Le coût de la rénovation du Palais de Westminster, siège du Parlement britannique à Londres, pourrait encore s’envoler en raison des années d’atermoiements politiques, selon un rapport publié ce lundi 15 juin par le National Audit Office (NAO), l’organisme britannique de contrôle des comptes publics. Franceinfo - Culture et l’AFP rapportent que chaque année de retard ajoute jusqu’à 420 millions de livres sterling (485 millions d’euros) au budget total, déjà estimé en dizaines de milliards.

Ce qu'il faut retenir

  • Le projet de rénovation, estimé à plus de soixante ans, voit son budget gonfler chaque année en l’absence de décision rapide, indique le National Audit Office (NAO).
  • Chaque année de retard coûte jusqu’à 420 millions de livres sterling (485 M€) supplémentaires au total.
  • Le bâtiment, de style néogothique, nécessite une restauration urgente pour ses systèmes mécaniques, électriques et ses problèmes d’amiante.
  • Quatre options de travaux sont encore sur la table, dont deux recommandées par l’instance de pilotage, avec des durées allant de 19 à 84 ans.
  • Le Parlement britannique avait voté en 2018 en faveur de réparations, mais le programme est aujourd’hui à une « étape critique ».

Un chantier aux enjeux colossaux

Le Palais de Westminster, classé monument historique, est un symbole du patrimoine britannique. Son état de dégradation s’aggrave d’année en année, avec des risques majeurs : défaillance des systèmes mécaniques et électriques, sécurité incendie insuffisante et présence élevée d’amiante, détaille le NAO dans un communiqué. Construite en grande partie après l’incendie de 1834, l’imposante structure abrite toujours des infrastructures vieillissantes, malgré des réparations ponctuelles comme celles menées sur la tour Elizabeth et Big Ben entre 2017 et 2022.

Pendant cinq ans, les travaux sur l’horloge avaient contraint ses techniciens à limiter la sonnerie de Big Ben à quelques occasions exceptionnelles. Aujourd’hui, l’urgence est ailleurs : la facture totale pourrait atteindre jusqu’à 39,2 milliards de livres (45 milliards d’euros) si le Parlement opte pour une rénovation par zones, avec le maintien partiel des parlementaires sur place. Une autre option, consistant à évacuer totalement le bâtiment, porterait la durée des travaux à 19-24 ans pour un coût de 11,1 à 15,6 milliards de livres (13 à 18 milliards d’euros).

Des hésitations politiques qui pèsent lourd

Les responsables politiques britanniques tergiversent depuis des années sur l’ampleur et la méthode à adopter pour rénover le palais. Pourtant, dès 2018, les députés avaient donné leur accord pour engager des travaux. « Le programme se trouve désormais à une étape critique, le Parlement étant appelé à approuver deux options parmi quatre encore sur la table », rappelle le NAO. Parmi les scénarios envisagés, l’un prévoit même une étalement des travaux sur quatre-vingt-quatre ans, une durée qui illustre l’ampleur des hésitations.

Le contrôleur des comptes britanniques alerte : l’absence de décision rapide aggrave non seulement le coût financier, mais aussi les risques pour les occupants et les visiteurs. « Les systèmes mécaniques et électriques, conçus il y a plus d’un siècle, sont de plus en plus défaillants », a souligné un porte-parole du NAO, ajoutant que « les infiltrations d’eau et les pannes à répétition perturbent déjà le fonctionnement normal du palais ».

Quatre scénarios pour un même monument

Le NAO présente quatre options, mais seules deux sont officiellement recommandées. La première, la plus rapide, consiste à déplacer temporairement les parlementaires pendant les travaux. Avec cette méthode, la rénovation s’étalerait sur 19 à 24 ans, pour un coût estimé entre 11,1 et 15,6 milliards de livres (13 à 18 milliards d’euros). La seconde option, plus longue, prévoit de diviser le palais en zones de chantier, permettant aux députés de siéger partiellement. Dans ce cas, la durée pourrait atteindre 38 à 61 ans, avec un budget pouvant grimper jusqu’à 39,2 milliards de livres (45 milliards d’euros).

Les deux autres scénarios, moins détaillés, prévoient soit un étalement encore plus long, soit une approche hybride. Aucun de ces choix n’est anodin : chaque jour supplémentaire de retard augmente la facture de plus d’un million de livres sterling, soit près de 1,15 million d’euros. « Le coût de l’inaction est déjà exorbitant », a déclaré un expert en patrimoine cité par le rapport.

Et maintenant ?

Le Parlement britannique doit trancher dans les prochains mois entre les options proposées, alors que le palais continue de se dégrader. Une décision devra être prise avant la fin de l’année pour éviter un nouveau report des travaux, déjà maintes fois repoussés. Si les députés optent pour une rénovation par zones, les premières phases pourraient débuter dès 2027, mais l’achèvement complet ne serait envisageable qu’au-delà de 2060. À l’inverse, un déplacement total des parlementaires accélérerait le processus, mais au prix d’un coût initial plus élevé et d’une logistique complexe.

Reste à savoir si les élus parviendront à dépasser leurs divisions politiques pour sauver ce joyau architectural. Car au-delà des chiffres, c’est la continuité du fonctionnement démocratique britannique qui est en jeu. Le NAO a d’ailleurs rappelé que « la dégradation actuelle menace non seulement le patrimoine, mais aussi la sécurité des personnes présentes dans l’enceinte du palais ».

La balle est désormais dans le camp des responsables politiques. Leur choix aura des répercussions pendant des décennies, tant sur le plan financier qu’historique.

Le coût s’explique par l’état de dégradation avancé du bâtiment, classé monument historique, qui nécessite des travaux de grande ampleur sur ses infrastructures vieillissantes (électricité, mécanique, amiante). De plus, chaque année de retard ajoute jusqu’à 420 millions de livres sterling (485 M€) au budget total, selon le National Audit Office.

Le NAO recommande deux scénarios : le déplacement temporaire des parlementaires pendant les travaux (19-24 ans pour 11,1 à 15,6 milliards de livres) ou la rénovation par zones avec maintien partiel des députés (38-61 ans pour jusqu’à 39,2 milliards de livres).