La prescription des traitements hormonaux substitutifs (THS) pour la ménopause connaît un rebond depuis quatre ans, après des années de recul marqué. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de réévaluation scientifique des risques initialement pointés par une étude américaine de 2002, comme le rapporte Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Les traitements hormonaux substitutifs pour la ménopause étaient en forte baisse depuis 2002, après la publication d’une étude américaine mettant en garde contre des risques accrus de cancers du sein et de maladies cardiovasculaires.
  • Depuis 2022, leur utilisation repart à la hausse, en raison de nouvelles données scientifiques plus nuancées.
  • Les risques associés aux THS, autrefois surévalués, sont désormais mieux documentés et moins alarmants.
  • Les autorités sanitaires françaises ont progressivement adapté leurs recommandations pour refléter cette évolution.
  • Cette tendance reflète une meilleure prise en compte des bénéfices thérapeutiques des THS pour certaines femmes.

La publication en 2002 de l’étude américaine Women’s Health Initiative (WHI) avait marqué un tournant dans la perception des traitements hormonaux substitutifs. Ses résultats, largement médiatisés, évoquaient un surrisque de cancers du sein et de problèmes cardiovasculaires chez les femmes sous THS. Conséquence immédiate : une chute drastique de leur prescription en France comme ailleurs. Pourtant, ces conclusions ont depuis été relativisées par des travaux ultérieurs, notamment ceux de l’étude Kronos Early Estrogen Prevention Study (KEEPS), publiée en 2012, qui a montré des effets moins alarmants, voire bénéfiques, pour certaines patientes.

Ce changement de paradigme a conduit les professionnels de santé à réviser leur approche. En 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié de nouvelles recommandations, assouplissant les restrictions sur l’usage des THS. Selon Libération, cette réévaluation a permis une hausse progressive des prescriptions à partir de 2022, confirmée par les données de l’Assurance Maladie. « Les nouvelles preuves scientifiques montrent que les bénéfices des THS peuvent l’emporter sur les risques pour certaines femmes, à condition d’une évaluation individualisée », a déclaré un porte-parole de l’ANSM, cité par le quotidien.

Les chiffres illustrent cette inversion de tendance. Entre 2022 et 2025, le nombre de femmes traitées par THS en France a augmenté de 18 %, selon les données de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Cette progression s’accompagne d’une diversification des profils de patientes : autrefois réservés aux femmes présentant des symptômes sévères, les THS sont désormais prescrits à un public plus large, incluant des femmes en début de ménopause pour prévenir certains effets indésirables. « On observe une meilleure acceptation de ces traitements, notamment chez les femmes de moins de 60 ans », précise un gynécologue interrogé par Libération.

Pourtant, des précautions restent de mise. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’un suivi médical régulier et d’une durée de traitement limitée. L’ANSM recommande une prescription sur une période maximale de cinq ans, sauf cas particuliers. Par ailleurs, les contre-indications persistent pour certaines femmes, comme celles ayant des antécédents de cancers hormono-dépendants. « Chaque patient doit bénéficier d’une évaluation personnalisée avant toute prescription », rappelle l’agence.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes devraient porter sur le renforcement des campagnes d’information destinées aux médecins et aux patientes. L’ANSM prévoit de publier un guide actualisé d’ici fin 2026, afin de clarifier les indications et les limites des THS. Parallèlement, des études épidémiologiques sont en cours pour évaluer l’impact à long terme de cette reprise des prescriptions. Reste à voir si cette tendance se confirme dans les années à venir, ou si elle s’inscrit dans une dynamique ponctuelle.

Si cette évolution marque un tournant dans la gestion de la ménopause, elle rappelle aussi l’importance d’une médecine fondée sur des preuves actualisées. Pour les femmes concernées, cette révision des recommandations ouvre la porte à des solutions mieux adaptées à leurs besoins.

Les THS sont désormais reconnus pour soulager les symptômes sévères de la ménopause, comme les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes ou les troubles de l’humeur. Ils peuvent aussi prévenir la perte de densité osseuse et réduire le risque de fractures chez les femmes à risque d’ostéoporose. Cependant, leur utilisation doit être encadrée par un médecin.

Non, les risques ne sont pas écartés, mais ils sont mieux évalués. Les études récentes montrent que le surrisque, s’il existe, est faible et dépend de la durée du traitement et des antécédents personnels. Une surveillance médicale régulière reste indispensable pour adapter la prescription.