Le groupe Rebirth, qui détient les marques emblématiques Solex, Matra, Cowboy et Angell Mobility, risque de perdre l’usage de son site industriel de Saint-Lô. Selon Frandroid, la communauté d’agglomération de Saint-Lô Agglo a engagé une procédure d’expulsion contre l’entreprise pour un montant de **122 665 €** de loyers impayés. Une situation que le patron de Rebirth, Cyril Kretzschmar, qualifie d’« inacceptable » et contre laquelle il compte bien se battre.

Ce qu'il faut retenir

  • Rebirth est menacé d’expulsion de son usine de Saint-Lô, louée à Saint-Lô Agglo, pour **122 665 €** de loyers impayés
  • L’entreprise conteste cette dette en invoquant un litige fiscal de **800 000 €** de TVA non remboursée
  • Le groupe détient des marques historiques comme Solex, Matra, Cowboy et Angell Mobility
  • Cyril Kretzschmar, PDG de Rebirth, dénonce une situation « inacceptable »

Ce conflit illustre les tensions croissantes entre les collectivités locales et les entreprises industrielles, surtout lorsque des arriérés de paiement s’accumulent. Rebirth, qui a récemment racheté Cowboy — un acteur majeur du vélo électrique — et Angell Mobility, mise sur une relance de ses activités. Pourtant, son implantation à Saint-Lô, où l’entreprise emploie une partie de ses effectifs, est aujourd’hui menacée par cette procédure d’expulsion.

Un litige fiscal au cœur du différend

Selon les informations rapportées par Frandroid, la dette de Rebirth auprès de Saint-Lô Agglo s’élève à **122 665 €** de loyers impayés. L’entreprise, qui loue l’usine depuis plusieurs années, conteste cette somme en mettant en avant un litige avec l’administration fiscale. Rebirth affirme être en droit de récupérer **800 000 €** de TVA non remboursée, un montant qui, selon elle, devrait compenser — voire annuler — la dette locative.

Ce différend fiscal, s’il est avéré, pourrait expliquer la réticence de Rebirth à régler les loyers dans l’immédiat. Cyril Kretzschmar a d’ailleurs réagi publiquement sur les réseaux sociaux, qualifiant la situation de « scandaleuse » et annonçant son intention de contester la procédure d’expulsion devant les tribunaux. Pour lui, il s’agit d’une mesure disproportionnée, alors que l’entreprise tente de surmonter des difficultés financières passagères.

Les marques de Rebirth, entre héritage industriel et modernité

Fondé en 2015 par Cyril Kretzschmar, Rebirth s’est imposé comme un acteur clé dans le secteur des deux-roues et des mobilités douces. Le groupe a racheté en 2021 la célèbre marque Solex, symbole d’une époque révolue, avant de se diversifier avec l’acquisition de Cowboy en 2023 — un acteur belge du vélo électrique devenu incontournable en Europe. Plus récemment, Rebirth a intégré Angell Mobility, une start-up française spécialisée dans les vélos électriques haut de gamme.

Ces acquisitions ont permis à Rebirth de se positionner sur un marché en pleine expansion, porté par la transition écologique et la demande croissante pour des solutions de mobilité alternatives. Pourtant, malgré ce portefeuille de marques prometteur, l’entreprise doit désormais faire face à des tensions financières qui mettent en péril son ancrage industriel en Normandie.

Une procédure d’expulsion aux conséquences incertaines

La procédure engagée par Saint-Lô Agglo intervient dans un contexte où les collectivités locales renforcent leur vigilance sur les paiements des entreprises locataires. Pour la communauté d’agglomération, il s’agit d’une mesure de bon sens : des loyers impayés ne peuvent rester sans réponse, surtout lorsque l’entreprise dispose d’actifs importants comme ceux de Rebirth.

Cependant, pour Cyril Kretzschmar, cette expulsion serait une erreur stratégique. Dans un communiqué, il a souligné que Rebirth « contribue activement à l’économie locale » et que son départ fragiliserait l’emploi dans la région. L’entreprise emploie en effet une partie de ses effectifs sur le site de Saint-Lô, et un déménagement forcé pourrait entraîner des pertes d’emplois et une désorganisation des activités.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour Rebirth. Une audience en justice est attendue d’ici la fin du mois de mai 2026 pour trancher sur la validité de la procédure d’expulsion. En parallèle, l’entreprise pourrait déposer un recours contre la décision de Saint-Lô Agglo, tandis que le litige fiscal avec l’administration devra être résolu pour clarifier définitivement la situation financière de Rebirth. La survie du groupe sur son site historique de Saint-Lô dépendra de l’issue de ces procédures.

Quelle que soit l’issue de ce conflit, il rappelle les défis auxquels sont confrontées les entreprises industrielles en France, tiraillées entre des impératifs financiers locaux et des stratégies de redressement parfois longues à mettre en œuvre. Pour les salariés de Rebirth comme pour les élus de Saint-Lô Agglo, la priorité reste de trouver une solution qui préserve à la fois l’emploi et la stabilité économique de la région.

Rebirth est propriétaire des marques Solex, Matra, Cowboy et Angell Mobility, couvrant des segments variés comme les vélos électriques, les cyclomoteurs et les solutions de mobilité durable.