La Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), rendez-vous annuel du Medef, s’est ouverte ce mercredi 2 septembre 2026 au stade Roland-Garros sous le thème du « courage ». Un choix symbolique à huit mois de l’élection présidentielle, alors que sept candidats s’exprimeront jeudi sur les enjeux économiques du pays, selon BFM Business.

Patrick Martin, président du Medef, a profité de l’ouverture de cet événement pour livrer une critique acerbe des politiques économiques récentes de l’État. Dans un discours marqué par des propositions libérales, il a pointé du doigt les « erreurs » de l’État, tout en appelant les responsables politiques à faire preuve de « lucidité » et d’audace pour redresser la situation. L’objectif ? Éviter que la France ne s’installe dans une « mort lente », comme il l’a exprimé lors de son intervention.

Ce qu'il faut retenir

  • 33 341 patrons ont perdu leur emploi au premier semestre 2026, soit une hausse de 7 % par rapport à 2025. Cela représente plus de 180 chefs d’entreprise chaque jour.
  • 82 % des entrepreneurs se disent pessimistes quant aux effets de la politique économique du prochain président sur leur activité, selon une enquête Medef-OpinionWay auprès de 66 000 dirigeants.
  • Patrick Martin a dénoncé une « longue liste d’erreurs » de l’État, citant notamment la retraite à 60 ans, les 35 heures et une politique du logement jugée inefficace.
  • Le Medef plaide pour une hausse des retraites par capitalisation, déjà existantes pour les fonctionnaires et jugées « bien gérées » par les syndicats.
  • La REF 2026 accueille des personnalités comme Ursula von der Leyen, Roland Lescure et Antonio Filosa, ainsi que plusieurs candidats à la présidentielle.

Une critique sans concession des politiques publiques

Patrick Martin a estimé que l’État devait reconnaître ses « erreurs » et les corriger. Parmi les exemples cités, il a évoqué la réforme des retraites à 60 ans, les 35 heures ou encore une politique du logement jugée contre-productive. « Une politique du logement au mépris du pouvoir d’achat, de l’accès à l’emploi et de la croissance », a-t-il dénoncé.

Il a également pointé du doigt les « réglementations absurdes » et les revirements fréquents de la classe politique, citant en exemple la 38ème loi de simplification ou les 20 versions de MaPrimeRénov’ en moins de trois ans. « Nous en sommes réduits à un environnement gazeux, illisible, étranger à toute logique économique », a-t-il déploré.

Le Medef défend les retraites par capitalisation et attaque le « mythe des inégalités »

Dans une tribune volontairement provocatrice, Patrick Martin a appelé à développer les retraites par capitalisation, déjà en place pour les fonctionnaires. « Cessons d’en faire une querelle dogmatique. Les retraites par capitalisation existent et sont bien gérées par les syndicats », a-t-il rappelé.

Le président du Medef a également rejeté l’idée selon laquelle la France serait le « temple des inégalités de revenus et de patrimoine ». « La France est au contraire l’un des pays les plus égalitaires du monde », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Fantasmer sur la taxe Zucman ne réglera rien au déclassement de la France. »

Patrick Martin appelle à soutenir l’entrée d’André Citroën au Panthéon

Parmi les propositions symboliques du Medef, Patrick Martin a plaidé pour l’entrée au Panthéon d’André Citroën, figure emblématique de l’industrie française. « Fils d’immigré, ingénieur visionnaire, capitaine d’industrie… Il avait combattu dans les tranchées et mis ses usines au service de la France », a-t-il souligné.

Pour le Medef, cette reconnaissance serait un hommage à « des acteurs clés de la réussite du pays ». « Un industriel, un grand patron social au Panthéon, ce serait une belle reconnaissance de ce que nous sommes », a-t-il conclu.

Un contexte économique marqué par l’inquiétude des dirigeants

La REF 2026 s’ouvre dans un climat économique tendu. Selon une enquête Medef-OpinionWay menée auprès de 66 000 entrepreneurs, 82 % des dirigeants se disent pessimistes sur l’impact de la politique économique du prochain président. Seuls 17 % se montrent optimistes.

Si aucune inflexion n’est apportée au cours du prochain quinquennat, 66 % des dirigeants estiment que leur entreprise se fragilisera, rencontrera de sérieuses difficultés ou fera faillite. Ces chiffres contrastent avec le contexte de la REF, qui accueille aussi des personnalités comme Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ou Roland Lescure, ministre de l’Économie.

« Il est minuit moins le quart. Alors foncez, Mesdames et Messieurs les politiques… Soyez courageux ! Les entreprises seront alors à vos côtés pour que la France réussisse. (...) Les entrepreneurs n’hésiteront jamais entre le courage et la mort lente. »

— Patrick Martin, président du Medef, lors de son discours d’ouverture de la REF 2026.

Une critique de l’étatisme et un plaidoyer pour le libéralisme économique

Patrick Martin a rappelé les « convictions libérales » du Medef, estimant que « si l’étatisme était une solution, nous serions champions du monde ». « Il faut libérer l’énergie, les ambitions et les talents », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « C’est ainsi que nous retrouverons notre rang, notre force, notre fierté. »

Il a également dénoncé la loi sur la transparence salariale, qualifiée d’« ovni technocratique et égalitariste ». « Comme si nous avions besoin de cette loi pour atteindre l’égalité entre femmes et hommes », a-t-il ironisé.

La REF 2026, un événement sous haute tension politique

La Rencontre des Entrepreneurs de France prend cette année une dimension particulièrement politique. Sept candidats à la présidentielle, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, participeront à un débat économique jeudi après-midi. Patrick Martin a insisté sur la nécessité d’un « cap clair, d’une stratégie, d’un récit mobilisateur » pour la France.

« Nous voulons un pays apaisé parce que prospère, rayonnant et solidaire », a-t-il déclaré, avant de mettre en garde contre « la collusion, demain, la collision des prophètes de malheur, de ceux qui font leur lit des peurs et des fractures ».

Et maintenant ?

La REF 2026 pourrait servir de catalyseur pour les propositions économiques des candidats à la présidentielle. Le débat de jeudi, en présence de sept d’entre eux, sera l’occasion de clarifier leurs intentions pour le budget 2027, qui sera présenté dans les prochains mois. Les entrepreneurs, eux, attendent des mesures concrètes pour éviter une dégradation supplémentaire de leur situation.

Le Medef a également annoncé qu’il continuerait à défendre ses positions lors des prochaines négociations avec le gouvernement, notamment sur la fiscalité des entreprises. « Les patrons français ont atteint leur seuil de douleur », a rappelé Patrick Martin.

Alors que la France et l’Europe traversent une période de fragilité économique et géopolitique, la REF 2026 s’impose comme un moment clé pour évaluer l’état de confiance du monde entrepreneurial. Les prochaines semaines diront si les appels au « courage » de Patrick Martin seront suivis d’effets.

Sept candidats sont annoncés pour participer au débat économique de jeudi après-midi : Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et cinq autres figures politiques, selon BFM Business.

Il estime que cette politique, inspirée par des « considérations budgétaires étriquées », est menée « au mépris du pouvoir d’achat, de l’accès à l’emploi et de la croissance ». Il dénonce une approche inefficace et contre-productive pour l’économie française.