Une étude clinique publiée dans la revue Cell Metabolism met en évidence l’efficacité supérieure du régime cétogène comparé au régime méditerranéen pour réduire la masse grasse chez les adultes obèses. Selon nos confrères de Top Santé, ces résultats pourraient redéfinir les stratégies nutritionnelles dédiées à la santé métabolique.

Ce qu'il faut retenir

  • L’étude compare deux régimes sur une période de 4 mois auprès d’adultes obèses
  • Le régime cétogène permet une réduction plus marquée de la masse grasse que le régime méditerranéen
  • Les participants sous régime cétogène ont perdu en moyenne 5,6 kg de graisse, contre 3,1 kg pour ceux suivant le régime méditerranéen
  • Cette étude a été menée dans le cadre d’un essai clinique publié dans Cell Metabolism
  • Les bénéfices concernent principalement la santé métabolique, notamment la sensibilité à l’insuline

Une comparaison rigoureuse entre deux régimes emblématiques

L’essai clinique, mené auprès de 33 participants obèses, a évalué l’impact du régime cétogène — pauvre en glucides et riche en lipides — par rapport au régime méditerranéen, reconnu pour ses vertus cardiovasculaires. Pendant quatre mois, les chercheurs ont suivi de près l’évolution de la composition corporelle, de la glycémie et des marqueurs inflammatoires des participants. « Les résultats montrent une perte de graisse significativement plus importante avec le régime cétogène, » a déclaré le Dr. Kevin Hall, chercheur au sein du laboratoire de biologie cellulaire et métabolique des National Institutes of Health (NIH), principal auteur de l’étude.

Cette différence s’explique notamment par le mécanisme même du régime cétogène : en l’absence de glucides, l’organisme puise son énergie dans les réserves lipidiques, ce qui favorise une combustion accrue des graisses. À l’inverse, le régime méditerranéen, bien que bénéfique pour le cœur, n’induit pas cette cétose métabolique. « Nos données suggèrent que le régime cétogène pourrait devenir un outil clé dans la prise en charge de l’obésité, » a précisé le Dr. Hall.

Des bénéfices étendus au-delà de la perte de poids

Au-delà de la réduction de la masse grasse, l’étude révèle d’autres améliorations métaboliques chez les participants suivant le régime cétogène. Leur sensibilité à l’insuline s’est améliorée de 25 %, un facteur clé dans la prévention du diabète de type 2. Par ailleurs, une baisse de 15 % des triglycérides sanguins a été observée, tandis que le taux de cholestérol HDL (« bon cholestérol ») a augmenté. Autant dire que les effets dépassent largement la simple perte de poids.

Ces résultats s’ajoutent à une littérature scientifique déjà riche sur les régimes pauvres en glucides. Selon Top Santé, plusieurs études antérieures avaient mis en lumière les avantages du régime cétogène pour la gestion du poids et des maladies métaboliques. Cependant, cette nouvelle recherche se distingue par son approche rigoureuse, avec un suivi médical constant et une comparaison directe avec un régime de référence.

Quels enseignements pour les patients et les professionnels de santé ?

Pour les spécialistes en nutrition, cette étude pourrait servir de référence pour adapter les recommandations diététiques. « Il ne s’agit pas de diaboliser le régime méditerranéen, qui reste excellent pour la santé cardiovasculaire, » a souligné le Pr. Jean-Michel Cohen, nutritionniste et auteur de plusieurs ouvrages sur les régimes. « Mais pour les patients obèses ou en résistance à l’insuline, le régime cétogène pourrait être une option à envisager sérieusement. »

Cependant, les experts rappellent que ce régime n’est pas dénué de risques. Une supplémentation en électrolytes est souvent nécessaire pour éviter les carences ou les effets indésirables comme la fatigue ou les maux de tête. De plus, son adoption doit être encadrée par un professionnel de santé, surtout en cas de maladies rénales ou hépatiques. « La clé réside dans un suivi personnalisé, » a insisté le Pr. Cohen.

Et maintenant ?

Cette étude ouvre la voie à de nouvelles recherches sur l’intégration du régime cétogène dans les protocoles de perte de poids, notamment pour les patients souffrant de diabète de type 2. Les prochaines étapes pourraient inclure des essais à plus grande échelle, ainsi que des analyses sur la durabilité des effets à long terme. D’ici là, les autorités sanitaires devraient évaluer si ces résultats justifient une mise à jour des recommandations nutritionnelles.

Pour l’instant, les régimes cétogènes restent un sujet de débat dans le monde médical. Certains y voient une révolution, d’autres un effet de mode passager. Une chose est sûre : cette étude apporte des éléments concrets pour alimenter la discussion. Reste à voir si, dans la pratique, les patients seront prêts à adopter un régime aussi restrictif sur le long terme.

Non. Ce régime est déconseillé aux personnes souffrant de maladies rénales ou hépatiques, ainsi qu’aux femmes enceintes. Une supplémentation en électrolytes et un suivi médical sont indispensables pour éviter les carences.