La République démocratique du Congo (RDC) a lancé jeudi une campagne de vaccination contre Ebola, alors que l’épidémie actuelle s’étend à un rythme inédit dans l’histoire de la maladie. Selon nos confrères de Euronews FR, cette initiative vise à enrayer la propagation du virus, notamment dans la province de l’Ituri, épicentre de la crise. Le vaccin Ervebo, déjà utilisé contre d’autres souches d’Ebola, est administré en priorité aux agents de santé et aux travailleurs de première ligne, tandis que des essais cliniques sont en cours pour tester son efficacité contre le variant Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle.
Ce qu'il faut retenir
- La RDC a commencé à vacciner contre Ebola le 28 août 2026, avec une priorité donnée aux agents de santé et aux travailleurs de première ligne.
- Le vaccin Ervebo, déjà éprouvé contre d’autres souches, est utilisé dans le cadre d’un programme d’usage compassionnel, avec 70 000 doses approuvées par l’OMS.
- L’épidémie, concentrée dans la province de l’Ituri, a déjà fait 2 744 morts sur 5 713 cas confirmés, selon les chiffres officiels.
- Des essais cliniques sont en cours pour évaluer l’efficacité du vaccin Ervebo contre le variant Bundibugyo, tandis que des recherches sont menées pour développer un vaccin spécifique.
- L’OMS considère que l’épidémie reste hors de contrôle et pourrait dépasser en gravité celle de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest.
Une épidémie qui s’accélère et dépasse les records historiques
L’épidémie d’Ebola qui frappe la RDC depuis plusieurs mois s’est intensifiée ces dernières semaines, au point de devenir la plus meurtrière des 17 flambées enregistrées dans le pays depuis 1976. D’après les dernières données communiquées par le gouvernement congolais mardi 26 août 2026, le bilan s’élève à 5 713 cas confirmés, dont 2 744 décès. La province de l’Ituri, principale zone touchée, concentre l’essentiel de la propagation, mais six provinces de l’est du pays sont désormais concernées, dont la Tshopo, où a été lancée la campagne de vaccination.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les conditions de lutte contre l’épidémie restent extrêmement difficiles. L’insécurité persistante, les déplacements massifs de populations et une grève du personnel de santé ont considérablement compliqué la réponse sanitaire. Comme le souligne l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’épidémie actuelle pourrait bien surpasser en gravité celle d’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, qui avait fait plus de 11 000 morts en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. « L’épidémie reste hors de contrôle », a rappelé l’organisation dans ses derniers rapports.
Le vaccin Ervebo, une arme temporaire contre une souche apparentée
Face à l’urgence, les autorités sanitaires congolaises ont décidé de recourir au vaccin Ervebo, un sérum déjà éprouvé lors de précédentes épidémies causées par la souche Zaire d’Ebola. « Nous avons choisi d’utiliser le vaccin Ervebo pour protéger en priorité ceux qui sont en première ligne », a déclaré le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, lors du lancement de la campagne à Kisangani, capitale de la Tshopo. Ce choix s’explique par l’efficacité démontrée d’Ervebo dans des contextes similaires, même si son utilisation dans le cadre de l’épidémie actuelle relève d’un programme d’usage compassionnel.
L’OMS a validé l’envoi de 70 000 doses d’Ervebo en RDC. Plus de 50 000 doses ont déjà été réceptionnées, tandis que 20 000 supplémentaires seront réservées à un essai clinique visant à déterminer si le vaccin peut protéger contre le variant Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle. Les autorités sanitaires estiment en effet qu’Ervebo pourrait offrir une protection partielle, les deux souches étant apparentées. Cependant, son efficacité réelle contre le variant Bundibugyo reste à confirmer, comme l’a précisé Placide Mbala Kingebeni, directeur de la recherche et des essais cliniques au CDC Afrique : « Des données seront collectées durant la campagne pour mesurer les performances du vaccin. »
Un déploiement limité mais ciblé, tandis que la recherche avance
La campagne de vaccination, qui devrait couvrir 14 zones de santé dans les provinces de la Tshopo, du Bas-Uélé et du Haut-Uélé, se concentre dans un premier temps sur les agents de santé et les travailleurs de première ligne. Le ministre Kamba a d’ailleurs insisté sur l’importance de leur vaccination, soulignant que cela pourrait non seulement les protéger, mais aussi limiter la transmission du virus au sein des communautés. « L’injection pourrait les protéger contre la maladie et contribuer à éviter qu’ils ne transmettent le virus dans leurs communautés », a-t-il souligné.
Parallèlement, des recherches sont menées pour développer un vaccin spécifique contre le variant Bundibugyo. Le Vaccine Group de l’université d’Oxford et Moderna ont lancé des essais cliniques de phase I, qui visent à évaluer la sécurité, la tolérance et la réponse immunitaire du nouveau vaccin. Ces essais, encore au stade préliminaire, pourraient ouvrir la voie à une solution plus adaptée à la souche actuelle. Pour l’heure, aucun vaccin homologué ni traitement n’existe contre le variant Bundibugyo.
Cette épidémie rappelle une fois de plus la vulnérabilité des systèmes de santé face aux maladies émergentes, surtout dans des contextes marqués par des crises multiples. Alors que la RDC tente de contenir la propagation d’Ebola, la communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, consciente que les leçons de 2014-2016 n’ont pas encore été pleinement tirées.
Le vaccin Ervebo, déjà éprouvé contre la souche Zaire d’Ebola, est utilisé dans le cadre d’un programme d’usage compassionnel. Les autorités sanitaires estiment que, les deux souches étant apparentées, Ervebo pourrait offrir une protection partielle. Cependant, son efficacité réelle contre le variant Bundibugyo reste à confirmer, ce qui explique la mise en place d’un essai clinique pour mesurer ses performances.