Les actions des constructeurs automobiles Renault et Stellantis ont enregistré des hausses respectives de 2,3% et 2,1% à la Bourse de Paris ce mardi 28 juillet 2026, dans un contexte où le secteur automobile européen reste sous pression. Selon BFM Bourse, cette progression s’explique principalement par les résultats trimestriels de Mercedes-Benz, qui ont dépassé les attentes des marchés et rassuré les investisseurs sur les perspectives du secteur.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 progresse de +0,59% à 8 457,97 points en séance.
  • Renault et Stellantis enregistrent des hausses respectives de 2,3% et 2,1% à Paris.
  • Mercedes-Benz publie des résultats supérieurs aux attentes, avec une marge automobile de 4% contre 3,5% attendu.
  • L’indice sectoriel « Stoxx Europe 600 Automobile and Parts » recule de 17% depuis le début de l’année.
  • La Commission européenne doit se prononcer en octobre sur des mesures commerciales face à la concurrence chinoise.

Un secteur automobile européen en difficulté depuis le début de l’année

Comme en témoignent les performances des indices, le secteur automobile européen traverse une période compliquée en 2026. L’indice Stoxx Europe 600 Automobile and Parts, qui regroupe les principaux constructeurs du continent, affiche un recul de 17% depuis le 1er janvier. Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance : la faiblesse du marché chinois, où les groupes allemands Volkswagen, BMW, Porsche et Mercedes-Benz sont bien implantés, pénalise leurs ventes. Parallèlement, l’offensive des constructeurs chinois sur le marché européen, où leurs parts de marché progressent, inquiète les investisseurs.

En février 2026, les analystes de Morgan Stanley avaient déjà alerté sur cette pression concurrentielle : « Nous prévoyons une pression croissante à long terme, en particulier pour les acteurs de volume comme Stellantis, Renault, Volkswagen », indiquaient-ils. Depuis le début de l’année, les marques chinoises grignotent effectivement des parts de marché aux Européens, alimentant les craintes d’une concurrence structurelle accrue.

Le conflit au Moyen-Orient a également joué un rôle dans ce contexte morose, en pesant sur la confiance des ménages et en aggravant les difficultés du secteur. Ces éléments ont formé, selon Morgan Stanley, une véritable « tempête parfaite » pour l’industrie automobile.

Mercedes-Benz redonne un élan aux constructeurs européens

Malgré ce tableau sombre, les résultats trimestriels de Mercedes-Benz, publiés ce mardi 28 juillet, ont apporté une bouffée d’oxygène au secteur. Le groupe allemand a non seulement dépassé les attentes des analystes, mais il a également confirmé ses objectifs de marge pour sa division automobile, comprise entre 3% et 5%, contre un consensus de 3,8%. Au deuxième trimestre, la marge de cette division s’est établie à 4%, contre 3,5% attendu.

Les perspectives de Mercedes-Benz ont été jugées « clairement rassurantes » par les observateurs. « Mercedes-Benz est la première société à clairement réitérer ses perspectives, alors que Volkswagen a légèrement abaissé les siennes, ce qui donne un sentiment de résistance pour l’ensemble du secteur », a souligné un analyste interrogé par BFM Bourse. Un autre intermédiaire financier a abondé dans ce sens : « Ces résultats peuvent amener le marché à se projeter vers octobre », a-t-il estimé, évoquant l’anticipation des publications des prochains résultats des constructeurs.

À Francfort, l’action Mercedes-Benz a progressé de 2,7% en fin de séance, tandis que à Paris, Renault et Stellantis ont respectivement gagné 2,3% et 2,1%, avec des pointes à +3,6% et +2,78% en cours de journée.

Renault et Stellantis publient leurs résultats dans les prochaines heures

Les deux groupes français ne publieront leurs résultats que demain, mercredi 29 juillet au soir pour Renault, et jeudi 30 juillet au matin pour Stellantis. Selon plusieurs analystes cités par BFM Bourse, ces publications pourraient bénéficier de l’effet d’entraînement généré par les annonces de Mercedes-Benz. « Les perspectives de Mercedes-Benz ont clairement rassuré le marché et les constructeurs allemands, ainsi que l’ensemble du secteur », a expliqué un expert.

Au-delà des marges opérationnelles supérieures aux attentes, Mercedes-Benz a également confirmé ses objectifs pour sa division de services financiers et maintenu ceux de ses divisions automobiles et utilitaires. Pour Citi, ces résultats constituent une « surprise positive », d’autant plus qu’ils interviennent après l’avertissement récent émis par BMW, qui a revu à la baisse ses prévisions pour l’année.

La Commission européenne pourrait durcir le ton face à la concurrence chinoise

Un autre élément a contribué à l’optimisme relatif des investisseurs : la Commission européenne a fixé une date butoir en octobre 2026 pour rééquilibrer son déficit commercial avec la Chine. Cette échéance pourrait inciter Bruxelles à prendre des mesures protectionnistes, limitant ainsi l’accès du marché européen aux constructeurs automobiles chinois. Une telle décision, si elle était adoptée, réduirait mécaniquement la pression concurrentielle sur les groupes européens.

Pour l’instant, les analystes restent prudents. « L’effet Mercedes-Benz est réel, mais il reste à voir si cette dynamique se confirmera lors des prochaines publications », tempère un gérant de portefeuille interrogé par BFM Bourse. Le secteur automobile européen reste en effet confronté à des défis structurels, à commencer par la montée en puissance des constructeurs chinois et la faiblesse persistante du marché chinois pour les groupes allemands.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent déterminantes pour le secteur automobile européen. Les publications de résultats de Renault et Stellantis, attendues respectivement mercredi soir et jeudi matin, pourraient confirmer ou infirmer la tendance positive initiée par Mercedes-Benz. Par ailleurs, la décision de la Commission européenne en octobre pourrait avoir un impact majeur sur la concurrence chinoise en Europe. Enfin, l’évolution des tensions géopolitiques et la confiance des ménages seront des facteurs clés à surveiller pour anticiper la suite des événements.

En attendant, les investisseurs scruteront avec attention les prochaines statistiques de ventes et les annonces des constructeurs, alors que l’indice sectoriel reste en territoire négatif depuis le début de l’année.

Mercedes-Benz est considéré comme un baromètre du secteur automobile allemand, dont les performances influencent les anticipations pour l’ensemble du compartiment européen. Ses résultats rassurants ont permis de redonner un peu de confiance aux investisseurs, ce qui s’est répercuté sur les actions des autres constructeurs, y compris français.

Les constructeurs européens font face à plusieurs défis : la faiblesse du marché chinois, la concurrence accrue des constructeurs chinois en Europe, les tensions géopolitiques (notamment au Moyen-Orient) et la pression sur les marges due à la transition vers l’électrique. Ces facteurs expliquent la contre-performance de l’indice sectoriel depuis le début de l’année.