Cinq jours après avoir battu le record de distance pour un vol habité depuis la Terre, les astronautes de la mission Artemis II s’apprêtent à vivre une rentrée atmosphérique inédite. Selon Futura Sciences, ils devraient atteindre une vitesse de 40 000 km/h lors de leur retour, prévu dans la nuit de vendredi 11 avril à samedi 12 avril 2026. Un exploit technique, mais aussi un défi de taille pour les systèmes de protection du vaisseau Orion.

Ce qu'il faut retenir

  • Le vaisseau Orion effectuera une rentrée atmosphérique à 40 000 km/h, soit environ 33 fois la vitesse du son.
  • Cette vitesse s’explique par la distance parcourue depuis l’espace lointain, bien supérieure à celle d’un retour depuis la Station spatiale internationale (ISS).
  • Le bouclier thermique d’Orion, déjà éprouvé lors d’Artemis I, avait montré des limites, mais les ingénieurs ont adapté la trajectoire pour Artemis II.
  • Une bulle de chaleur à 10 000 °C se formera autour du vaisseau, tandis que sa surface ne dépassera pas 3 000 °C grâce à l’Avcoat, un matériau testé depuis les missions Apollo.
  • Les astronautes subiront une accélération de 5 g, équivalente à cinq fois leur poids corporel.
  • L’amerrissage est prévu dans l’océan Pacifique, au large de la Californie.

Un record technique pour clore la mission Artemis II

La mission Artemis II, lancée le 3 avril 2026, a permis à quatre astronautes — dont le Français Thomas Pesquet — de s’éloigner à plus de 400 000 km de la Terre, un record pour un vol habité. Leur retour, prévu dans la nuit de vendredi à samedi, marquera une étape cruciale : une rentrée atmosphérique à 40 000 km/h. À titre de comparaison, un retour depuis l’ISS, située à seulement 400 km d’altitude, s’effectue à une vitesse bien moindre, autour de 28 000 km/h.

Cette différence s’explique par la distance parcourue. Lors d’un retour depuis l’espace profond, la gravité terrestre accélère davantage le vaisseau, augmentant la vitesse d’entrée dans l’atmosphère. « C’est une première pour une mission habitée », souligne Futura Sciences. Jusqu’ici, seuls les modules inhabités avaient subi des vitesses comparables lors des missions Apollo ou des sondes interplanétaires.

Un bouclier thermique sous surveillance après Artemis I

Le défi technique ne s’arrête pas à la vitesse. Lors du retour d’Artemis I, en décembre 2022, le bouclier thermique d’Orion avait montré des signes d’usure prématurée. Bien que les analyses aient confirmé que l’équipage aurait survécu à ce retour, l’inconfort thermique aurait été bien supérieur aux prévisions. « Les astronautes auraient ressenti une chaleur bien plus intense que prévu », explique un responsable de la Nasa cité par Futura Sciences.

Pour Artemis II, les ingénieurs ont choisi une approche différente : plutôt que de modifier le bouclier lui-même, ils ont ajusté la trajectoire de rentrée. Résultat, Orion plongera plus vite, mais pendant une durée réduite. Une solution qui limite l’exposition à la chaleur extrême, tout en maintenant les marges de sécurité nécessaires.

Une chaleur extrême et des communications coupées

Lors de cette rentrée record, une bulle de plasma se formera autour du vaisseau, atteignant 10 000 °C. À cette température, même les communications radio seront temporairement interrompues, une situation classique lors des rentrées atmosphériques rapides. « Les ondes ne passent plus », précise un expert cité par Futura Sciences. Ce black-out durera plusieurs minutes, le temps que le vaisseau ralentisse et que la température baisse.

Le bouclier d’Orion, conçu avec un matériau nommé Avcoat, est chargé de réfléchir une grande partie de cette chaleur. Composé d’un mélange de résine et de fibres de silice, ce même matériau équipait déjà les capsules Apollo dans les années 1960 et 1970. La seule évolution majeure réside dans les méthodes d’assemblage, désormais plus simples et respectueuses des normes environnementales actuelles. « L’Avcoat a fait ses preuves », assure la Nasa. Malgré tout, les astronautes devront supporter une accélération de 5 g — soit cinq fois leur poids corporel — au moment du freinage brutal.

Un amerrissage dans le Pacifique sous haute surveillance

Le voyage d’Orion se terminera dans l’océan Pacifique, à l’ouest de la Californie, où les équipes de récupération de l’US Navy seront en attente. Ce site a été choisi pour sa position éloignée des zones habitées et pour ses conditions météo généralement stables. Une fois posé, le vaisseau sera récupéré et transporté vers un centre de la Nasa pour analyse.

Les images du retour, diffusées en direct, devraient offrir un spectacle impressionnant : la capsule, entourée d’un halo de plasma incandescent, ralentira brutalement avant de déployer ses parachutes pour un amerrissage en douceur. Pour les passionnés d’espace, ce sera l’un des moments forts de la mission.

Et maintenant ?

Le succès d’Artemis II ouvrira la voie à Artemis III, prévue pour 2027 ou 2028, qui ambitionne d’alunir avec des astronautes. D’ici là, les données recueillies lors de ce retour record seront analysées en détail pour affiner les protocoles de protection thermique. Une étape essentielle avant de repousser les limites de l’exploration habitée.

Pour l’équipage, dont certains pourraient être sélectionnés pour les prochaines missions lunaires, cette rentrée à haute vitesse restera un souvenir marquant. Quant au grand public, il aura l’opportunité d’assister, une nouvelle fois, à un exploit technologique au service de la conquête spatiale.

La vitesse de 40 000 km/h s’explique par la distance parcourue depuis l’espace lointain. Contrairement à un retour depuis la Station spatiale internationale, située à 400 km d’altitude, les astronautes d’Artemis II reviennent d’une trajectoire bien plus éloignée, où la gravité terrestre les accélère davantage. Autant dire que la décélération sera brutale.

L’Avcoat est un matériau conçu pour résister à des températures extrêmes, jusqu’à 3 000 °C à sa surface, alors que la bulle de plasma autour du vaisseau atteint 10 000 °C. Il réfléchit la chaleur et protège la structure interne d’Orion, comme il l’a fait lors des missions Apollo.