Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a annoncé, ce mardi 9 juin 2026, la prolongation de l'interdiction des vols commerciaux dans la province de l'Ituri, une mesure destinée à contenir la propagation de l'épidémie d'Ebola qui touche actuellement plusieurs zones du pays. Cette décision a été confirmée par les autorités sanitaires congolaises, alors que les derniers bilans officiels recensent 515 cas confirmés, dont 91 décès depuis le début de l'épidémie, selon France 24.
Ce qu'il faut retenir
- L'épidémie d'Ebola en RDC a enregistré 515 cas confirmés et 91 décès à ce jour, selon les chiffres officiels.
- La province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie, reste soumise à une interdiction prolongée des vols commerciaux pour limiter les déplacements.
- Les autorités sanitaires ne communiquent pas publiquement sur les cas et décès suspects, sans que les raisons n'aient été précisées.
- Une mission de terrain a été menée par la correspondante de France 24, Aurélie Bazzara-Kibangula, à Bunia, chef-lieu de l'Ituri.
Une épidémie qui s'étend malgré les mesures sanitaires
Les autorités congolaises tentent de juguler l'épidémie d'Ebola qui frappe plusieurs régions de la RDC, avec un foyer particulièrement actif en Ituri. Les chiffres officiels, publiés ce mois-ci, confirment la gravité de la situation, avec un taux de létalité de près de 18 % parmi les cas confirmés. Les cas suspects et les décès non déclarés ne sont pas inclus dans ces bilans, ce qui laisse planer un doute sur l'ampleur réelle de l'épidémie. Des sources locales évoquent des mesures de confinement et de surveillance renforcée dans les zones touchées, mais leur efficacité reste à évaluer.
La province de l'Ituri, située dans le nord-est du pays, est l'une des régions les plus affectées. L'interdiction des vols commerciaux, initialement instaurée pour une durée limitée, a été prolongée en raison de la persistance des contaminations. Cette mesure vise à réduire les déplacements de population et à limiter la propagation du virus vers d'autres provinces ou pays voisins.
Un terrain sous haute surveillance
Sur place, les équipes médicales et les organisations humanitaires font face à des défis majeurs. Aurélie Bazzara-Kibangula, correspondante de France 24 en RDC, s'est rendue à Bunia pour évaluer la situation. Elle a pu s'entretenir avec des soignants et des responsables locaux, qui ont partagé leurs craintes quant à l'évolution de l'épidémie. Les structures de santé locales, déjà fragilisées par des années de conflits, peinent à absorber l'afflux de patients, et le manque de moyens aggrave la crise sanitaire.
Les équipes de terrain soulignent également les difficultés logistiques pour acheminer les vaccins et les médicaments. Les routes, souvent impraticables en saison des pluies, et l'insécurité persistante dans certaines zones compliquent les interventions. Des campagnes de sensibilisation sont menées pour informer les populations sur les symptômes et les mesures de prévention, mais leur portée reste limitée dans les zones rurales.
Quel bilan pour la RDC après six mois d'épidémie ?
Cette épidémie d'Ebola intervient alors que la RDC tente de se relever d'une crise sanitaire prolongée, marquée par des flambées récurrentes de la maladie depuis 2018. Les autorités tentent de concilier réponse d'urgence et renforcement du système de santé, mais les défis restent immenses. L'OMS a déjà mobilisé des ressources pour soutenir les équipes locales, mais la mobilisation internationale reste inégale.
Pour les populations affectées, l'enjeu est double : contenir l'épidémie tout en évitant un effondrement économique local. Les déplacements restreints et les fermetures de marchés aggravent une situation humanitaire déjà précaire. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les mesures prises permettront d'inverser la tendance.
L'Ituri, région du nord-est de la RDC, est un foyer historique d'Ebola en raison de sa proximité avec les zones de conflit et de son isolement relatif. Les déplacements de populations, souvent liés à des tensions intercommunautaires, favorisent la propagation du virus. De plus, l'accès limité aux soins et l'insécurité chronique rendent les interventions sanitaires particulièrement difficiles.