Deux décrets publiés le 31 juillet 2026 par le gouvernement modifient les conditions d’accès aux dispositifs de carrières longues, initialement conçus pour atténuer les inégalités subies par les femmes après une interruption de carrière liée à la maternité. Selon Ouest France, ces mesures visent à faciliter l’obtention de trimestres supplémentaires pour les mères, mais pourraient également profiter à certains pères ayant connu des parcours professionnels discontinus. Explications.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux décrets publiés le 31 juillet 2026 assouplissent les conditions d’accès aux carrières longues.
  • Ces mesures ciblent en priorité les mères de famille, mais certains pères pourraient en bénéficier.
  • L’objectif est de réduire les écarts de pension liés aux interruptions de carrière pour enfant.
  • Les nouveaux critères élargissent les possibilités pour les assurés ayant des périodes d’activité réduites.

Des dispositifs conçus pour les mères, mais pas seulement

Les deux décrets, rendus publics le dernier jour de juillet 2026, s’inscrivent dans le cadre de la suspension de la réforme des retraites. Ils concernent spécifiquement les dispositifs de carrières longues, qui permettent aux assurés ayant commencé tôt leur activité professionnelle ou ayant accumulé des trimestres suffisants de partir à la retraite plus tôt. Selon Ouest France, ces règles visaient jusqu’alors à compenser les écarts de pension subis par les femmes en raison de leur carrière souvent marquée par des interruptions liées à la maternité.

Pourtant, l’élargissement des critères pourrait aussi concerner des pères ayant connu des parcours similaires. « Ces mesures s’adressent à tous les assurés ayant eu des carrières hachées, quel que soit leur sexe », a précisé un porte-parole de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). Les nouveaux critères prennent désormais en compte les périodes de temps partiel ou de travail à temps réduit, sans distinction de motif.

Un impact potentiel sur le montant des pensions

Au-delà de l’accès plus facile aux carrières longues, ces décrets pourraient aussi entraîner une augmentation du montant des pensions pour certains assurés. En effet, les périodes d’interruption ou de réduction d’activité sont aujourd’hui partiellement prises en compte dans le calcul des droits à la retraite. Avec ces nouvelles règles, ces périodes pourraient être mieux valorisées, notamment pour les mères ayant réduit leur activité professionnelle pour élever leurs enfants.

Côté pères, la mesure pourrait toucher ceux ayant interrompu leur carrière pour des raisons familiales, comme l’accompagnement d’un enfant en situation de handicap ou la prise en charge d’un parent. « On observe une hausse des demandes de pères souhaitant bénéficier de ces dispositifs, surtout depuis quelques années », a indiqué un expert en protection sociale auprès de Ouest France. Cependant, les statistiques précises sur le nombre de bénéficiaires potentiels ne sont pas encore disponibles.

Un pas supplémentaire vers l’égalité professionnelle ?

Ces mesures s’ajoutent à une série d’initiatives visant à réduire les inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail et dans le système de retraite. En France, les écarts de pension entre les sexes restent marqués : selon les dernières données disponibles, les femmes perçoivent en moyenne des pensions inférieures de 28 % à celles des hommes, un écart en partie lié aux interruptions de carrière.

« Ces décrets ne suffiront pas à combler totalement ces inégalités, mais ils représentent une avancée notable », a souligné une sociologue spécialiste des questions de genre. Pour autant, certains observateurs pointent le risque d’un effet d’aubaine pour certains pères, dont les parcours pourraient être davantage valorisés que par le passé. Bref, si l’intention est louable, son application concrète reste à surveiller.

Et maintenant ?

Ces décrets entrent en vigueur immédiatement, mais leur impact réel dépendra de leur mise en œuvre par les caisses de retraite et des demandes formulées par les assurés. Une circulaire explicative devrait être publiée d’ici la fin du mois d’août 2026 pour préciser les modalités pratiques. Par ailleurs, le gouvernement a indiqué qu’il ferait un premier bilan de ces mesures d’ici la fin 2027, notamment pour évaluer leur efficacité à réduire les écarts de pension entre hommes et femmes.

Pour les assurés concernés, il est conseillé de se rapprocher de leur caisse de retraite ou de leur conseiller en protection sociale pour vérifier leur éligibilité. Les demandes pourront être déposées dès à présent, selon les modalités habituelles.

Les mesures s’adressent à tous les assurés ayant connu des interruptions ou des réductions d’activité, quel que soit leur sexe. Elles ciblent en priorité les mères de famille, mais les pères ayant des parcours similaires peuvent aussi en bénéficier.

Non, ils élargissent aussi les conditions d’accès à d’autres dispositifs de retraite anticipée ou de majoration de pension. L’objectif est de mieux valoriser les périodes d’inactivité ou de travail à temps réduit, notamment pour les parents.