Le débat sur le rétablissement de la réforme des retraites portée par Élisabeth Borne en 2023 refait surface à quelques mois de la présidentielle. Selon nos confrères de BFM Business, cette question divise toujours le paysage économique et politique français, alors que le gouvernement actuel doit trancher dans les prochains mois.

Ce qu'il faut retenir

  • La réforme Borne avait repoussé l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, une mesure largement contestée en 2023.
  • Le Medef appelle à « plus de courage » et rejette toute nouvelle hausse d’impôts pour financer les retraites, selon BFM Business.
  • Les patrons sont majoritairement pessimistes : 59 % d’entre eux jugent la situation économique dégradée, d’après la rencontre des entrepreneurs de France.
  • Le chômage des dirigeants d’entreprise atteint un record, signe d’un ralentissement des embauches.

Une réforme toujours dans le viseur

Portée par Élisabeth Borne en 2023, la réforme des retraites avait marqué un tournant avec le report de l’âge légal à 64 ans. Pourtant, trois ans après son adoption sous le gouvernement Macron, son rétablissement n’est pas à l’ordre du jour, du moins officiellement. Comme le rapporte BFM Business, le gouvernement actuel semble privilégier d’autres leviers pour équilibrer le système de retraite, sans pour autant écarter définitivement l’hypothèse d’un retour partiel de cette mesure.

Dans ce contexte, le Medef a clairement pris position. Invité sur BFM Business, son président a appelé à « plus de courage » pour aborder les réformes structurelles, tout en réaffirmant son opposition à toute nouvelle hausse d’impôts. Une position qui reflète les tensions persistantes entre pouvoir politique et patronat.

Un climat économique qui inquiète

La rencontre annuelle des entrepreneurs de France, organisée le 26 août 2026, a dressé un tableau peu encourageant de la situation économique. Selon BFM Business, 59 % des patrons interrogés estiment que la conjoncture s’est dégradée par rapport à l’année précédente. Ce pessimisme s’explique en partie par un ralentissement des embauches, notamment dans le secteur des cadres, où les recrutements sont « au ralenti » depuis plusieurs mois.

Autre signal alarmant : le chômage des dirigeants d’entreprise a atteint un niveau record. Une tendance qui illustre les difficultés croissantes des entreprises, confrontées à un coût du travail élevé et à une inflation persistante. Pour le Medef, ces chiffres confirment la nécessité de réformes ambitieuses, sans pour autant céder à la tentation d’une nouvelle ponction fiscale sur les entreprises.

Les héritages et les retraites des plus aisés sous le feu des projecteurs

Le débat sur la réforme Borne ne peut ignorer une question de fond : comment financer les retraites sans alourdir la pression sur les actifs ? Comme le souligne BFM Business, la réflexion porte désormais sur deux axes principaux. D’un côté, la taxation des retraites des plus aisés, de l’autre, la lutte contre l’évasion fiscale sur les méga-héritages. Des pistes évoquées lors du 26 août, mais qui restent encore floues dans leur mise en œuvre.

Dans ce contexte, Bruno Le Maire a récemment publié un manifeste proposant des pistes pour relancer l’économie. Parmi elles, la réduction des dépenses publiques et la simplification administrative occupent une place centrale. Reste à savoir si ces propositions seront suffisantes pour convaincre les partenaires sociaux et éviter un nouveau bras de fer sur les retraites.

Et maintenant ?

Le gouvernement dispose de plusieurs mois pour trancher. La prochaine échéance sera le projet de loi de finances 2027, dont le dépôt est prévu à l’automne 2026. D’ici là, les consultations avec les partenaires sociaux devraient s’intensifier, notamment sur la question des retraites et du financement du système. Quant au Medef, il a prévenu : toute nouvelle hausse d’impôt serait « un mauvais signal » pour l’attractivité économique du pays. À suivre, donc.

En attendant, la question du rétablissement de la réforme Borne reste suspendue, comme un spectre qui plane sur les négociations à venir. Les prochains mois diront si l’exécutif osera rouvrir ce dossier épineux, ou s’il privilégiera d’autres solutions pour assurer l’équilibre du système de retraite.

La réforme Borne prévoyait notamment le report de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, un allongement de la durée de cotisation et la prise en compte des trimestres pour les carrières longues. Elle avait également introduit des mesures incitatives pour les seniors souhaitant continuer à travailler après 64 ans.