Selon Capital, certaines périodes d’interruption d’activité permettent de valider des trimestres de retraite ou d’obtenir des points pour la retraite complémentaire, évitant ainsi une décote ou une baisse du montant de la pension. Ce mécanisme, appelé « assimilation », s’applique à des situations comme le chômage indemnisé, les arrêts maladie ou encore le congé parental d’éducation.

Ce qu'il faut retenir

  • Le chômage indemnisé génère des trimestres pour la retraite de base et attribue des points Agirc-Arrco, sous conditions de durée et d’indemnisation.
  • Les arrêts maladie et accidents du travail ouvrent droit à des trimestres assimilés après un seuil d’indemnisation, avec possibilité d’obtenir des points complémentaires.
  • Le congé maternité valide des trimestres via les indemnités journalières et inclut des majorations liées aux enfants, utiles pour atteindre le taux plein sans pénalité.
  • Le service national est assimilé et permet de valider des trimestres, mais sans générer de points pour la retraite complémentaire.
  • Le congé parental d’éducation valide des trimestres dans le régime de base, mais n’ouvre généralement pas de points Agirc-Arrco, ce qui peut réduire le montant final de la pension.
  • Il est essentiel de conserver toutes les attestations (CPAM, France Travail, caisse de retraite) pour faire valoir ces droits lors de la liquidation de la pension.

« Il est important de rappeler un grand principe : vos droits à la retraite sont la contrepartie du versement de cotisations », rappelle Valérie Batigne, présidente et fondatrice de Sapiendo. Elle souligne que le système français intègre une dimension solidaire, permettant d’attribuer des droits à la retraite pour certaines interruptions de carrière. « Certaines interruptions permettent de valider à la fois des trimestres et des points de retraite complémentaire, comme le chômage indemnisé ou la maladie. D’autres, comme le congé parental d’éducation, ne valident que des trimestres », précise-t-elle.

Quelles interruptions valident des trimestres et des points de retraite complémentaire ?

Le régime de base et le régime complémentaire (Agirc-Arrco) appliquent des règles distinctes pour les périodes d’interruption. Pour la retraite de base, certaines périodes assimilées s’ajoutent à la durée d’assurance et permettent d’atteindre le taux plein sans décote. Côté complémentaire, seules les interruptions indemnisées ouvrent droit à des points.

Le chômage indemnisé est l’une des situations les plus favorables. Selon Capital, il permet de valider des trimestres au régime de base et d’attribuer des points Agirc-Arrco, en fonction de la durée et du montant de l’indemnisation. Les arrêts maladie et les accidents du travail suivent une logique similaire : après un seuil d’indemnisation, des trimestres assimilés sont accordés, et des points complémentaires peuvent être attribués pour les périodes effectivement indemnisées.

Le congé maternité bénéficie également d’un régime avantageux. Les indemnités journalières versées pendant cette période valident des trimestres, et les majorations liées aux enfants (comme la majoration de durée d’assurance pour trois enfants) facilitent l’obtention du taux plein sans pénalité. Le service national, quant à lui, est assimilé et permet de valider des trimestres, mais sans générer de points pour la retraite complémentaire.

Quelles interruptions n’ouvrent droit qu’à des trimestres de retraite de base ?

Certaines situations ne permettent de valider que des trimestres pour le régime de base, sans attribuer de points pour la retraite complémentaire. C’est le cas du congé parental d’éducation, qui peut réduire le montant final de la pension si les points Agirc-Arrco manquent. Les périodes de chômage non indemnisé peuvent, dans des limites strictes, valider des trimestres, mais sans points complémentaires. Résultat : ces dispositifs aident à atteindre l’âge légal de départ, mais n’évitent pas nécessairement une décote si le nombre de trimestres reste insuffisant.

Le congé parental d’éducation illustre parfaitement ce mécanisme. Bien qu’il permette de valider des trimestres dans le régime de base, il ne génère pas de points pour la retraite complémentaire. « Cela peut avoir un impact sur le montant final de la pension », souligne Valérie Batigne. Pour limiter cet effet, il est conseillé de vérifier régulièrement son relevé de carrière et de corriger toute omission auprès de sa caisse de retraite.

Comment s’assurer que ses droits sont bien pris en compte ?

Pour faire valoir ses droits à la retraite lors de la liquidation, il est indispensable de conserver toutes les attestations liées aux interruptions d’activité. Les documents fournis par la CPAM (pour les arrêts maladie), France Travail (pour le chômage) ou la caisse de retraite (pour le congé parental) doivent être conservés précieusement. « Conservez ces documents pour les présenter lors de la liquidation », recommande Valérie Batigne. Une omission pourrait entraîner une perte de droits ou une sous-estimation du montant de la pension.

Un autre conseil pratique consiste à vérifier son relevé de carrière, disponible en ligne sur le site de l’Assurance Retraite. Ce document récapitule l’ensemble des périodes cotisées et assimilées. En cas d’erreur ou d’oubli, il est possible de demander une correction à sa caisse de retraite avant la liquidation. Cette démarche proactive permet d’éviter des surprises au moment du départ.

Et maintenant ?

À l’approche de l’âge légal de départ, les assurés doivent s’assurer que toutes leurs périodes d’interruption ont bien été prises en compte. Les caisses de retraite encouragent leurs affiliés à consulter régulièrement leur relevé de carrière et à signaler toute anomalie. Pour 2026, les règles restent inchangées, mais les assurés sont invités à anticiper leur départ en vérifiant leurs droits dès maintenant. Une vérification précoce permet d’ajuster sa stratégie de départ et d’éviter les mauvaises surprises.

Les prochaines réformes des retraites pourraient modifier certains dispositifs d’assimilation, notamment pour le congé parental ou les périodes de chômage non indemnisé. Reste à voir si ces changements, s’ils sont adoptés, entreront en vigueur avant 2027. En attendant, les assurés doivent se familiariser avec les règles actuelles pour sécuriser leurs droits.

Oui, selon Capital, un congé parental d’éducation permet de valider un trimestre par période de 90 jours de congé, dans la limite de trois trimestres pour une interruption totale de trois ans. En revanche, ce congé ne génère pas de points pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, ce qui peut réduire le montant final de la pension.

Pour vérifier si ses périodes de chômage non indemnisé ont été assimilées, il faut consulter son relevé de carrière sur le site de l’Assurance Retraite. Si ces périodes ne sont pas mentionnées, il est possible de les signaler à sa caisse de retraite en fournissant les justificatifs nécessaires (attestations de France Travail, par exemple).