Le quatrième recensement général de la population et de l’habitat du Cameroun, initialement prévu pour s’achever le 29 mai 2026, a été prolongé de deux mois par décret du chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des dysfonctionnements et une grève des agents recenseurs à Douala, dénoncés par Philippe Nanga, coordonnateur de l’ONG Un Monde Avenir et figure de la société civile camerounaise. Selon RFI, ces tensions révèlent des lacunes dans l’organisation d’un processus présenté comme « capital » pour l’État.

Ce qu'il faut retenir

  • Le recensement camerounais, quatrième de son histoire, a été prolongé de deux mois après un décret de Joseph Dion Ngute, chef du gouvernement.
  • Des agents recenseurs à Douala ont entamé une grève après dix jours de travail sans avoir perçu leur rémunération.
  • Philippe Nanga, coordonnateur de l’ONG Un Monde Avenir, dénonce « une cacophonie générale » dans la conduite de l’opération.
  • L’objectif initial du recensement était de s’achever le 29 mai 2026, avant sa prolongation jusqu’à fin juillet.

Un recensement retardé par des dysfonctionnements logistiques

La prolongation du recensement, initialement prévue pour s’achever à la fin du mois de mai, reflète les difficultés rencontrées par les autorités camerounaises dans la mise en œuvre de cette opération. D’après RFI, les retards s’accumulent depuis le lancement de l’enquête, avec des problèmes d’ordre logistique et financier touchant directement les agents sur le terrain. À Douala, épicentre des tensions, des recenseurs ont décidé de cesser le travail après avoir travaillé dix jours sans être payés, illustrant les dysfonctionnements administratifs qui perturbent le bon déroulement du processus.

Ce recensement, quatrième du genre dans l’histoire du pays, vise à actualiser les données démographiques et socio-économiques du Cameroun. Son report soulève des questions sur la capacité des autorités à garantir les moyens nécessaires à sa réalisation dans les délais impartis. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur les mesures prises pour résoudre ces blocages, si ce n’est la signature du décret de prolongation par Joseph Dion Ngute.

La société civile alerte sur l’organisation du recensement

Face à ces dysfonctionnements, Philippe Nanga, coordonnateur de l’ONG Un Monde Avenir, a vivement critiqué la gestion du recensement. Dans une déclaration rapportée par RFI, il a évoqué « une cacophonie générale pour un processus qui est capital », mettant en lumière les faiblesses structurelles du dispositif mis en place. Pour lui, ces problèmes ne se limitent pas aux retards de paiement, mais reflètent une organisation défaillante à tous les niveaux, de la formation des agents à la coordination entre les différentes administrations impliquées.

« Des agents à Douala ont fait grève parce qu’ils n’avaient pas reçu d’argent après dix jours de travail », a-t-il précisé, soulignant que ces dysfonctionnements risquent de compromettre la fiabilité des données collectées. La société civile camerounaise, souvent en première ligne pour dénoncer les manquements de l’État, appelle à une refonte des méthodes de gestion pour éviter que ces erreurs ne se reproduisent lors des prochaines opérations statistiques.

« C’est une cacophonie générale pour un processus qui est capital. Des agents à Douala ont fait grève parce qu’ils n’avaient pas reçu d’argent après dix jours de travail. »

Et maintenant ?

La prolongation du recensement jusqu’à fin juillet 2026 laisse un délai supplémentaire aux autorités pour régler les dysfonctionnements signalés. Reste à savoir si les mesures correctives seront suffisantes pour garantir la qualité des données collectées et éviter de nouveaux blocages. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces retards sur l’ensemble du processus.

Contacté par RFI, le ministère en charge de la Statistique n’a pas encore réagi publiquement aux critiques formulées par la société civile. La crédibilité de l’opération dépendra largement de la transparence dont feront preuve les autorités dans la résolution des problèmes identifiés.