Le prochain remake de The Legend of Zelda: Ocarina of Time, attendu avec impatience sur Nintendo Switch 2, pourrait marquer un tournant dans la conception des donjons, selon des déclarations de Shigeru Miyamoto publiées il y a près de trente ans et récemment exhumées par Numerama le 21 juin 2026.
Alors que les joueurs s’attendent surtout à un lifting graphique et à une modernisation des mécaniques du jeu culte de 1998, c’est bien une refonte partielle de sa structure qui pourrait émerger. Miyamoto y révèle en effet une lassitude précoce envers les donjons traditionnels, ces labyrinthes linéaires si caractéristiques de la saga Zelda.
Ce qu'il faut retenir
- Shigeru Miyamoto a exprimé dès 1999 une critique envers les donjons d’Ocarina of Time, jugés trop chronophages et peu engageants pour les joueurs.
- Pour la première fois dans la série, les développeurs n’ont pas axé le jeu sur des labyrinthes classiques, privilégiant une approche plus immersive et émotionnelle.
- Les opus suivants, comme Majora’s Mask ou The Wind Waker, ont confirmé cette tendance en réduisant la place des donjons au profit de l’exploration libre.
- Breath of the Wild et Tears of the Kingdom ont radicalement abandonné cette mécanique, s’appuyant sur un monde ouvert sans contraintes.
- Le remake d’Ocarina of Time sur Switch 2 devra trancher : perpétuer la formule historique ou poursuivre l’évolution initiée par Miyamoto.
Un aveu de Miyamoto qui remet en cause la recette historique de Zelda
Dans un entretien publié en 1999 dans un guide stratégique japonais et relayé par Numerama, le créateur de la série Zelda a livré une analyse sans concession sur la conception des donjons dans les jeux de la licence. Selon lui, ces structures répétitives et chronophages finissaient par épuiser les équipes de développement, au point que certains projets frôlaient l’abandon.
« Dans chaque opus de Zelda, la création des donjons est extrêmement chronophage », a expliqué Miyamoto. « Je ne saurais dire combien de fois ils ont dû être refaits et retravaillés, au point que l’équipe était au bord des larmes. » Cette confession éclaire d’un jour nouveau la genèse d’Ocarina of Time, souvent présenté comme l’apogée des donjons dans la saga.
La fin d’une philosophie, l’émergence d’une nouvelle approche
Le créateur de Zelda a souligné que la série suivait une doctrine bien établie : la « supériorité des donjons ». Pourtant, avec Ocarina of Time, Nintendo a marqué une rupture en ne passant pas autant de temps à concevoir ces labyrinthes. « Vous savez, on s’est demandé si ces labyrinthes, où tout est toujours lié de façon linéaire, étaient encore intéressants pour les joueurs », a-t-il déclaré. « Est-ce toujours amusant de passer autant de temps à élaborer un plan pour s’y retrouver ? Et la conclusion à laquelle nous sommes arrivés est non, ce n’est pas vraiment amusant. »
Avec la liberté offerte par le passage à la 3D, les développeurs ont pu explorer d’autres pistes. « Au lieu de se frayer un chemin dans un labyrinthe, je pense que ce qui est plus important, c’est un sentiment d’angoisse, une sensation de pression, et bien sûr la possibilité de découvrir des secrets et de résoudre des énigmes », a précisé Miyamoto. « Nous devrions rechercher une immédiateté émotionnelle, le sentiment d’y être vraiment. »
Une évolution confirmée par les jeux suivants
Cette prise de conscience ne s’est pas limitée à Ocarina of Time. Les deux suites directes, Majora’s Mask et The Wind Waker, ont confirmé cette volonté de réduire la place des donjons au profit d’expériences plus libres et immersives. Quant aux opus plus récents, Breath of the Wild (2017) et Tears of the Kingdom (2023), ils ont radicalement abandonné cette mécanique pour se concentrer sur un monde ouvert sans contraintes imposées par des labyrinthes.
Cette rupture avec la tradition des donjons a marqué un tournant pour la licence. Pourtant, Ocarina of Time reste souvent cité comme la référence absolue en matière de structure de donjons dans la saga. Le remake prévu sur Switch 2 se retrouve donc à la croisée des chemins : célébrer l’héritage du jeu original ou poursuivre l’évolution initiée par son créateur il y a près de trente ans.
En attendant, la question reste entière : ce remake parviendra-t-il à concilier l’héritage d’Ocarina of Time avec les attentes modernes des joueurs, ou confirmera-t-il le virage amorcé il y a près de trente ans par Miyamoto ?
Selon ses propos rapportés par Numerama, les donjons traditionnels étaient jugés trop chronophages et peu engageants pour les joueurs. Miyamoto a expliqué que leur conception répétitive épuisait les équipes et que leur linéarité perdait en attractivité. Il a notamment souligné que les joueurs passaient trop de temps à planifier leur progression plutôt qu’à profiter de l’expérience.
Majora’s Mask et The Wind Waker ont réduit la place des donjons, tandis que Breath of the Wild et Tears of the Kingdom les ont totalement supprimés au profit d’un monde ouvert sans contraintes imposées par des labyrinthes.