Une hausse des hospitalisations pour troubles cardiaques a été observée lors des grands matchs de football, selon Ouest France. Une activité pourtant considérée comme anodine, regarder un match depuis son canapé, pourrait ainsi comporter des risques insoupçonnés pour la santé.

Ce qu'il faut retenir

  • Une augmentation de 20 % des admissions en urgence pour problèmes cardiovasculaires a été enregistrée lors des matchs à enjeu, d’après une étude citée par Ouest France.
  • Les matchs les plus tendus, comme les finales de Ligue des champions ou de Coupe du monde, seraient particulièrement concernés.
  • Les hommes de plus de 50 ans et les personnes souffrant de pathologies préexistantes seraient les plus exposés.
  • Le stress émotionnel lié à l’incertitude du résultat serait un facteur déclenchant majeur.
  • Les chercheurs recommandent une vigilance accrue pendant ces événements sportifs.

Cette observation n’est pas anecdotique. Ouest France rappelle que plusieurs études scientifiques ont établi un lien entre les matchs de football à suspense et une recrudescence des problèmes cardiaques. Selon les données compilées, les jours de finale de Ligue des champions, le nombre d’hospitalisations pour infarctus ou troubles du rythme cardiaque augmente significativement par rapport à une journée moyenne. En France, une hausse de 20 % a été enregistrée lors des dernières finales européennes, un phénomène qui n’est pas isolé.

Le mécanisme en cause ? Le stress émotionnel. Les chercheurs évoquent une réaction physiologique classique : la libération d’adrénaline et de cortisol, des hormones qui, en cas d’excès, peuvent provoquer des accidents cardiovasculaires. « L’incertitude du résultat, la passion exacerbée et l’investissement émotionnel des supporters sont autant de facteurs qui augmentent la pression sur le système cardiaque », explique le Pr Jean-Michel Chabot, cardiologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou. Ce dernier précise que les hommes de plus de 50 ans et les personnes souffrant d’hypertension ou de diabète sont particulièrement vulnérables.

Les données épidémiologiques confirment cette tendance. Une étude publiée en 2023 dans la revue European Heart Journal avait déjà souligné ce lien. En analysant les admissions aux urgences cardiaques en Allemagne lors de la Coupe du monde 2018, les chercheurs avaient constaté une corrélation directe entre les matchs de l’équipe nationale et les pics d’hospitalisations. Le match opposant l’Allemagne à la Corée du Sud, perdu 2-0 par les Allemands, avait ainsi coïncidé avec une augmentation de 15 % des infarctus ce jour-là.

Face à ce constat, les autorités sanitaires commencent à tirer la sonnette d’alarme. Ouest France souligne que la Ligue nationale de football (LNF) et les fédérations européennes ont été informées de ces risques. Certaines campagnes de sensibilisation ont été lancées pour inciter les supporters à adopter des réflexes simples : éviter les excitants comme l’alcool ou le tabac pendant le match, surveiller sa tension, et consulter un médecin en cas de symptômes inhabituels. « Il ne s’agit pas d’inciter à la panique, mais de rappeler que le football, comme tout sport, peut avoir des répercussions sur la santé », tempère le Pr Chabot.

Et maintenant ?

Les prochains grands rendez-vous sportifs, comme l’Euro 2028 ou les Jeux Olympiques de Los Angeles, pourraient offrir une nouvelle occasion d’étudier ce phénomène. Les chercheurs appellent à un suivi plus systématique des hospitalisations pendant ces événements, tandis que les fédérations sportives pourraient renforcer leurs protocoles de prévention. En attendant, les supporters les plus à risque sont invités à consulter leur médecin traitant avant ces matchs à haute tension.

Une question reste en suspens : ces pics d’hospitalisations sont-ils uniquement liés à la passion du football, ou faut-il y voir un signe plus large de l’impact du stress émotionnel sur la santé cardiovasculaire ? Les prochaines études pourraient apporter des réponses.

Les signes avant-coureurs d’un problème cardiaque incluent une douleur ou une gêne dans la poitrine, un essoufflement anormal, des sueurs froides, des nausées ou des vertiges. En cas de doute, il est recommandé d’appeler immédiatement les secours.