Le coût des arrêts de travail pour l’Assurance maladie a augmenté de 45 % depuis 2019, un bond qui alimente le débat sur la nécessité de réformer le système. Dans ce contexte, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe a appelé, ces derniers jours, à « mettre fin à l’open bar des arrêts de travail ». Une déclaration qui a suscité une réaction immédiate de la part de Guillaume Richard, PDG du groupe Ouicare, spécialisé dans la santé au travail. « C’est une mesure d’équité », a-t-il affirmé, sans hésiter à apporter son soutien à cette proposition. Selon BFM - Politique, cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur la soutenabilité du système de protection sociale français, alors que les dépenses liées à l’indemnisation des arrêts maladie pèsent de plus en plus lourd sur les comptes publics.

Ce qu'il faut retenir

  • Augmentation de 45 % du coût des arrêts de travail pour l’Assurance maladie entre 2019 et aujourd’hui, selon BFM - Politique.
  • Édouard Philippe, candidat à l’élection présidentielle de 2027, propose de « mettre fin à l’open bar des arrêts de travail ».
  • Guillaume Richard, PDG d’Ouicare, soutient cette mesure et la qualifie de « mesure d’équité ».
  • Le débat s’inscrit dans un contexte de pression croissante sur les finances de la Sécurité sociale.

Un système sous tension, un coût en forte hausse

Les chiffres sont sans appel : depuis 2019, les dépenses liées aux arrêts de travail ont bondi de 45 %, un phénomène qui interroge sur l’efficacité et l’équité du système actuel. D’après BFM - Politique, cette inflation des coûts s’explique en partie par une augmentation du nombre d’arrêts maladie, mais aussi par des durées d’indemnisation parfois jugées excessives. Alors que les tensions sur les finances publiques se multiplient, la question d’une réforme devient incontournable. Édouard Philippe, qui brigue l’Élysée, a récemment pris position sur ce sujet, estimant qu’il était temps de mettre un terme à ce qu’il qualifie d’« open bar ». Une formule choc qui résume une volonté de durcir les règles, notamment en matière de contrôle et de durée des arrêts.

Ouicare et son PDG unis derrière la proposition d’Édouard Philippe

C’est dans ce contexte que Guillaume Richard, PDG du groupe Ouicare, a apporté son soutien à la proposition d’Édouard Philippe. « C’est une mesure d’équité », a-t-il déclaré, soulignant que la situation actuelle n’était plus tenable. Ouicare, acteur majeur du secteur de la santé au travail, est particulièrement attentif aux enjeux de prévention et de retour à l’emploi. Pour le PDG, une réforme des arrêts maladie pourrait permettre de mieux concilier protection des salariés et responsabilité collective. « Il faut que chacun joue son rôle, y compris les entreprises et les salariés », a-t-il ajouté, selon nos confrères de BFM - Politique. Une position qui s’inscrit dans une logique de responsabilité partagée, loin des clivages traditionnels.

Un débat qui dépasse le cadre des arrêts maladie

La question des arrêts de travail s’inscrit dans un débat plus large sur la soutenabilité du modèle social français. Alors que le gouvernement planche sur le budget 2027, la ministre déléguée chargée des Comptes publics, Amélie Oudéa-Castéra, a déjà prévenu : « Il ne s’agit en aucun cas de baisser les retraites ». Une déclaration qui montre que l’exécutif cherche à éviter une nouvelle crise sociale, tout en maintenant l’équilibre des finances publiques. Parallèlement, d’autres sujets sensibles, comme la réduction de la durée d’indemnisation du chômage ou la transition écologique, alimentent les tensions politiques. Certains, comme Benjamin Lucas-Lundy, député écologiste, accusent Édouard Philippe de « se radicaliser » sur la question du chômage. D’autres, à l’instar de Matthieu Valet, député européen RN, défendent une approche plus ferme : « On ne veut pas faire la guerre aux chômeurs, on veut faire la guerre au chômage ». Autant dire que le débat est loin d’être clos.

Réactions politiques et enjeux électoraux

Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’annonce déjà chargée, les propositions d’Édouard Philippe sur les arrêts maladie s’ajoutent à une liste de mesures économiques et sociales qui pourraient séduire une partie de l’électorat. Gabriel Attal, candidat Renaissance, a lui aussi pris position sur la dissolution de l’Assemblée nationale en cas de victoire, une mesure qui pourrait, selon lui, accélérer les réformes. « Il faut qu’on puisse agir dès l’été 2027 », a-t-il affirmé, confirmant son intention de dissoudre l’Assemblée si les circonstances le permettent. Un scénario qui, s’il se concrétise, pourrait profondément modifier le paysage politique français dans les mois à venir.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient voir s’intensifier les discussions sur la réforme des arrêts maladie, alors que le gouvernement prépare le budget 2027. Une concertation avec les partenaires sociaux est attendue, même si les désaccords risquent d’être nombreux. Édouard Philippe, qui mise sur une partie de son programme sur la rigueur sociale, pourrait voir sa proposition reprise ou amendée par d’autres candidats. Reste à savoir si une réforme sera effectivement engagée d’ici 2027, ou si le sujet restera en suspens jusqu’à l’élection présidentielle.

Pour l’heure, le débat reste ouvert, et les positions s’affûtent. Une chose est sûre : la question des arrêts maladie, loin d’être un simple sujet technique, s’est imposée comme un enjeu politique majeur, capable de cristalliser les tensions entre équité sociale et responsabilité budgétaire.

Selon BFM - Politique, cette hausse s’explique par une combinaison de facteurs : augmentation du nombre d’arrêts maladie, durées d’indemnisation parfois jugées excessives, et un contexte économique marqué par des tensions sur les finances publiques. Les experts soulignent également un possible effet de rattrapage après plusieurs années de sous-déclaration ou de non-recours à certains dispositifs.