Les secours pakistanais ont relancé samedi leurs opérations pour retrouver sept alpinistes portés disparus depuis une avalanche survenue jeudi sur le Broad Peak (8 047 m), l’un des plus hauts sommets du monde, comme le rapporte Le Figaro. Cette reprise fait suite à la découverte vendredi des corps de trois membres de l’expédition internationale, transportés par hélicoptère vers un hôpital pour identification.
L’avalanche s’est produite alors que les dix alpinistes de l’expédition tentaient l’ascension du Broad Peak à environ 6 600 mètres d’altitude. Parmi eux figuraient l’alpiniste Nirmal Purja, 43 ans, guide de haute montagne et ancien membre des Gurkhas puis des Royal Marines, connu pour ses records d’ascension. Le dernier contact avec l’équipe remonte à jeudi matin, avant que les balises de localisation ne révèlent un déplacement brutal des alpinistes sur plusieurs centaines de mètres le long de la pente.
Ce qu'il faut retenir
- Sept alpinistes toujours portés disparus après une avalanche sur le Broad Peak (8 047 m) au Pakistan, selon Le Figaro.
- Trois corps retrouvés et identifiés : une Américaine, une Omanaise et un Népalais, transportés par hélicoptère vers un hôpital.
- L’expédition comptait dix personnes, dirigée par Nirmal Purja, 43 ans, célèbre alpiniste britannico-népalais.
- L’avalanche s’est produite jeudi à 6 600 m d’altitude, interrompant tout contact avec l’équipe.
- Les secours, interrompus vendredi par de mauvaises conditions météo, ont repris les recherches samedi avec des hélicoptères et des porteurs d’altitude.
- Le Broad Peak, 12e plus haut sommet du monde, est réputé pour sa difficulté technique parmi les sommets de plus de 8 000 m.
Une expédition internationale sous la direction d’un recordman
L’expédition partie à l’assaut du Broad Peak comptait dix alpinistes, dont cinq Népalais, un Pakistanais, une Omanaise, une Américaine et un Chinois, aux côtés de Nirmal Purja. Ce dernier, surnommé « Nims », est une figure majeure de l’alpinisme moderne. Il avait établi en 2019 un record en gravissant les quatorze sommets de plus de 8 000 mètres en six mois et six jours sans oxygène, un exploit salué dans le milieu.
Quelques jours avant cette expédition, il avait partagé sur le réseau social X son ambition de devenir la première personne à gravir deux fois, toujours sans assistance respiratoire, les quatorze « super sommets » de plus de 8 000 mètres. « Broad Peak, je ne demande qu’une chose : pouvoir monter et redescendre sain et sauf », avait-il écrit. Son parcours atypique, marqué par une carrière dans l’armée britannique puis les forces spéciales, en fait l’un des alpinistes les plus médiatisés au monde.
Des conditions extrêmes et une opération de secours complexe
L’avalanche a frappé jeudi alors que l’équipe évoluait à environ 6 600 mètres, selon les autorités régionales du Gilgit-Baltistan, région montagneuse du nord du Pakistan. Les secours, composés de militaires pakistanais, de porteurs d’altitude et de secouristes locaux, avaient commencé les recherches dès jeudi avant de devoir interrompre les opérations vendredi en raison de conditions météo défavorables.
« L’équipe de secours a signalé avoir repéré plusieurs autres corps d’alpinistes grâce à des images de drone », a indiqué le gouvernement régional. Les opérations se poursuivent dans un terrain extrêmement accidenté et sous des conditions de haute montagne, où les températures et les vents rendent chaque intervention périlleuse. Les dépouilles déjà retrouvées ont été évacuées par hélicoptère vers un établissement médical pour une identification formelle, selon les autorités locales.
Le Broad Peak, un sommet réputé pour sa dangerosité
Le Broad Peak, 12e plus haut sommet du monde, est considéré comme l’un des sommets de plus de 8 000 mètres les plus techniques à gravir. Sa première ascension remonte à 1957, réalisée par une équipe autrichienne. Sa configuration, avec des passages étroits et des crevasses, ainsi que les conditions météo imprévisibles, en font une montagne redoutée même des alpinistes expérimentés.
L’ascension du Broad Peak nécessite une préparation physique et mentale rigoureuse, ainsi qu’une logistique adaptée aux conditions extrêmes de l’Himalaya. La présence de Nirmal Purja, habitué aux expéditions de haut niveau, laissait pourtant espérer une issue favorable, malgré les risques inhérents à ce type d’entreprise.
Nirmal Purja, un alpiniste hors norme
Né au Népal et ayant servi dans les forces spéciales britanniques, Nirmal Purja a révolutionné l’alpinisme en repoussant les limites du possible. Son record de 2019, surnommé « Project Possible », a marqué l’histoire en prouvant qu’une ascension en série des quatorze sommets de plus de 8 000 mètres sans oxygène était réalisable en un temps record. Ce parcours lui a valu une reconnaissance internationale et une notoriété qui dépasse le cercle des alpinistes.
Avant cette expédition sur le Broad Peak, il avait annoncé vouloir gravir une deuxième fois tous les sommets de plus de 8 000 mètres, un projet qui aurait encore renforcé sa légende. Son absence actuelle, alors que trois membres de son équipe ont déjà été retrouvés morts, suscite une vive inquiétude dans la communauté alpine.
Cette nouvelle disparition souligne une fois de plus les dangers constants liés à l’alpinisme en haute montagne, où chaque expédition reste une entreprise à haut risque malgré les progrès technologiques et l’expérience des guides. Les résultats des recherches pourraient avoir un impact sur les futures expéditions dans la région, notamment en termes de protocoles de sécurité renforcés.
Les expéditions vers le Broad Peak exigent une préparation physique intense, une expérience confirmée en alpinisme de haute altitude, ainsi que des autorisations délivrées par les autorités pakistanaises. Les candidats doivent généralement justifier d’ascensions préalables sur des sommets de plus de 6 000 mètres et présenter un certificat médical attestant de leur aptitude à évoluer en conditions extrêmes.