La récolte de fraises gariguettes a atteint un niveau « historique » la semaine dernière, selon Ouest France. Une performance rendue possible par des conditions climatiques particulièrement favorables, qui ont également permis aux consommateurs de bénéficier de tarifs en baisse.
Ce qu'il faut retenir
- Une récolte de fraises gariguettes record enregistrée la semaine dernière, selon les producteurs
- Les prix ont baissé de 15 % par rapport à la même période l’an dernier
- La chaleur précoce et l’ensoleillement ont favorisé une maturation accélérée des fruits
- La gariguette, variété emblématique, représente plus de 30 % de la production nationale de fraises
- Les professionnels anticipent une saison exceptionnelle si les conditions météo se maintiennent
Les producteurs de fraises des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, principales zones de culture de la gariguette, ont enregistré une production supérieure de 25 % à la moyenne des cinq dernières années, d’après les chiffres communiqués par les syndicats professionnels. « Cette année, la floraison a été précoce et homogène, ce qui a permis une récolte groupée et une qualité optimale », a expliqué Jean-Marc Fruitier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), à Ouest France.
Côté prix, la baisse est significative : le kilo de fraises gariguettes se négocie désormais entre 4,50 € et 5,20 € en grande surface, contre 5,80 € à 6,50 € à la même époque en 2025. « La hausse des volumes disponibles a mécaniquement fait baisser les tarifs, et les consommateurs en profitent », précise Fruitier. Il souligne également que cette situation pourrait se prolonger « tant que les conditions météo restent stables ».
La gariguette, variété phare des étals printaniers, est cultivée sur près de 2 500 hectares en France, principalement dans le Sud-Ouest. Son cycle de production précoce en fait un produit recherché dès le mois d’avril, une période où les fraises locales sont encore rares. « Cette année, on a même commencé les récoltes dès la mi-mars dans certaines exploitations », a indiqué un producteur basque sous couvert d’anonymat. — Autant dire que l’offre est bien plus abondante que d’habitude à cette saison.
Les professionnels se réjouissent de cette récolte exceptionnelle, mais certains s’interrogent sur sa durabilité. « Si les températures restent élevées et que les pluies se font trop rares, les rendements pourraient chuter en mai-juin », craint un maraîcher des Landes. Une inquiétude partagée par FranceAgriMer, qui rappelle que les fraises sont particulièrement sensibles au stress hydrique.
Pour les consommateurs, cette abondance devrait se traduire par des prix stables au moins jusqu’à la mi-mai, période à laquelle les productions espagnoles et italiennes commenceront à arriver massivement sur les étals. « L’idéal serait de profiter de cette fenêtre pour acheter local et soutenir nos producteurs », recommande Fruitier.
Reste à savoir si cette dynamique positive se maintiendra jusqu’à l’été, alors que les prévisions météo annoncent un printemps particulièrement chaud. Une chose est sûre : les fraises gariguettes, avec leur saveur acidulée et leur couleur rouge vif, s’imposent déjà comme le symbole d’une saison agricole en avance.
La gariguette est une variété plus fragile et plus exigeante en main-d’œuvre que les fraises classiques comme la charlotte ou la mara des bois. Sa culture nécessite un suivi rigoureux des températures et une récolte manuelle, ce qui explique son prix généralement plus élevé. Cependant, cette année, l’abondance de la récolte a atténué cette différence.
