Aux États-Unis, Meta a accepté de limiter à deux heures par jour l’accès à Instagram et Facebook pour les mineurs, une décision qui pourrait inspirer l’Europe et la France. Selon nos confrères de Journal du Geek, ces restrictions, prévues dans la majorité des États américains, incluent aussi l’interdiction des notifications après minuit et l’impossibilité d’utiliser les plateformes sans restriction après cet horaire.
Ce qu'il faut retenir
- Meta a accepté de limiter l’accès à Instagram et Facebook à 2 heures par jour pour les mineurs aux États-Unis, avec des restrictions après minuit.
- L’Union européenne appelle Meta à adopter des mesures similaires pour protéger les enfants européens, selon AFP et BFM.
- En France, l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans a été censurée par le Conseil constitutionnel, mais le gouvernement travaille à une nouvelle version.
- L’Union européenne envisage un accès progressif et gradué aux réseaux sociaux, avec une vérification d’âge renforcée.
- Les adolescents français de 11 à 14 ans passent en moyenne près de deux heures par jour sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées, selon Médiamétrie.
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte où les Facebook Files ont révélé les dangers des plateformes de Meta pour les adolescents. Aux États-Unis, l’entreprise a choisi de négocier plutôt que de risquer un procès, en adaptant ses applications pour les jeunes utilisateurs. Une stratégie qui soulève des questions sur l’évolution des règles en Europe, où la protection des mineurs en ligne est devenue une priorité politique.
Du côté de l’Union européenne, l’appel à des restrictions similaires est clair. Comme l’a indiqué un porte-parole de la Commission européenne dans AFP et BFM : « Nous attendons une gestion adéquate du temps passé devant les écrans, un contrôle parental approprié sur ces plateformes. Il appartient désormais aux entreprises de proposer ces engagements au sein de l’Union européenne afin de protéger aussi nos enfants ici ».
En France, le gouvernement a tenté d’aller plus loin avec un projet d’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Mais cette initiative a été bloquée par le Conseil constitutionnel, qui a estimé que la mesure, telle que présentée, « était susceptible de s’appliquer à des services de communication en ligne dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs ne sont pas établis ». Une censure qui a poussé l’exécutif à revoir sa copie, sous l’impulsion du Premier ministre Sébastien Lecornu.
L’objectif reste inchangé : protéger les adolescents des contenus addictifs et dangereux. Sébastien Lecornu a été chargé de retravailler le texte, avec l’espoir de le faire adopter « d’ici au printemps 2027 ». Une échéance qui laisse le temps aux débats de s’organiser, mais qui montre la volonté politique de renforcer la régulation.
L’Europe mise sur un accès « progressif et gradué »
L’Union européenne ne compte pas se contenter de mesures nationales. Dans un discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pourrait aborder le sujet des réseaux sociaux et des mineurs, selon AFP. L’idée ? Instaurer un système d’accès « progressif et gradué », inspiré par les recommandations d’experts européens. Parmi eux, le comité présidé par l’épidémiologiste française Maria Melchior et l’universitaire allemand Jörg Fegert a proposé d’interdire purement et simplement les réseaux sociaux aux moins de 13 ans dans toute l’UE.
Pour les 13-18 ans, l’accès serait conditionné à la mise en place de systèmes de vérification d’âge efficaces et à la suppression des fonctionnalités les plus addictives. Les plateformes devraient ainsi « montrer patte blanche » et prouver qu’elles sont conçues pour être sûres. À 18 ans, les jeunes obtiendraient une « majorité numérique complète », leur permettant d’utiliser les réseaux sociaux sans restriction, tout en conservant une vérification d’âge pour accéder aux contenus réservés aux adultes.
Un équilibre entre protection et liberté d’expression
Cette approche, bien que moins radicale que l’interdiction totale pour les moins de 15 ans en France, pose des questions sur son efficacité. Le Conseil constitutionnel français a déjà souligné les limites d’une interdiction trop large, au nom de la liberté d’expression. Une nuance qui rappelle que toute régulation doit trouver un équilibre entre protection des mineurs et respect des droits fondamentaux.
Les géants du numérique, comme Meta, sont désormais sous pression pour adapter leurs plateformes. Aux États-Unis, l’entreprise a choisi de prendre les devants en limitant le temps d’utilisation et en restreignant l’accès aux applications pour les mineurs. Une stratégie qui pourrait s’étendre à l’Europe, où les régulateurs attendent des engagements concrets.
Pour les parents, ces évolutions sont une bonne nouvelle. Selon Médiamétrie, en 2026, les adolescents français âgés de 11 à 14 ans passent en moyenne près de deux heures par jour sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées. Un temps d’écran qui interroge sur l’impact réel des plateformes sur leur développement et leur bien-être mental.
La question des réseaux sociaux et de la protection des mineurs dépasse désormais les frontières nationales. Entre régulation européenne, initiatives locales et adaptations des géants du numérique, le cadre juridique est en train de se dessiner. Une évolution qui soulève une question de fond : jusqu’où peut-on aller dans la limitation des libertés au nom de la protection des plus jeunes ?
Meta a accepté de limiter l’accès à Instagram et Facebook à deux heures par jour pour les mineurs, d’interdire l’utilisation après minuit et de supprimer les notifications en journée. Ces mesures s’appliqueront dans la majorité des États américains.
Le Conseil constitutionnel a estimé que la mesure, telle que présentée, risquait de s’appliquer à des services en ligne dont les risques pour les mineurs n’étaient pas clairement établis. Il a donc censuré le texte au nom de la liberté d’expression.