationale, déjà fortement sollicitée pour financer l'aide en RDC, devra probablement augmenter ses contributions pour compenser les surcoûts engendrés par ces restrictions. Le PAM, dont le budget est déjà tendu, risque de devoir réduire d'autres programmes si la situation ne s'améliore pas.

En conclusion, le bilan de 2025 pour l'UNHAS en RDC rappelle que les conflits ne se mesurent pas seulement en victimes directes, mais aussi en vies mises en danger par l'impossibilité d'accéder à l'aide. La question reste entière : dans quelle mesure les acteurs locaux et internationaux parviendront-ils à concilier sécurité et assistance d'ici la fin de l'année.

Ces zones, instaurées principalement dans l'est de la RDC, visent à limiter les risques pour les civils et les travailleurs humanitaires en raison de la présence de groupes armés et de conflits récurrents. Leur objectif est de sécuriser les vols et les déplacements, mais elles restreignent aussi l'accès humanitaire.