Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), a réaffirmé mardi son intention d’organiser un référendum sur l’immigration « en cas de victoire » de son parti à l’élection présidentielle de 2027. Cette annonce intervient alors que les débats sur ce thème s’intensifient dans le paysage politique français, comme le rapporte BFM - Politique.

Le RN mise sur ce sujet pour mobiliser son électorat, un thème que le parti présente comme « son sujet de cœur ». Prisca Thévenot, députée EPR, n’a pas manqué de souligner cette focalisation : « Leur sujet de cœur, leur sujet de prédilection, c’est l’immigration. »

Ce qu’il faut retenir

  • Jordan Bardella, président du RN, a réitéré son projet de référendum sur l’immigration « en cas de victoire » en 2027, selon BFM - Politique.
  • Deux Français sur trois se disent « intéressés » par la campagne présidentielle dans huit mois, d’après un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche.
  • Le RN accuse La France Insoumise (LFI) de « multiplier les outrances » et appelle à une campagne axée sur le terrain, selon les déclarations de ses dirigeants.
  • Jordan Bardella a également affirmé qu’« aucune banque française » ne souhaite financer sa campagne présidentielle, évoquant des difficultés de financement.
  • Un référendum sur la nationalité française est envisagé par le RN, jugé « galvaudé » par Aleksandar Nikolic, porte-parole du parti.

Un référendum sur l’immigration, pierre angulaire de la stratégie du RN

Jordan Bardella a défendu avec force l’idée d’un référendum sur l’immigration, qu’il présente comme une mesure phare si le RN accède au pouvoir. « Jordan Bardella souhaite un référendum sur l’immigration, en cas de victoire du RN en 2027 », confirme BFM - Politique. Cette proposition s’inscrit dans une logique de rupture avec les politiques menées jusqu’ici, selon le parti, qui dénonce une « nationalité française galvaudée ». Aleksandar Nikolic, porte-parole du RN, a ainsi estimé qu’il était temps de « redonner du sens » à cette question.

Cette stratégie s’accompagne d’une critique acerbe envers les autres forces politiques. « Ce parti n’a pas changé », a lancé Antoine Léaument, député LFI, pour dénoncer la constance des positions du RN sur l’immigration. De son côté, Florence Portelli, vice-présidente des Républicains (LR), a qualifié les propositions du RN de « propos stupides et puérils », selon ses propos rapportés par BFM - Politique.

Des tensions politiques autour du financement et des méthodes

Outre les débats sur le fond, le RN doit faire face à des défis logistiques. Jordan Bardella a révélé qu’« aucune banque française » ne souhaitait financer sa campagne, un aveu qui souligne les difficultés de financement auxquelles le parti pourrait être confronté. « Aucune banque française ne veut financer la campagne », a-t-il déclaré, sans préciser si des alternatives étrangères étaient envisagées.

Les méthodes du RN sont également pointées du doigt. Alexis Corbière, député écologiste et social, a dénoncé un « coup de force sur le fond et sur la forme anticonstitutionnelle », critiquant la volonté du parti d’organiser un référendum sans base légale claire. « C’est un coup de force sur le fond et sur la forme anticonstitutionnelle », a-t-il affirmé.

Immigration et retraites : deux thèmes au cœur de la présidentielle

Si l’immigration occupe le devant de la scène, d’autres sujets ne sont pas en reste. Prisca Thévenot, députée EPR, a rappelé que la question des retraites devait être un enjeu majeur de la campagne. « Je ne pourrai jamais voter pour un candidat qui ne fera pas de la question des retraites un enjeu majeur de cette élection présidentielle », a-t-elle déclaré. Une position qui contraste avec celle du RN, dont Jordan Bardella a appelé à « plus de capitalisation » dans le système des retraites.

Pour Julien Odoul, porte-parole du RN, il est essentiel de « prendre les sondages avec beaucoup d’humilité et de distance ». « Il faut prendre les sondages avec beaucoup d’humilité, beaucoup de distance », a-t-il souligné. Une mise en garde qui reflète la prudence du parti face à des enquêtes d’opinion qui ne lui sont pas toujours favorables.

Et maintenant ?

Dans les mois à venir, le RN devrait poursuivre sa stratégie de mobilisation autour de l’immigration, un thème qui, selon lui, résonne particulièrement auprès de son électorat. La question du financement de la campagne présidentielle reste cependant un point d’interrogation, tout comme la faisabilité juridique d’un référendum. Pour les autres partis, la période s’annonce comme un moment de clarification des positions, à huit mois du scrutin.

Une chose est sûre : l’immigration restera au cœur des débats, au moins jusqu’à la présidentielle de 2027. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits, ou si elle se heurtera à des obstacles politiques ou juridiques.

Un référendum sur l’immigration pourrait être organisé via une loi ordinaire, mais son contenu serait limité. Pour une réforme constitutionnelle, comme celle envisagée par le RN, une révision de la Constitution serait nécessaire, ce qui implique un vote du Parlement et éventuellement un référendum. Les constitutionnalistes soulignent que certaines mesures, comme la restriction du droit du sol, pourraient nécessiter une modification de la Constitution.

Les raisons exactes ne sont pas détaillées, mais plusieurs hypothèses peuvent être avancées : pression politique, gestion des risques financiers, ou encore alignement sur les positions du RN perçues comme controversées. Jordan Bardella n’a pas précisé si des contacts avec des banques étrangères avaient été initiés.